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Dans la roueS02 · E02

Relever le défi du confinement

Avec Audrey Cordon-Ragot

1 h 02Par Laurent Belando

Notes de l’épisode

Une fois n’est pas coutume, mon invitée aujourd’hui est une athlète professionnelle. Couronnée championne de France cette année malgré une préparation difficile et perturbée par la crise sanitaire, elle partage avec nous la vie d’une cycliste professionnelle rythmée par les entraînements et les déplacements.

Nous avons profité également de la parution de l’étude conjointe de Strava et de l’université Stanford pour évoquer avec elle l’impact qu’a eu la crise de la COVID-19 et notamment le premier confinement sur son entraînement.

Installez-vous confortablement. Je suis Laurent Belando et aujourd’hui, nous partons pour une heure dans la roue d’Audrey Cordon-Ragot.

Retrouvez Audrey sur :
Twitter : @cordonragot
Instagram : @cordonragot
Facebook : facebook.com/CordonAudrey
Strava : strava.com/pros/6916597

Musique :
hila (Artyom – David Kiledjian) / Miropé feat Miguel Atwood-Ferguson © 2020
Pendant 24h / Grand Corps Malade et Suzane © 2020

Transcription

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Une fois n'est pas coutume, mon invité aujourd'hui est une athlète professionnelle. Couronnée championne de France cette année, malgré une préparation difficile perturbée par la crise sanitaire, elle partage avec nous la vie d'une cycliste professionnelle rythmée entre les entraînements et les déplacements. Nous avons également profité de l'apparution de l'étude conjointe de Strava et de l'Université de Stanford pour évoquer avec elle l'impact qu'a eu la crise de la Covid et notamment le premier confinement sur son entraînement.

Installez-vous confortablement, je suis Laurent Bellando et aujourd'hui nous partons pour une heure dans la route d'Audrey Cordonrat. Bonjour Audrey, comment vas-tu ? Bonjour, ça va très bien, merci.

Bah écoute, je suis vraiment hyper, hyper honoré de te recevoir dans ce podcast. Alors avant que tu nous expliques un petit peu qui tu es, pour ceux qui ne te connaissent pas déjà et ce que tu fais, je vais te demander un petit peu comme à tous mes invités, quelle est ton humeur musicale aujourd'hui Audrey ? Alors depuis quelques jours déjà, je suis à fond sur le nouvel album de Grand Corps Malade qui s'appelle Mesdames, j'aime bien son petit côté féministe et il y a quelques titres qui sont vraiment super que je conseille à tout le monde d'écouter alors il ne faut pas aimer le chant ou du moins l'aspect chanson de l'artiste mais plutôt l'aspect parole, il est vraiment unique et exceptionnel Donc voilà, je conseille à tout le monde un nouvel album de Banque Encore Malade, comme ses anciens albums également, qui étaient super.

Ah bah écoute, je ne l'ai pas encore écouté, je vais aller l'écouter. Est-ce que c'est quelque chose que tu fais, toi, d'écouter de la musique sur le vélo ? Ouais, ouais, ouais, c'est vrai que c'est un de mes outils de concentration et de motivation. J'en écoute énormément à l'entraînement, mais aussi et surtout lors de mes échauffements, avant les contrôles à montre notamment. Et j'ai ma petite playlist motivationnelle pour pouvoir me remonter à bloc avant le départ.

Merci pour cette recommandation, André. Alors, est-ce que tu peux nous dire un petit peu, expliquer, enfin dire à ceux qui ne te connaissent pas qui est Audrey Cordon-Ragot, où tu viens et ce que tu fais dans la vie ? Alors, moi, je suis bretonne de cœur, de corps et d'esprit. J'habite le centre-Bretagne, près de l'Oudeac, dans les Côtes d'Armor. Et je suis cycliste professionnelle depuis maintenant deux ans.

cycliste de haut niveau depuis, je viens de regarder en plus parce que pour pouvoir aller m'entraîner dehors, j'ai dû imprimer mon attestation sportive de haut niveau et ça m'a fait remonter pas mal en arrière puisque ma première attestation sportive de haut niveau, c'était en 2006, donc ça commence à dater un petit peu.

Et voilà, je suis mariée avec Vincent et on habite donc centre-Bretagne comme je le disais et je suis cycliste professionnelle au sein de l'équipe Trex et Gaffredo qui est une équipe américaine et au sein de l'équipe de France olympique avec laquelle j'ai participé déjà deux fois aux Jeux olympiques à Londres et à Rio. Tu vas avoir plein de choses à nous dire parce que je pense qu'on est tous très curieux de connaître un petit peu la vie, en tout cas comment ça se passe quand on est professionnel du cyclisme.

Mais si je t'ai invité aujourd'hui et si j'ai eu ton contact, c'est grâce à Strava Strava qui, tous les ans, fait une étude plus ou moins liée soit au vélo, soit au running. Cette année, ils ont lancé une étude après et pendant le confinement, principalement aux États-Unis. Mais ils ont à la fois envoyé des questionnaires aux athlètes et ils ont analysé aussi leurs données Strava concernant l'impact qu'a eu la crise du Covid sur leur activité professionnelle, qui est donc le cyclisme.

Et donc cette étude, elle est axée sur trois aspects, qui est la santé mentale, l'impact financier et les entraînements. Donc on va revenir ensemble sur tout ça et voir un petit peu comment toi, tu as vécu cette période. Et pour citer le docteur Megan Roche, qui a travaillé sur cette étude, elle ressort clairement que l'étude de la COVID a une vaste répercussion sur la communauté sportive, en particulier en ce qui concerne la santé mentale.

Donc, on va voir un petit peu si tu es, d'accord.

Du coup, moi, avant de rentrer dans le sujet du COVID, parce qu'on vient de l'apprendre, on est reconfiné pour au moins quatre semaines, J'aurais aimé savoir c'est quoi un petit peu la vie d'une pro cycliste aujourd'hui ? Qu'est-ce que ça a changé chez toi et comment ça se passe aujourd'hui ? C'est vrai que pendant des années, j'avais quand même d'autres centres d'activité que le vélo puisque j'étais soit étudiante, soit employée.

Du coup, je n'étais pas vraiment focus seulement sur le cyclisme. Et là, depuis deux ans, c'est vrai que je me lève le matin en tant que cycliste professionnelle et je mange et je vis et je dors cyclisme. Donc, c'est vraiment un petit peu ce qui diffère des années précédentes.

Et c'est vrai qu'être sportif de haut niveau, sportif de haut niveau, quel que soit le sport, c'est vraiment se donner corps et âme à son sport, à sa passion, à sa profession. Moi, j'ai la chance de vivre de ma passion aujourd'hui. C'est vraiment une grande chance. J'en suis vraiment consciente après avoir vécu des années plus difficiles. Et c'est vrai qu'on fait tout, tout tourne autour de son sport.

Et on y pense tout le temps, on ne rentre pas à la maison le soir en se disant c'est bon, je peux passer à autre chose, j'ai fait ma journée de travail. Non, non, c'est vraiment tout tourner autour de sa discipline. Et voilà, on fait attention à tout, que ce soit la récupération, l'alimentation, l'entraînement, tout fait partie de la performance et c'est ça qui est vraiment très difficile quand on est sportif de haut niveau, c'est qu'on ne coupe jamais. Du coup, tu fais du vélo depuis très longtemps, depuis toute petite ?

Oui, en fait, moi j'ai pris ma première licence de cyclisme en 2000, donc ça va être ma 22e licence en 2021.

C'est vrai que je n'y suis pas venue par hasard parce que je suis née dans une famille de cyclistes, mon papa, mon oncle étaient tous deux cyclistes. Moi, je pense que mes premières balades en tant que nourrisson, c'était autour d'un circuit de vélo, donc j'ai vraiment été baignée dedans toute petite et dans un premier temps, le vélo pour moi c'était, ça conditionnait mes week-ends en tant qu'enfant à suivre mon papa et mon oncle sur le bord des routes, avec mes grands-parents, etc. C'était vraiment la sortie du week-end et puis ensuite est venu le temps où moi-même j'ai chaussé les chaussures de vélo et le casque et où j'ai commencé à donner mes premiers coups de pédale, à aimer ça, à vraiment m'amuser parce que dans un premier temps je pense que c'est super important quand on est jeune de prendre ce sport comme une passion comme un moyen de se défouler, de s'amuser et puis ensuite est venu le temps où la compétition a pris le pas où j'ai pris le pas de la compétition et là j'ai vraiment tout de suite j'ai tout de suite accroché c'est peut-être aussi de par mon caractère un peu compétitrice et après j'ai monté chaque échelon un par un sans vraiment me dire dans un premier temps que je pourrais en faire un métier pas du tout parce qu'à l'époque de toute façon être cycliste professionnelle femme c'était quasi mission impossible il y en avait peut-être une ou deux en France et voilà tout est venu année après année marche après marche et voilà ce qui fait qu'aujourd'hui j'en suis ici Qu'est-ce qui a fait que vous avez avec ta famille senti ce moment où tu pouvais vraiment rivaliser avec les meilleurs en fait il n'y a pas vraiment eu de moment où on s'est dit on se donne à fond en fait mon papa m'a emmené sur toutes les compétitions en Bretagne on a la chance en Bretagne d'être vraiment une terre de cyclisme et où il y a beaucoup de compétitions 100% féminines donc quand j'ai commencé à faire ces courses féminines j'ai tout de suite eu des résultats en fait donc du coup c'était motivant pour nous de continuer et de participer à des épreuves de plus en plus intéressantes en termes de niveau.

Et puis, j'ai commencé à sortir de la Bretagne, à me balader dans l'Ouest et puis ensuite à participer aux championnats nationaux, puis internationaux. Et en fait, tout s'est déroulé d'un naturel, avec grand naturel. Et je n'ai pas eu de moment où je me suis dit, je vais vraiment me donner à fond. Non, j'ai, comme on dit, go with the flow. j'ai vraiment suivi finalement ce qui m'était donné de faire.

Et puis quand je suis entrée en équipe de France dans les catégories jeunes, c'est vrai qu'à partir de ce moment-là, la famille suit un petit peu moins puisque les compétitions sont de plus en plus loin et on est pris en charge par l'équipe de France et on grandit avec l'équipe de France pour ensuite intégrer des équipes internationales, ce qui a été mon cas en 2008, où j'ai intégré l'équipe Vienne Futuroscope, qui était l'équipe française la mieux armée au niveau international.

Et puis j'ai fait mes gammes là-bas pendant six ans avant d'intégrer mes premières équipes internationales. Donc tu veux dire que la Bretagne est un petit peu à l'avant-garde de l'égalité des sexes dans le cyclisme ? Oui, je pense que oui. Je pense vraiment que oui, parce que moi je n'ai jamais ressenti étant jeune la différence fille-garçon puisque j'avais mes courses le dimanche comme les garçons avaient leurs courses. Ça m'arrivait parfois évidemment de courir avec les garçons, mais sans moqueries, il n'y avait pas vraiment de différence.

J'étais très bien acceptée, très bien intégrée. C'est aussi peut-être mon côté garçon manqué qui faisait que j'étais assez bien acceptée, que j'avais beaucoup de copains plus que de copines finalement. Et oui, en Bretagne, on a été assez finalement protégés de tout ça, de toutes ces différences, garçons-filles, qu'on peut retrouver dans d'autres disciplines. Et puis ensuite, ce qui fait aujourd'hui que je peux encore le dire encore plus, c'est le nombre de compétitions internationales et nationales qui se déroulent en Bretagne.

Je pense que c'est la région où le cyclisme de compétition est le mieux représenté. Et encore hier, j'ai eu la nouvelle qu'on aura la course by le Tour qui se déroulera sur l'étape de Mur de Bretagne, le même jour que les garçons, au tout début du Tour. C'est encore un exemple de plus pour confirmer que cette Bretagne et ses départements sont vraiment axés sur le vélo, comme sur la voile ou le football.

C'est vraiment, je pense, les trois sports les plus représentatifs de la Bretagne. Tu en penses quoi d'un tour pour les femmes ? Est-ce que c'est quelque chose que tu défends ? Moi, je pense et je défends le fait que le cyclisme féminin n'est pas le cyclisme masculin. On est sur deux disciplines différentes sur beaucoup de points. Et le premier point, c'est que oui, aujourd'hui, je défends le fait que les femmes n'aient pas en capacité de faire trois semaines de compétition.

Je trouve déjà ça assez inhumain pour les hommes. On l'a vu sur le dernier tour d'Italie où on en est même arrivé à ne pas vouloir prendre le départ pour les hommes parce qu'ils étaient juste fatigués et ils avaient été au bout d'eux-mêmes. Donc, on est sur des trois semaines de course, c'est vraiment impossible pour les femmes. En tout cas, aujourd'hui, je ne dis pas que dans les années qui arrivent, on ne sera pas en capacité de le faire. Mais pour moi, aujourd'hui, en 2020, trois semaines de course, ce n'est pas gérable.

En revanche, on a déjà un grand tour qui existe, c'est le Tour d'Italie sur dix jours. Et là, je pense que sur ce format de dix jours, c'est-à-dire une semaine et quelques jours, on puisse organiser un Tour de France et j'aimerais voir un Tour de France voir le jour parce que tout simplement, on en a besoin d'un point de vue médiatique pour tout simplement pousser le cyclisme féminin vers le haut dans les médias.

Et ça passe par cette organisation d'un Tour de France qui est la plus belle compétition du monde pour les hommes. Donc, ça serait également la plus belle compétition du monde pour les femmes. D'ailleurs, tu parlais du Giro, tu y as participé. Je crois même que, si je ne me trompe pas, tu as gagné une étape, non ? Oui, cette année, on a gagné le Contre la Monde par équipe qui était la première étape de ce Tour d'Italie. Donc, première victoire d'étape pour moi à ajouter à mon palmarès.

C'est vraiment une très grande fierté. C'est vrai que c'est le tour qui compte le plus aujourd'hui pour le cyclisme féminin. C'est celui finalement qui est aussi le plus difficile, même si on voit d'autres tours arriver. Je pense notamment au tour d'Angleterre, de Grande-Bretagne, parce qu'on passe aussi par d'autres pays que l'Angleterre. mais qui est aussi maintenant sur une semaine et qui est aussi très difficile.

Donc voilà, ça se développe vraiment, on est dans le développement de grands tours, mais le Tour d'Italie reste aujourd'hui le point de référence de toute cycliste féminine qui est participée. Est-ce que tu suis un petit peu ce qui se passe au niveau des courses d'ultra distance ? Et puisqu'on parlait un petit peu de performances féminines, de la victoire de Fiona Kolbinger l'année dernière sur la Transcontinental Race ? Oui, tout à fait. J'ai suivi, j'irais un peu de loin, mais c'est vrai que je suis un peu Steven Le Yari qui est anciennement cycliste de compétition sur route et qui s'est mis à faire de l'ultra. Et c'est vrai que je vois ça de loin parce que je ne me vois pas du tout en capacité de faire la même chose.

C'est vrai que ça me paraît tellement difficile et quelque part en dehors des sentiers battus qui pour moi sont importants. C'est vrai que je suis vraiment dans le cadre du cyclisme traditionnel où une course, c'est entre tel kilométrage et tel kilométrage, ça dure tant de temps, etc. Là, pour moi, l'ultra, ça reste quelque chose d'imprévisible où en fait, on doit s'adapter à toutes les conditions.

donc c'est vrai que moi je vois ça un petit peu de loin j'ai plutôt comme repère on va dire le Paris-Bresse-Paris puisqu'il passe vraiment à domicile donc j'ai commencé toute petite à voir ce genre de compétition mais de là à me dire qu'un jour j'y participerai c'est vrai que ça reste encore assez utopique pour moi Et sur la victoire de Fiona face à tous les hommes ? Ça prouve encore une fois que les femmes sont tout à fait en capacité de s'imposer de tels défis, de tels challenges.

Et c'est vrai que j'ai toujours entendu dire que les femmes étaient plus compétitives sur des longues distances, sur des compétitions où finalement la résistance est on va dire le facteur le plus décisif et elle le prouve, elle l'a prouvé. C'est vraiment énorme, mais j'aurais vraiment avec plaisir de discuter avec elle de cette expérience parce que je pense qu'elle pourrait écrire un bouquin sur tout ce qui a pu lui arriver pendant ce périple.

Finalement, quelle est la différence pour toi entre une épreuve sur un grand tour comme le Giro où tu vas enchaîner les étapes et une longue distance comme ça, comme celle de la Transcontinental Race ou du Paris-Brest. Pour moi, on ne parle pas du tout du même challenge. En fait, un grand tour comme le Giro, c'est d'abord une équipe qui prend le départ. C'est vrai qu'on n'est pas en solo, on est une équipe de six avec des leaders désignés, des coéquipiers, coéquipières désignées.

Donc, on arrive toutes avec un statut différent, avec des objectifs différents. Moi, par exemple, sur un giro, je travaille pour mes leaders dans l'idée de pourquoi pas saisir ma chance sur une étape, mais d'abord dans l'idée de protéger ma leader pour l'amener le plus loin possible et la faire monter sur le podium du grand tour.

Sur du long distance, on est seul face à soi-même. Donc, on est son propre leader. On va se protéger, on va s'auto-protéger pour aller le plus loin possible. Donc, on n'est vraiment pas dans les mêmes états d'esprit, en fait. Donc, on est sur deux choses complètement différentes.

On est dans la gestion d'une distance, d'une longue distance. C'est-à-dire que, alors je ne sais pas exactement comment ça se passe, mais tu me couperais si je me trompe, mais on décide finalement soi-même du kilométrage qu'on va faire à la journée ou dans la nuit, tandis que sur un grand tour, on est cadré par une distance d'un point A à un point B, alors pas sur la longueur, parce qu'il y en a pour qui ça dure plus longtemps que d'autres, évidemment, mais tout est cadré, tout est standardisé, tandis que sur du long distance, c'est vrai qu'on est vraiment maître de soi-même, maître de sa course, et ça diffère complètement.

...table exploit que vient de réaliser l'allemande Fiona Kohlinger. L'héroïne, elle, elle a 24 belles heures. Elle remporte la Transcontinentale, qui est une prestigieuse course d'endurance à vélo, 4000 kilomètres, réalisée en 10 jours, 2 heures et 48 minutes.

10 jours, 2 heures et 48 minutes par cette jeune Allemande qui devance donc tous les hommes. Alors tout à l'heure, tu disais que c'est beaucoup de concessions d'être professionnel du cyclisme, beaucoup d'entraînement, etc. Pour qu'on se rende vraiment compte quand on est non professionnel comme moi, tu t'entraînes combien de fois par semaine ?

Comment ça se passe les entraînements ? Est-ce que tu ne fais que du vélo par exemple ? Alors, tout dépend de la période de l'année. C'est vrai que là, on rentre dans une période… Je vais faire ma dernière course en Espagne vendredi, samedi et dimanche prochain. Je vais partir là cette semaine pour ma dernière compétition.

Et donc là, je vais rentrer dans une période de ce qu'on appelle une période de coupure où finalement, je ne vais pas du tout toucher au vélo, voire pas du tout faire de sport pendant au moins deux à trois semaines pour vraiment laisser le temps au corps de se régénérer parce que tout le reste du temps, on est sur le vélo quasiment sept jours sur sept. Donc c'est vrai que c'est important de laisser le corps se reposer et c'est ce qui va permettre aussi derrière de retrouver la motivation pour repartir à l'entraînement pour se refaire mal pour arriver sur les premières compétitions qui sont toujours jugées au mois de fin février début mars pour être prête finalement à repartir sur une saison 2021 qui sera encore très chargée donc une vie de cycliste en général c'est 7 jours sur 7 sur le vélo on s'accorde quelques jours de repos mais il ne faut pas se dire qu'on en profite pour aller faire du shopping.

Généralement, non, on reste allongé et on essaye de récupérer un maximum pour le lendemain se recoller une séance plus difficile que la veille. Donc, c'est vrai que c'est un métier de tous les jours et je dirais de toutes les heures, de toutes les minutes et de toutes les secondes. C'est aussi un métier qui ne dure pas 30 ans ou 40 ans. Donc, on essaye de tirer un maximum profit de ces belles années d'entraînement et de compétition.

Et quand tu dis que tu ne touches pas un vélo pendant plusieurs mois, tu continues quand même à faire du sport ou comment ça se passe ? Alors, je te corrige, ce n'est pas plusieurs mois. C'est de deux à trois semaines maximum. Non, non. Si on coupe plusieurs mois, je pense que derrière, on met beaucoup de temps à revenir. Non, non. C'est vraiment deux à trois semaines sans vélo, sans sport. Et ensuite, c'est vrai qu'on repart pour le mois de décembre sur une préparation physique qui est multiple.

On part sur des sports comme la course à pied, la musculation. Moi, j'aime bien faire un peu de yoga, un peu de pilates pour rebalancer un petit peu tous les muscles du corps qui n'ont pas servi finalement pendant la saison. Il y a des muscles sur le vélo dont on se sert moins.

La natation également. Là, je ne sais pas, je pense que cette année, ce sera un peu plus difficile de se rendre à la piscine. Mais voilà, on essaye de faire plein d'autres sports. J'ai fait aussi beaucoup de marches nordiques.

Donc voilà, on essaye de toucher à autre chose. Et même du point de vue du vélo, on va passer sur du VTT, du cyclocross, pour toucher à d'autres disciplines. C'est la question que j'allais te poser. On n'a pas encore de vélodrome à proximité, mais ça ne saurait tarder du côté de l'Oudeac. Ça devrait arriver dans les trois prochaines années, puisqu'il y aura un vélodrome d'entraînement pour Paris 2024. Donc voilà, ce sera encore une discipline sur laquelle on pourra s'appuyer pour l'entraînement hivernal.

Oui, d'ailleurs, c'est une discipline dans laquelle tu t'es déjà faite remarquer. Oui, moi, j'ai commencé par le cyclisme sur route et le cyclisme sur piste. C'est vrai que j'associa les deux étant plus jeunes. Après, j'ai commencé à faire du haut niveau aussi sur la piste, à participer aux championnats internationaux et puis à quelques coupes du monde. Mais je me suis vite rendue compte que les deux saisons route et piste étant l'une après l'autre, C'est vrai que ça faisait vraiment ne plus avoir de coupure du tout.

Et pour ma part, il y en a qui le font. Mais en tout cas, pour ma part, j'avais à cœur de revenir aux sources et de me reposer un petit peu à la maison l'hiver. Et je pense que mentalement, j'avais besoin de ça. Donc, ce n'était pas trop possible de continuer, malheureusement. Et qu'est-ce que tu penses d'une athlète comme Pauline Ferrand-Prévaux qui arrive à gagner des titres aussi bien en VTT qu'en route, Est-ce que c'est quelque chose que tu aimerais, toi, peut-être te lancer sur des épreuves VTT aussi ?

Alors, pas du tout, dans le sens où pour moi, pour faire du VTT de haut niveau, il faut vraiment commencer très jeune. Pauline a commencé très jeune à toucher un petit peu à tout, à la route, au VTT, au cyclocross. Elle a pendant longtemps pu faire les trois disciplines en même temps et elle s'est vite rendue compte que derrière, pour faire du très haut niveau, c'était difficile vraiment d'associer toutes les disciplines et elle s'est spécialisée maintenant depuis deux ans sur le VTT tout simplement parce que sur les deux derniers Jeux Olympiques elle s'était un peu loupée en voulant faire les deux et là son objectif étant d'être championne olympique elle avait à cœur de se spécialiser dans le VTT donc c'est vrai que pour moi le VTT ça reste plus un moyen, un outil de rouler l'hiver, de se faire plaisir, de découvrir. Moi, j'aime beaucoup la nature, donc c'est aussi un autre moyen de découvrir la nature. Et puis, le cyclocross, de refaire des efforts un petit peu intenses aussi, pendant la période hivernale, pour que le corps et le cerveau n'oublient pas ce que c'est que d'avoir le sang à la gorge et de se faire mal.

Donc, c'est vrai que, voilà, j'aime bien associer ces deux disciplines dans un but de préparer la saison de route. Écoute, c'est la transition toute trouvée pour revenir sur cette fameuse étude Strava-Stanford-Study.

Comme on le disait en introduction de ce podcast, effectivement cette étude s'est portée sur 131 athlètes exactement aux Etats-Unis sur un petit peu sur comment ils ont vécu le confinement et la crise du Covid. Et sur trois aspects, comme je disais, la santé mentale l'impact financier et les entraînements et sur la santé mentale bon ben là les chiffres sont plutôt je sais pas si tu as pu je sais pas si on t'a envoyé l'étude et si tu as pu la feuilleter un petit peu mais un athlète sur 5 déclare avoir eu des difficultés pour s'entraîner pendant le confinement et 22,5% des athlètes ont déclaré se sentir à plat un peu dépressif contre seulement 3,9% en temps normal donc c'est quand même une forte hausse de manque de motivation chez les athlètes.

Donc, comment ça s'est passé pour toi, cette période ? Comment tu l'as vécu d'un point de vue mental, justement ? Moi, dans un premier temps, c'est vrai que ça a été dur à avaler, le fait de devoir s'entraîner à domicile, de ne pas pouvoir sortir. C'est vrai que je n'ai fait aucune entorse à la règle. Je me suis entraînée uniquement à la maison.

Je me suis juste autorisée des footings autour de la maison en échauffement pré-séance de muscules. Donc c'est vrai que pour moi, ça a été très difficile à avaler le fait de devoir rester confinée chez nous alors que dans d'autres pays. Et du coup, quand je voyais surtout mes coéquipières de l'équipe, dans des pays comme la Hollande ou les Etats-Unis ou la Belgique par exemple, pouvoir continuer à s'entraîner à l'extérieur parce qu'elles étaient considérées tout simplement comme sportives professionnelles et que du coup, on les leur autorisait à exercer leur métier tout simplement.

Comme c'est le cas d'ailleurs pour ce deuxième confinement. Aujourd'hui, tu as le droit, c'est ce que tu disais tout à l'heure, tu as signé ta déclaration. Oui, oui, exactement. En fait, on a été considérés comme le citoyen Langueda qui fait du sport le dimanche. Et c'est vrai que pour moi, ça, ça a été dur à avaler parce que comme beaucoup, comme tout le monde, j'ai mes réseaux sociaux et c'est vrai que j'avais encore plus de temps que d'habitude d'y jeter un œil et de voir tout le monde être à l'extérieur, de pouvoir continuer à préparer sa saison tranquillement, sans problème.

même, c'est vrai que ça a été assez difficile. Maintenant, je me suis vite reconcentrée en me disant que c'était peut-être une chance aussi, finalement, de tester son mental, de tout simplement être aussi solidaire de ce qui se passait de la crise sanitaire française et mondiale, et de se dire que, oui, c'était un effort à faire et que cet effort était nécessaire, que ce n'était peut-être pas top d'aller sur la route et de risquer d'attraper accident et de monopoliser un lit à l'hôpital. Enfin voilà, j'ai essayé de trouver un petit peu, pas le positif mais le pourquoi on était assigné à domicile en tant que sportif de haut niveau et voilà, ça, ça m'a beaucoup aidée à comprendre et à passer au-dessus de cette frustration et ensuite c'est vrai que tous les jours, faire du home trainer j'allais jusqu'à 3h par jour c'est difficile c'est ennuyant C'est frustrant, mais ça n'empêche que j'ai pu garder un certain niveau de fitness qui était correct, du moins que j'ai trouvé correct à la sortie du confinement.

Et je n'ai pas trouvé de grosse différence avec finalement la vie que l'on a en tant que sportive de haut niveau en période de non confinement, parce que c'est vrai qu'on reste beaucoup à la maison, on est beaucoup dans de la récup, etc. Moi, ce qui m'a vraiment manqué, c'est juste de pouvoir sortir en vélo dehors, sur mes routes d'entraînement. Et surtout, avec un mois de mai aussi beau au niveau du temps, c'est vrai qu'on a eu une super météo, donc c'était d'autant plus frustrant.

Mais voilà, je suis vite passée à autre chose, je me suis vite concentrée sur les infos et ce que je pouvais maîtriser. Je pense que c'était ça l'important, c'était de garder la tête froide jusqu'à ce qu'on nous dise que c'est terminé. Est-ce que tu as eu le sentiment, est-ce que tu t'es dit à un moment « je n'ai pas les jambes, c'est bizarre ». Est-ce que vraiment il y a pu y avoir cette fameuse impact mentale après ce petit choc, ce coup dur encaissé de voir les collègues pouvoir s'entraîner et pas toi ?

Non, je ne dirais pas. Non, physiquement, en fait, j'ai essayé de ne pas m'écouter parce que c'est vrai qu'il y avait des jours où je me levais le matin et j'avais pas le moral et quand on a pas le moral on se sent un petit peu patraque on se sent un petit peu mou on a pas forcément envie d'aller se taper une séance de home trainer le matin à 9h quoi donc c'est vrai que j'ai vite essayé de switcher dans la tête en me disant arrête de t'écouter c'est dans ta tête et c'est pas physiquement ça va très bien c'est juste dans ta tête donc voilà je me suis vraiment mis des coups de pied aux fesses tous les jours pour monter sur le vélo ça n'a pas été tous les jours facile surtout quand je devais on a participé à des compétitions sur la plateforme Swift qui est une plateforme où en fait on pouvait rouler vraiment tous ensemble avec des millions de personnes qui étaient soit confinées soit non confinées mais c'est vrai que ça permettait de finalement sortir sans sortir et c'est une plateforme où on peut aussi faire des compétitions et là je me suis vite rendue compte que oui évidemment le niveau physique avait été un peu touchée quand même sur ces deux mois.

Et c'est vrai que ça n'allait pas top. Mais je ne me suis pas arrêtée à ça. Je me suis vraiment dit que c'était qu'une question de temps avant de pouvoir retourner sur la route et se réentraîner pour démarrer la saison. C'est ce que met en avant aussi l'étude, la résilience et vraiment la force mentale des athlètes d'une façon générale, malgré ce coup dur. Et ensuite, il y a cette fameuse impact financière.

Alors toi, comment ça se passe ? Alors c'est vrai que c'est quelque chose dont on parle peu en France. Comment ça aurait munéré les artistes ? Les artistes, c'est les athlètes, tiens, lapsus.

Est-ce que tu… Alors pour revenir sur l'étude, 71% des athlètes américains, on sait que le système est différent chez eux, mais a déclaré s'inquiéter justement sur les impacts financiers qu'aurait cette crise pour eux. notamment peut-être des pertes de postes, etc. Et 47% des athlètes suivis ont noté une réduction de leur revenu.

Comment ça s'est passé pour toi ? Est-ce que ça a eu des incidences à ce niveau-là aussi ? Alors moi, j'ai été très, très chanceuse parce que l'équipe Trex et Gaffredo nous a très vite rassurés sur le fait qu'il n'y aurait pas de réduction de salaire pour nous, l'équipe féminine. C'est vrai qu'il n'y en a pas eu aussi pour les garçons, ce n'est pas ce que je veux dire, mais ils nous ont très vite rassurés sur le fait que s'il y avait des coûts de salarié à l'affaire, ce ne serait pas chez les femmes, étant donné qu'on gagne beaucoup moins que les hommes et qu'on n'avait pas à se soucier à ce niveau-là.

Ça m'a quand même enlevé une grosse épine du pied. Je pense que c'est aussi ce qui a fait que ça m'a motivé encore plus à continuer à m'entraîner et à me dire qu'il était important au retour à la compétition de porter haut les couleurs de ces sponsors qui nous soutiennent pendant ces moments difficiles. Donc c'est vrai que j'ai eu beaucoup de chance de ce point de vue-là et c'est vrai que ça m'a enlevé une charge mentale supplémentaire.

Par contre, c'est vrai que dans le cyclisme féminin, si j'ai à parler en général, on a vu des équipes souffrir énormément de cette crise on a vu des filles devoir couper dans leur salaire qui sont déjà pas bien haut mais qui ont dû le faire parce que sinon c'était un point de non-retour à la compétition donc il n'y avait pas le choix et on a aussi vu des équipes qui en cette fin de saison 2020 disparaîtront et ça c'est le plus grave c'est des équipes qui n'ont malheureusement pas su se relever de cette crise Covid J'imagine que c'est quelque chose qui a dû peser sur la santé mentale dont on parlait tout à l'heure, ce problème financier.

Et donc, ce dernier point dont on traite l'étude, c'est les modifications sur l'entraînement. Tu en as parlé un petit peu, l'aspect home trainer, etc. Je vais citer les chiffres parce qu'ils sont intéressants. 31% des athlètes, par exemple, ont augmenté la durée de leur entraînement. 17% des athlètes ont augmenté l'intensité des séances d'entraînement.

Avant l'apparition du Covid, par exemple, 39% des athlètes rapportés s'entraînaient au moins une fois par semaine contre 11%. Alors ça, ça me paraît fou. Tu me parlais tout à l'heure, tu t'entraînes quasiment tous les jours. Bon, ce chiffre, je ne le comprends pas. Et les données d'activité Strava indiquent que les athlètes pro ont fait de l'exercice pendant 92 minutes en moyenne avant contre 103 en moyenne pendant le Covid.

Comment ça s'est passé, toi, de ce point de vue-là au niveau des modifications sur ton entraînement ? Est-ce que tu parlais de trois heures par jour ? Est-ce que c'est plus ? Est-ce que c'est moins que d'habitude ? Est-ce qu'il y a eu un changement de ce point de vue-là ? En fait, nous, l'équipe, le pôle scientifique de l'équipe nous avait plutôt conseillé de faire d'entrée de jeu une coupure d'environ une semaine.

Je pense que le but, c'était d'avaler un petit peu la nouvelle mentalement et de souffler avant de s'attaquer à une période de home trainer dont on ne connaissait pas la durée. Et ensuite, de partir sur un entraînement progressif, de ne pas partir sur… Parce que moi, j'ai vu beaucoup de gens commencer des semaines de home trainer de folie comme l'étude le montre où certains finalement roulaient plus que s'ils avaient roulé à l'extérieur donc c'était assez fou et ce qu'on a vu derrière c'est que leur motivation a plutôt été décroissante et on a vu sur les fins de semaines du confinement où des gens ils ont complètement arrêté leur activité jusqu'à la reprise Donc voilà, le but, ce n'était pas ça.

Le but, c'était pour moi de maintenir un certain niveau de performance. Et ça passait par maintenir un certain nombre d'heures d'entraînement. Et voilà, avec mon entraîneur, on a vraiment dosé et on n'en a pas trop fait. On n'en a pas non plus peu fait, mais toujours dans l'idée de monter crescendo pour qu'à la sortie, on puisse tout de suite attaquer sur de l'entraînement spécifique et sur de l'entraînement peut-être plus qualitatif.

Mais en attendant, c'est vrai que le home trainer et cette plateforme SWIFT, ça a permis vraiment de maintenir une relation avec les collègues à l'extérieur et aussi de maintenir cet esprit compétition, puisque comme je le disais tout à l'heure, ça permettait de participer à quelques compétitions. Et puis, à faire du volume, mine de rien, puisque trois heures, c'est quand même une bonne séance en règle générale.

Comparé à ce que je fais d'habitude, c'est vrai que c'est un petit peu moins quand on parle de séance d'endurance où on n'est plus entre 4 et 5 heures. Mais trois heures, ça restait complètement logique et maîtrisé pour une séance d'homme trainer. Voir parfois, je le faisais même en bi-quotidien pour que ça passe mieux.

C'est-à-dire ? C'est-à-dire une séance d'une heure et demie le matin, une séance d'une heure et demie l'après-midi. Moi, d'un point de vue professionnel, j'ai remarqué par exemple que c'est vrai que j'ai vu beaucoup de monde faire énormément de home trainer à cette période-là et c'était un petit peu motivé par les réseaux sociaux. C'est vrai que c'était un peu moins peut-être réfléchi que dans ton cadre. Est-ce que c'est quelque chose que tu as remarqué ? Est-ce que les réseaux sociaux ont une influence soit sur le fait de monter sur un vélo pour faire du Swift par exemple ?

Donc oui, c'est évident que les réseaux sociaux sont vecteurs de motivation ou de démotivation. Parce que c'est vrai que, comme je le disais, sur la fin du confinement, on voyait plutôt des gens ne plus en pouvoir et grogner tous les jours sur l'approche de la fin du confinement. Donc c'est vrai que dans un premier temps, ça a été source de motivation. Et on voyait des gens se défier un petit peu sur des 100 kilomètres Swift ou des 24 heures Swift ou des montées de l'Alpe 2S sur Swift.

Enfin, voilà, on a vu des trucs un peu fous. Moi, je ne me suis jamais... Je n'ai jamais dit trop... Il y a eu l'Everstein. Voilà, oui, c'est ça, exactement. Donc, c'est vrai que ça a été... Les réseaux sociaux ont permis de se lancer des défis de ce point de vue-là. Et on a vu des choses complètement folles. Je repense à, je crois que c'est Marc Amendish qui avait dû se faire un 24 heures Swift.

Mais bon, c'était au profit d'une association. Donc bon, voilà, c'était assez fou. Puis j'ai vu aussi un enfant de 10-12 ans faire la même chose, 24 heures Swift. Enfin, des trucs de malade. Et c'est vrai que moi, je ne suis pas trop dans ce genre de délire. Mon mari un peu plus. Je voyais mon mari, il pouvait se faire trois courses à la journée avec ses copains confinés donc c'est rigolo ça a permis à chacun de décomprécier à sa façon certains dans l'excès d'autres un peu moins mais si les excès ne pouvaient être que sportifs je pense que ce serait bon pour tout le monde mais il y a eu malheureusement aussi des excès sur la nourriture sur d'autres choses qui sont un peu malheureuses une perche sur un sujet que j'adore est-ce que est-ce que tu dois faire de grosses alors j'ai vu sur ton compte Instagram toute souriante devant une galette qui avait l'air très bonne est-ce que tu as dû est-ce que tu dois faire des concessions par rapport j'imagine que vous par rapport à ton activité professionnelle et comment tu le vis ça dépend des jours il y a des jours où je le vis très bien et il y a des jours où c'est plus difficile je pense que ça dépend aussi de la fatigue, de l'humeur un petit peu de la journée.

Mais si j'avais à revenir sur le confinement, c'est vrai que ça a été très difficile de gérer ce topique alimentation parce qu'évidemment, on était un petit peu tenté de manger plus. Surtout que le home trainer, mine de rien, ça creuse. Sauf qu'il fallait vraiment gérer tout ça. J'ai pris plus le temps de cuisiner aussi. ça c'était bien par contre parce que j'avais plus le temps mais en règle générale c'est vrai qu'on a l'obligation de faire attention à ce que l'on mange comme tout sportif de haut niveau et surtout je pense au sport d'endurance c'est un petit peu moins le cas sur les sports courts mais sur le sport d'endurance on n'a pas trop le choix parce que le rapport poids-puissance finalement c'est aussi un des critères de performance donc voilà j'ai moi personnellement des difficultés à maigrir je pense que comme beaucoup de femmes c'est vrai que c'est plus difficile pour nous donc je dois faire encore plus attention parler de privation je n'irai pas jusque là parce que je ne suis pas quelqu'un qui va dans les excès ni plus ni moins je suis assez équilibrée je pense mais ça fait partie du métier tout simplement de ne pas manger trop gras pas trop sucré, pas trop salé et puis de manger 5 fruits et légumes par jour oui et puis pour être cycliste professionnel forcément il faut aimer la compétition c'est une question que je voulais te poser un petit peu tout à l'heure mais je n'ai pas réussi à la placer est-ce que juste l'esprit de compétition suffit ou est-ce que de temps en temps tu dis si je gagne cette course je me ferai une bonne bière ou une bonne galette est-ce que ça a contribué à la motivation ou c'est juste moi en fait tu as entièrement raison et je pense que Tout cycliste qui se respecte le fait que ce soit après un grand tour, après un giro, justement, on attend tous que le soigneur ou la soigneuse arrivent au bus la dernière étape avec des cartons de pizza.

C'est vraiment la carotte sous le nez de la dernière étape. Et c'est vrai que là, moi, j'attends avec impatience le déconfinement. oui, mais surtout la fin de saison pour moi, la semaine prochaine où je vais avoir une semaine où je vais me faire plaisir, je vais remanger à ce que je mange jamais, que ce soit mon petit magnum ou alors attention, pas de marche pardon, pardon, ma petite glace non, t'inquiète pas, le CSA va passer sur mon magnum non, non, mais voilà, c'est vrai que il y a un temps pour tout en fait, c'est ça, la sportive de haut niveau c'est avoir un temps pour tout un temps pour se faire plaisir un temps pour s'entraîner un temps pour récupérer tout ça bien dosé ça fait des performances et moi j'adore manger j'adore la bonne bouffe je suis née dans une région où on a des bonnes choses et du coup j'ai pas envie de m'en priver surtout à une période de ma vie où finalement je peux en profiter et je vais pas attendre d'avoir 70 ans de faire du cholestérol pour me dire je dois me priver, bah non il faut profiter de la vie tout en étant équilibré tout simplement Est-ce qu'il y a une concession en particulier que tu as dû faire en tant que cycliste professionnel sur laquelle tu, vraiment pour laquelle c'est dur en fait ma question est mal formulée si je comprends moi pour moi le plus difficile aujourd'hui, il y a deux choses il y a Le fait de profiter de ses amis et de sa famille, ça, c'est quelque chose qui me manque.

De toujours devoir dire non parce que je ne suis pas là. Ça, c'est vraiment la phrase redondante qui m'embête de plus en plus parce que je vois tout simplement mes amis qui profitent un peu plus de la vie, qui peuvent assister à des mariages, à des anniversaires, etc. Moi, c'est vrai que tout ça, je n'y ai pas le droit. Et ça, c'est plus difficile parce qu'on perd du temps à partager avec ces gens-là, avec des gens qu'on aime, pour une bonne raison, mais c'est quand même difficile.

Et puis la deuxième chose, c'est la vie de famille. C'est vrai que construire sa famille, c'est quelque chose que j'ai à cœur de faire dans les années qui arrivent et on doit toujours attendre, attendre, attendre. C'est aussi ce qui diffère d'un homme sportif de haut niveau, et qui peut conjuguer vie de famille et sport professionnel. Et ça, ce n'est pas le cas pour les femmes. Enfin, du moins, il y a au moins un arrêt de neuf mois, voire un peu plus. Donc, c'est vrai que ça, c'est compliqué.

Et c'est d'autant plus compliqué, parce que du coup, je reviens à ce que je disais juste avant, c'est de voir ses amis avoir des enfants, fonder leur famille et de ne pas pouvoir le faire ou du moins de décider de ne pas le faire parce qu'il y a certains sportifs qui se le permettent. Moi, ce n'est pas le cas. Et voilà, ça, c'est vraiment les deux choses les plus difficiles à vivre aujourd'hui pour moi, ce qui n'était pas le cas il y a deux ans ou trois ans. Mais aujourd'hui, oui, c'est dur.

Oui, parce qu'en préparant l'interview, c'est vrai que je t'ai demandé si tu voyages à vélo, parce que c'est un petit peu le fil conducteur de ce podcast. Et tu m'as répondu que tu voyages beaucoup pour le vélo. c'est-à-dire que tu prends beaucoup la route pour aller sur des courses cyclistes finalement tu n'as jamais encore voyagé à vélo tu fais beaucoup de destinations comme ça sur une année normale j'imagine que cette année elle est un peu particulière mais sur une année normale de compétition tu passes beaucoup de temps sur la route oui je pense que sur une année compétition en règle générale c'est trois continents visités à peu près à chaque fois j'ai la chance d'avoir visité tous les continents c'est vraiment une grande chance mais ouais c'est énormément de déplacements un peu plus en Europe quand même parce que les compétitions sont quand même très centrées en Europe mais c'est vrai qu'on a l'occasion aussi j'ai eu l'occasion de partir aux Etats-Unis de partir au Canada, de partir en Australie de partir en Chine j'espère bientôt au Japon ce serait super mais ouais c'est vrai qu'on voyage beaucoup à travers le vélo on a la chance de faire un sport où finalement même en compétition on est à l'extérieur, on peut voir le paysage ça diffère un petit peu des sports comme la natation ou d'autres sports comme ça où on est enfermé au sein d'une structure là c'est vrai que le vélo ça permet de voir une bonne partie de l'endroit où on se trouve maintenant de là à faire de la visite pure et dure c'est vrai que ça arrive très peu souvent ça m'est arrivé quelques fois mais quand même peu souvent et je pense que t'as le temps de profiter du paysage quand t'es en course comme ça, tu lèves le nez un peu de temps en temps ou tu es vraiment très concentré sur ta course en course course, non pas du tout mais c'est vrai qu'avant les courses on a souvent soit des repérages, soit des entraînements et c'est vrai que c'est là où on prend le temps de le faire d'accord et je t'ai coupé, tu allais rajouter je sais plus ce que j'allais dire si, si, je pensais, si voilà ça y est j'ai retrouvé le fil je pense que par contre dans le futur c'est vraiment quelque chose les tripes en vélo c'est quelque chose qui me plairait de faire même avec mes enfants je pense que on prendra le temps de le faire avec Vincent parce qu'on y a goûté un tout petit peu au Maroc il y a deux ans dans le désert en vélo électrique en VTT électrique avec un ami qui est installé là-bas et qui a sa petite entreprise de location de VTT qui nous a fait découvrir une partie de l'Atlas et c'était super génial et du coup j'ai vraiment envie de retourner sur des trucs comme ça et vraiment en pur tourisme mais avec ce petit bout d'aventure et d'adrénaline qui va me manquer le jour où j'arrête.

Oui parce que finalement la compétition ça n'enlève rien au fait que tu sois profondément passionnée par le vélo. Oui complètement. Pour moi, s'il y a des gens qui ne sont pas du tout compétiteurs, qui m'écoutent et qui hésitent encore à acheter un vélo ou à partir en vélo. Il faut vraiment que vous sachiez qu'en fait, c'est juste le vélo en premier lieu. C'est vraiment un outil d'évasion.

C'est vraiment un outil qui permet de se déplacer, qui est éco-responsable, qui permet de s'ouvrir au monde, à la nature. Et moi, à plusieurs reprises, j'ai pris mon vélo juste parce que j'avais un souci et j'arrivais pas à trouver l'issue du souci l'issue du problème et c'est vrai que ça permet de se vider la tête et de trouver des solutions aux problèmes qu'on peut avoir et c'est vraiment, c'est véridique et c'est testé, approuvé et voilà c'est en premier lieu le vélo c'est vraiment pour moi c'est vraiment la première comment dirais-je c'est la sens de décomposition Exactement, avant toute chose, tout à fait.

Bon, alors toi, tu as la chance de pouvoir sortir aujourd'hui, de faire un petit peu de vélo. Nous, on est limité à un rayon d'un kilomètre, ce qui est déjà pas mal, mais qui est seulement une heure par jour, donc c'est sûr que c'est peu. Est-ce que tu as des conseils, toi, à donner en tant que professionnel à quelqu'un qui pratique le vélo et qui voudrait s'entraîner mieux, qui ne sait pas trop s'y prendre compte tenu de la situation ? Toi, quelle expérience tu peux leur apporter par rapport à ton premier confinement ?

Déjà, je pense que le principal pendant ce confinement, c'est de se sentir bien dans sa tête et dans son corps. Donc, ça passe par la pratique du sport, oui, mais pas que. Il y a plein de choses possibles et imaginables. Mais si j'ai à parler du sport en particulier, c'est vrai qu'il faut doser. C'est-à-dire qu'on ne va pas se mettre du jour au lendemain à faire 5 kilomètres autour de sa maison à pied alors qu'on n'en fait jamais.

Commencer par, pourquoi pas, une petite marche à pied, puis accélérer le pas, puis au bout de 3-4 jours, commencer à courir. Mais c'est vrai qu'il faut être très progressif parce que l'idée, ce n'est pas de se blesser et du coup de ne plus pouvoir rien faire pendant ce confinement. Donc voilà, soyez équilibrés, pratiquez tous les jours un sport différent avec les moyens du bord. Ça peut être du coup la course à pied, la marche, toujours dans le rayon d'un kilomètre autour de chez vous, le pilates, le fitness, le yoga.

Il y a plein de vidéos sur Internet gratuites que vous pouvez trouver facilement. Pareil, le yoga, le pilates, etc. On commence d'abord par des niveaux faciles pour ensuite aller vers les niveaux plus difficiles parce que c'est pareil, le lendemain, on va se lever du lit, on ne pourra plus bouger, on ne pourra plus marcher parce qu'on a mal partout c'est pas le but et puis essayez pareil de manger équilibré essayez de de prôner le temps de cuisiner de voilà de tester d'autres recettes parce que tout ça ça va aussi en complément du sport que vous allez faire c'est important et puis pour ceux qui ont un vélo et qui ont réussi à acheter un home trainer parce que je sais que c'est difficile à trouver sur le marché actuellement c'est une denrée rare pareil n'hésitez pas ouais exactement ceux qui n'ont pas les moyens ou qui ne veulent pas s'abonner à Swift parce que c'est sûr que ça a un coût.

Il y a aussi pas mal d'athlètes ou même des clubs de triathlons, des clubs cyclistes qui ont sur Facebook des pages où ils organisent des meetings via Zoom où on peut pédaler ensemble, c'est gratuit, ça permet pourquoi pas de connaître du monde, de pédaler avec d'autres personnes. Je me rappelle de Pierre Roland qui par exemple faisait pendant en confinement, sa petite séance hebdomadaire avec tout le monde.

Il a réuni beaucoup, beaucoup de gens. Il faisait faire des petits exercices à tout le monde. Donc ça, ça peut être sympa. Vous pouvez aussi retrouver ses vidéos, du coup, je pense, sur Facebook. Donc voilà, il y a plein de petits tips comme ça qui peuvent être intéressants pour ceux qui ne veulent pas s'abonner sur Swift. Et ceux qui sont sur Swift, n'hésitez pas également à y retourner et à vous faire des petites balades ou même des compétitions parce qu'il y en a tous les jours à n'importe quelle heure, Même si vous êtes dans la nuit, vous vous réveillez, vous n'arrivez pas à dormir, vous pouvez en faire.

Donc, c'est quand même sympa. Oui, parce qu'on n'en a pas parlé, mais toi, ça t'a plutôt bien réussi le confinement parce qu'il me semble que tu as gagné un titre que tu convoitais depuis un petit moment. Oui, c'est vrai que même si la saison a été compliquée, pour moi, ça reste une bonne saison du point de vue sportif parce que j'ai eu des bons résultats. Les sensations étaient vraiment très bonnes. Donc, encore une fois, je pense que… Tu es championne de France. Oui, c'est vrai, championne de France, ado ici, donc c'est vrai que c'était super, c'est un des meilleurs souvenirs, voire le meilleur souvenir de ma carrière jusqu'ici, et voilà, c'est ce que je disais, le confinement, je l'ai pris comme une chance de travailler mon mental et de revenir plus forte, et je pense que ça m'a fait quelque part un grand bien de me recentrer sur moi-même et sur ce que j'avais envie de faire et ce que j'avais envie d'être.

J'en rêvais, j'en rêvais, je suis passée tellement de fois à côté, et là, le réalisé... Tu vois, si parmi les auditeurs de ce podcast, il y a des gens, des plus jeunes, qui disent « Tiens, j'ai envie de me lancer comme ça, peut-être pour une carrière pro, quels seraient les conseils que tu donnerais, et notamment à une fille, peut-être à qui on dirait qu'elle n'a pas... que ce n'est pas un truc de fille, tu vois ? » Mais moi, je dirais qu'aujourd'hui, de toute façon, personne ne peut dire qu'il y a des disciplines filles ou des disciplines garçons.

Je vois des reportages, je vois des petits garçons de 7-8 ans rêver d'être petits rats d'opéra. Donc, je veux dire, aujourd'hui, les limites et les barrières, elles doivent sauter, tout simplement parce qu'on est aussi dans une société où l'ouverture d'esprit est une vraie bataille pour beaucoup de gens où la laïcité est remise en cause, etc.

Donc c'est vraiment à cette nouvelle génération de casser ses barrières, d'être ouvert à tout, c'est-à-dire à choisir sa religion comme choisir sa passion, son sport. Tout doit être, je pense, possible et imaginable. Et si j'avais quelque chose à dire à un petit garçon ou une petite fille qui souhaitent faire du vélo, qui est passionné par le vélo, je dirais tout simplement aux parents de la laisser ou de le laisser tester, s'amuser. Faire partie d'une école de vélo, c'est faire partie d'une petite famille finalement, où on n'apprend pas que le vélo, c'est une école de la vie, ça je l'ai toujours dit.

Le cyclisme, c'est vraiment une école de la vie, c'est une école où on apprend à souffrir, où on apprend à se dépasser, où on apprend à respecter ses adversaires, et c'est plein de valeurs qu'on retrouve dans la société, qu'on retrouve dans le monde du travail, dans ses relations avec les autres. Et je pense que c'est super important qu'un enfant soit finalement passionné et qu'il ait un point de repère, que ce soit le sport, la musique ou autre, qui lui permette de s'exprimer et qui lui permette finalement d'être équilibré.

Parce que je pense qu'aujourd'hui, dans cette société, c'est peut-être ce qui manque un peu, c'est l'équilibre, les repères, savoir où on en est, savoir en quoi on doit croire. Et le sport, pour ne parler que du sport, je pense que ça m'a apporté tout ça. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, je pense, ou alors si certaines personnes ne pensent pas, tant pis, mais je pense quand même être une femme équilibrée, qui sait ce qu'elle veut, et qui a envie de pousser plus de personnes à se lancer dans le sport, dans le cyclisme et à se faire plaisir surtout.

Écoute, merci beaucoup. Je t'ai dit que j'ai l'habitude de laisser le mot de la fin parce que là, on arrive un petit peu à la fin déjà. Est-ce qu'il y a un sujet dont tu aimerais nous parler pour ce mot de la fin ? Pas de sujet en particulier, mais c'est vrai qu'au vu des dernières informations de ce qui se passe un petit peu en France, etc., je pense qu'il est important qu'on garde tous dans l'objectif d'être heureux dans la vie.

Et aujourd'hui, j'ai l'impression que les gens se posent mille questions et oublient de vivre. Et ce confinement, finalement, il est peut-être là aussi pour, encore une fois, passer du temps en famille, prendre le temps de se replonger dans des albums photos, faire un point sur toutes les belles choses qui nous sont arrivées et de faire des plans pour le futur sur ce qu'on a envie de faire, sur ce qu'on a envie d'être mais surtout de penser à être heureux, je pense que c'est ça le principal et c'est vrai que quand on allume sa télévision en ce moment c'est un petit peu difficile de penser positif et de penser comme ça mais c'est qu'en étant positif et qu'en croyant à un futur meilleur qu'on y arrivera et ça passe aussi par respecter les règles du confinement et ne pas penser qu'à soi, penser aux autres parce que finalement, on a tous la vie des autres entre nos mains en ce moment.

Donc, c'est important de ne pas être égocentré et de penser à soi, mais pas que penser aussi aux autres. Voilà. Écoute, merci infiniment, Audrey. Alors, pour te retrouver, c'est assez facile. Tu es à peu près disponible partout sur Facebook, sur Twitter, sur Instagram. D'ailleurs, j'ai trouvé que sur Twitter c'était bien parce qu'on peut retrouver vraiment facilement des interviews et puis je réponds facilement aussi et c'est moi qui réponds donc n'hésitez pas si vous avez des commentaires à faire sur le podcast alors allez tous sur le compte Twitter ou l'Instagram d'Audrey et en tout cas merci beaucoup si vous avez aimé ce podcast comme d'habitude n'hésitez pas à vous abonner n'hésitez pas à en parler autour de vous parce que on m'a beaucoup dit que ce podcast a été conseillé par un ami donc n'hésitez pas toujours le pouce, les étoiles ce que vous voulez et puis à très bientôt pour un nouvel épisode