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Dans la roueS02 · E03

De la photo au micro

Avec Camille Veillard

53 minPar Laurent Belando

Notes de l’épisode

Bienvenue dans ce nouvel épisode de « Dans la roue ». Vous étiez très nombreux à l’attendre. Tellement nombreux que mon invitée aujourd’hui a pris les devants en me proposant de réaliser elle-même une série d’épisodes consacrés au métier de cadreur. Aujourd’hui, c’est donc un numéro très spécial puisque je reçois Camille en guise d’introduction à son travail, qui, je l’espère, vous plaira autant qu’à moi.

Références :
Shut Up & Build Bikes : https://www.cobraframebuilding.com/podcast
Bikes Or Death : https://bikesordeath.com

Retrouvez Camille sur :
Tumblr : grandevacances.tumblr.com

Musique :
hila (Artyom – David Kiledjian) / Miropé feat Miguel Atwood-Ferguson © 2020
Bando / Anna © 2020

Transcription

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Bienvenue dans ce nouvel épisode de Dans la Roue. Vous étiez très nombreux à l'attendre, tellement nombreux d'ailleurs que mon invité aujourd'hui a pris les devants en me proposant de réaliser elle-même une série d'épisodes consacrés au métier de cadreur. Aujourd'hui, c'est donc un numéro très spécial puisque je reçois Camille en guise d'introduction à son travail qui, je l'espère, vous plaira autant qu'à moi. Je suis Laurent Melando et aujourd'hui, je vous invite dans la roue de Camille Veillard.

Bonjour Camille, comment vas-tu ? Ça va et toi Laurent ? Bah écoute, ça va, tu m'as dit vite fait avant qu'on commence que tu étais un peu tendu, stressé à l'idée de faire cette interview. Donc, bah écoute, on va y aller, on va aller direct sur la première question un petit peu qui va nous détendre normalement. Quelle est ton humeur musicale aujourd'hui, Camille ?

Bah bon, bah ouais, aujourd'hui, je sais pas, mais en tout cas, en ce moment, j'écoute pas mal un son d'une meuf qui s'appelle Anna. Et elle a que des gros titres, c'est que des gros tubes. Et il y en a un qui s'appelle Bando et ça me fait pas mal danser. D'accord, c'est la musique que tu écoutes sur ton vélo ? Ouais, ça peut. En fait, on a fait une marche féministe à Cré le 4 mars.

Et les filles qui avaient organisé ça, on a fini par une grosse boum devant l'église le soir. C'était une marche de nuit. Et les filles, c'était super festif. Et entre autres, elles avaient créé une playlist avec que des sons de meufs. Et j'ai découvert ce son à ce moment-là. Et j'ai dit, mais c'est trop bien, c'est qui ? Et voilà.

Camille, tu m'as dit d'alimenter de chocolat et d'émissions de radio. Donc avant que tu te présentes, qu'on sache un peu plus qui tu es, est-ce que tu pourrais éclaircir ce petit point ? Oui, c'est la stricte vérité. Je mange beaucoup de chocolat, je suis très gourmande.

C'est mon point faible.

Et ouais, j'écoute... En fait, je passe pas mal de temps devant l'ordinateur ou alors sur mon vélo. et du coup je fais que ça bouffer des podcasts comme je fais de la retouche photo en fait du coup j'ai la chance de pouvoir il n'y a que mes yeux qui fonctionnent je peux être rapée par autre chose c'est pas comme les gens qui font du montage vidéo où ils ont besoin d'être concentrés pour écouter leur son moi je peux écouter autre chose en faisant ça ou ceux qui écrivent des livres ou ceux qui écrivent des livres par exemple Oui, je vois tout à fait.

Mais du coup, il va falloir que tu te présentes un petit peu à nos auditeurs. Qu'est-ce que tu fais ? D'où tu viens ? Et qu'est-ce qui t'a amené surtout au vélo ? Parce qu'on va voir que tu es passionnée de vélo. Je m'appelle Camille.

Je fais de la photo.

Et pour gagner des sous, je fais de la retouche photo. C'est un truc que je fais depuis longtemps. C'est un truc qui est facile pour moi. Et après, à côté de ça, j'aime bien faire de la photo pour moi.

Et en ce moment, je fais des photos. Je vais voir les cadreurs et les cadreuses vélos en France et je les prends en photo. C'est un peu ça mon petit projet du moment. Et comment tu es venue justement au vélo toi-même ? Comment tu es venue à cette pratique ? Déjà, est-ce que tu aimes le vélo ? On va partir du point de départ.

Oui, j'adore le vélo. En fait, c'est trop bien le vélo. Je trouve que tu peux... En fait, cet objet, il est trop cool. Il y a plein de choses qui se passent autour de cet objet. Et du coup, moi, j'ai l'impression que... C'est un peu un bon fil conducteur pour découvrir plein de choses différentes. ok le vélo en soi c'est un objet et ça reste plus ou moins le même mais à côté de ça il y a plein de pratiques et plein de choses différentes qui gravitent autour de cet objet et moi j'ai l'impression que je vais un peu voir une année il y a ce truc là autour du vélo qui m'intéresse puis l'année d'après il y a cette chose là qui m'intéresse et je trouve que c'est un peu sans fin, il y a plein de choses que tu peux aller si t'es curieux ou curieuse tu peux aller voir autour de ça et moi en fait le vélo, en fait je suis née j'ai grandi à Paris et je faisais que du métro ou du bus et vers je sais pas, 24, 25 ans j'ai récupéré un vélo et j'ai recommencé à faire du vélo pour aller au boulot un peu comme tout le monde quoi, enfin comme plein de gens et après de fil en aiguille je sais pas, il y a un de mes copains qui m'a offert un vélo un peu mieux et puis après moi je me suis acheté un autre vélo et après j'ai découvert j'étais nulle en mécanique donc j'allais souvent chez le réparateur pour changer mes freins et ça a commencé à me frustrer de ne pas savoir changer une chambre à air toute seule et j'ai découvert à un moment donné j'habitais à Montreuil et juste à côté de chez moi il y avait un atelier d'auto-réparation qui s'appelle Ocyclo et j'ai mis un pied là-dedans et c'était le début de la fin pour moi C'est un lieu que je ne connaissais pas du tout.

Je ne connaissais pas l'existence des ateliers vélo. Et en fait, c'était trop incroyable comme découverte. À partir du moment où j'ai mis un pied là-dedans, après, je ne me décollais plus. J'y allais toutes les semaines. Je me suis fait plein de copains et parmi les gens. C'est peut-être l'occasion de rappeler ce qu'est un atelier vélo. Tu peux peut-être en toucher un autre. Un atelier vélo, c'est un lieu... C'est un lieu où les gens peuvent venir avec leur propre vélo et s'ils ont besoin, envie de réparer par eux-mêmes, ils peuvent venir dans l'atelier, il y a des outils qui sont à disposition, ils ont juste à adhérer à l'assaut.

En général, c'est vraiment pas cher et ça peut être entre 10 balles et 30 balles. Bon, ça dépend de là où tu habites. Il y a des tarifs souvent qui sont en fonction de tes moyens et de ce que tu as envie de mettre. Et du coup, c'est participatif. Le but, c'est que toi, tu apprennes à réparer ton vélo tout seul ou toute seule à l'aide. Du coup, tu as tous les outils qui sont à ta disposition.

Et bien sûr, tu as des bénévoles qui sont là pour t'aider, te montrer comment faire. Mais le but, c'est d'autonomiser les gens dans la réparation de leur vélo. Des trucs hyper basiques, en fait, parce qu'on n'apprend plus ça. Enfin, on ne sait plus.

Même apprendre à pédaler, à se servir de ses vitesses, en fait, on devrait l'apprendre, je ne sais pas, à l'école. Et même ça, ce n'est pas appris. Encore moins la mécanique de base. Enfin, changer un cap de frein ou même une chambre à air, c'est tout bête. mais on ne te l'apprend pas, donc du coup, si on ne te l'a jamais appris, tu t'en fais toute une montagne, alors qu'en fait, c'est très simple.

Donc voilà, le but des ateliers vélo, c'est d'autonomiser les gens dans la réparation de leur site. C'est vrai qu'il y en a vraiment de partout. Je pense que tout le monde autour de chez lui peut trouver un atelier vélo, enfin pas trop loin, c'est sûr que si on est en campagne, bon, c'est plus difficile, mais il y en a de plus en plus si ça couvre vraiment tout le territoire français. Et donc, toi, tu as découvert cet atelier vélo et tu nous disais, ça a encore changé ta pratique, c'est ça ?

Oui, j'ai rencontré plein de gens différents. J'ai rencontré... Du coup, c'est ça qui est chouette, c'est que ça brasse plein de personnes différentes. Donc, je ne sais pas, il y avait Machin qui adorait le vélo de course. Il y avait Machine qui avait fait un super tour du monde avec son copain et son enfant à bicyclette.

Et moi, je découvrais tout plein de pratiques différentes. Et c'était génial, quoi. Donc, de là, j'ai commencé à faire plus de vélo. Et j'adorais juste... Enfin, je ne savais rien faire en mécanique, mais juste j'allais au permanence et j'étais bénévole. Mais j'adorais juste aider les gens à faire leurs trucs, même si je ne savais pas faire grand-chose.

Et ouais, juste passer du temps, c'est un trop bon lieu en fait pour se faire des copains et des copines. Et puis après ça, j'ai découvert qu'on pouvait voyager à vélo. Donc moi j'ai fait ça un peu après.

Juste après, je crois que j'avais prévu de partir en Corée.

Alors je ne suis pas partie avec mon vélo, mais j'ai vu qu'il y avait une piste cyclable qui traversait tout le pays. Tout le pays, le pays n'est pas très grand. Et du coup, quand j'ai passé une semaine à Séoul et j'ai acheté une bicyclette là-bas, je n'avais rien, je n'avais pas de temps, je n'avais rien du tout.

Et j'ai pris cette piste cyclable. C'était trop bien, ça m'a trop donné le goût de faire ça. Et quelques mois après, j'avais dans l'idée de partir en Nouvelle-Zélande. J'ai pris un PVT, un permis vacances-travail, sur une durée d'un an. Et là, du coup, j'ai décidé de partir avec mon vélo. Donc, j'ai acheté une bicyclette que quelqu'un avait fabriquée.

Et puis voilà, je suis partie faire ça. J'ai fait un gros voyage. Enfin, pareil, à la Nouvelle-Zélande, c'est petit, mais moi, je prenais mon temps. Je faisais 60 kilomètres par jour. À 4 heures de l'après-midi, je m'arrêtais. J'ouvrais un bouquin et puis c'était super. Le PVT, c'est un passeport qui est justement pour... Tu as travaillé sur place ou c'était juste un prétexte ?

Ouais, c'est un prétexte dans le sens où ça te donne un visa quand même d'un an, ce qui n'est pas courant, ce qui n'est pas forcément facile à avoir. Et d'ailleurs, le PVT, tu ne peux pas le faire dans tous les pays.

Mais oui, c'était pour repartir à l'étranger sur une longue durée.

Et puis, je voulais trouver un pays anglophone parce que je voulais améliorer mon anglais.

J'ai bossé, j'ai dû être serveuse vraiment pendant un mois et demi pour renfouer un peu les caisses. Mais bon, en vrai, je n'avais pas hyper besoin d'argent parce qu'évidemment, à vélo, tu ne claques pas trop tes sous. Je crois que je suis revenue avec plus d'argent que j'étais partie. Oui, j'avais une vie frugale.

Et puis, j'ai fait plein de woofing, du coup, je ne vais pas dépenser beaucoup de ça. D'accord. Tu peux préciser aussi ce que c'est le woofing ? Le woofing, c'est… En gros, tu vas dans des fermes.

Normalement, c'est censé être des fermes avec des pratiques bio.

Maintenant, je pense que c'est un peu différent, que ça a dû s'élargir à plein d'autres choses. En gros, tu vas dans une ferme et tu aides. Ça peut être une ferme qui fait du maraîchage ou il y a tout et n'importe quoi. Sur le site, les gens te disent un peu ce qu'ils font, de l'apiculture, je ne sais pas. Il y a plein de choses qui existent. Et toi, tu aides à la ferme pendant...

Ça peut être juste quatre heures, ça peut être toute la journée, ça dépend un peu. Et en contrepartie, tu es logé et nourri.

Et si tu choisis bien, c'est trop super. C'est vraiment génial. Ça te permet de rencontrer des gens en plus, de vraiment te fendre à la population, j'imagine. Quoique, tu dois avoir beaucoup de voyageurs aussi qui font la même chose, non ? Eh bien, ouais, en Nouvelle-Zélande, c'est quand même... En Nouvelle-Zélande, c'est une pratique qui est assez répandue. Enfin, je pense que c'est un pays qui est hyper touristique.

Il n'y a pas... Déjà, le nombre d'habitants au mètre carré, il est quand même inférieur à ce qu'on connaît en France. Et oui, il y a beaucoup de gens, il y a beaucoup de touristes et des touristes qui sont jeunes et donc les jeunes ils font beaucoup ça pour voyager donc c'est pas la même ambiance, c'est pas la même chose c'est pas le même genre d'institution là-bas qu'en Europe par exemple parce que j'en ai fait un peu en France c'était pas la même, tu sentais que là-bas c'était un truc où ils avaient vraiment l'habitude de recevoir quand même pas mal de gens à fond entre autres je suis restée 3 ou 4 mois pendant l'hiver je suis restée 3 ou 4 mois chez une dame qui était prof d'horticulture et c'était trop cool c'était trop chouette c'était une grosse tronche et je faisais plein de trucs chez elle, j'ai appris plein de choses et puis le soir elle faisait des cours et moi j'allais assez court du soir aussi c'était trop bien, c'était en anglais il y avait un truc qui m'avait complètement dépaysée et du coup ça se prêtait bien au voyage à vélo ça te permettait comment tu as articulé comment tu avais fait ton programme un petit peu si tu avais fait un programme est-ce que tu t'étais dit bah là je vais aller jusqu'à cet endroit et puis ensuite je vais me poser un peu comment ça se passait comment ça venait en fait en fait je sais pas du tout programmer les choses je suis nulle pour programmer les trucs je fais les choses complètement à l'arrache des fois ça marche super bien non juste en fait je ne prépare pas parce qu'en fait je change d'avis tout le temps et puis ça ne marche pas ou alors j'ai aussi une grosse flemme donc je ne le fais pas c'est un truc qui ne m'appelle pas trop bon après des fois ça me joue des tours mais là pour ce voyage là ça s'est vraiment super bien passé je me suis juste dit bon allez je pars avec mon vélo j'avais pas fait j'avais pas fait d'itinéraire j'avais pas cherché des woofings avant, juste je me laissais un peu porter si j'avais envie de pédaler, bah trop bien, je continue et puis il y avait des moments où je me disais, voilà je commence un peu, j'ai envie de voir des gens ou j'ai envie aussi d'avoir un vrai lit du coup j'avais mon téléphone ou quoi, ou je trouvais une connexion wifi et puis j'allais sur le site de woofing et puis je cherchais un truc et puis s'il y avait un truc qui me plaisait, je contactais les gens, je demandais je peux être là dans une semaine ou deux, est-ce que je peux venir ?

Et puis les gens te répondent oui ou non et puis voilà. Et ouais, ça te fait une petite pause. En fait, j'étais super seule pendant ce voyage mais parce que j'avais envie de ça, j'avais envie quoi. Mais du coup, je faisais des petites pauses de bon là, j'ai quand même envie de voir des gens et de faire des trucs.

Et voilà, ça se goupille un peu comme ça. Mais je ne prépare rien. Là, je commence à me dire, plus ça va et plus je me dis, bon, quand même, c'est pas mal de préparer des trucs. Mais ouais, je suis plutôt du genre... J'ai l'impression que tu n'as pas eu de mauvaise surprise. Tout s'est vraiment bien goupillé. Ouais, pour ce voyage-là, oui, pour les voyages, en gros, je trouve que ça ne sert à pas grand-chose. En tout cas, moi, je n'en ressens pas le besoin.

Il y a des gens qui ça rassure ou j'en sais rien, Il fonctionne comme ça et c'est super. Moi, je n'ai pas trop besoin. Quel est le souvenir le plus fort de ton voyage, justement ? Oh, wow.

Est-ce que les paysages, par exemple ? J'imagine que tu étais partie avec ton appareil photo aussi, un peu dans l'idée de faire beaucoup de photos. Oui, carrément, je suis partie. Alors moi, je suis partie vraiment hyper chargée. C'était assez drôle parce que chaque cycliste, je trouve que chaque cycliste que tu rencontres sort de ses sacoches une chose hyper lourde et que potentiellement toi tu te trouves complètement stupide d'avoir dans ses sacoches mais pour l'autre personne c'est hyper important et moi j'étais partie avec alors j'avais rien, je crois que j'avais genre trois slips et mes affaires dans lesquelles je pédalais et puis peut-être un pantalon et un autre vrai t-shirt pour quand je me posais mais j'avais rien en affaires c'était assez ridicule mais j'avais pris déjà j'avais pris un U on m'avait offert les copains et copines de l'atelier vélo oui je te jure les copains et les copines de l'atelier vélo de montrer qu'ils m'avaient offert un cryptomix et j'avais eu l'idée saugrenue de partir avec et en fait quand même ça coûte cher et que c'était un cadeau tu pouvais t'en servir d'armes blanches en même temps ouais voilà en cas d'agression un petit coup de cryptomix donc je me suis trimbalaissée entre autres et puis j'avais j'avais un ordinateur portable pour décharger mes photos ou faire des trucs quoi parce que moi je suis un peu une gros zik l'ordinateur j'aime bien ça je fais plein de montages plein de retouches dessus et j'avais aussi j'ai un relais flex j'ai un appareil photo argentique bio-objectif qui est quand même assez lourd et donc j'avais cet appareil photo et j'avais plein de films dans mes sacoches et du coup quand je montrais entre cet appareil photo et tous mes films dans mes sacoches les gens se disaient mais n'importe quoi tu connais le numérique mais bon après d'autres gens te montraient des trucs et disaient mais t'avais pas du tout d'appareil photo numérique si j'en avais un mais tout petit qui tient dans la poche un petit Sony RX100 un truc tout bête mais qui est super je sais pas j'aime bien l'argentique du coup j'avais emmené mes trucs ah j'avais un autre truc hyper lourd dans mes sacoches j'avais une espèce de map tu vois j'avais un un atlas de la Nouvelle-Zélande dans mes sacoches non c'est pas vrai c'est toujours genre un truc qui pèse 500 grammes ouais ouais je déchirais les pages au fur et à mesure mais quand même en même temps moi je comprends parce que si si t'avais quasiment pas de fringues il fallait bien les remplir ces sacoches il fallait donc tu t'es dit je vais ramener un atlas je vais mettre comme ça, elles sont remplies.

C'est ça.

Exactement. Fallait que je me fasse les cuisses aussi.

Et après, pour le souvenir, je ne sais pas trop, je pense que j'ai eu... Je suis une vraie citadine, du coup, je sortais vraiment de ma ville. C'est un peu terrible, mais moi, j'ai eu plein de... C'est bête, mais j'ai eu plein de... J'ai découvert plein de choses en même temps à travers ce voyage.

Et entre autres, j'ai découvert des trucs de nature que je n'avais pas idées parce que, je ne sais pas, dans ma famille, on ne faisait pas trop de vacances rondo, par exemple, ou comme d'autres. Et je ne sais pas, j'ai découvert vraiment plein de choses différentes. Et après, je peux dire que j'ai fait une super rencontre qui m'a un peu marquée parce qu'un couple d'Allemands qui m'ont un peu sortie du pétrin, Je m'étais fait une tendinite juste après l'hiver.

J'avais repris le vélo. Après avoir passé du temps chez cette prof d'horticulture où j'avais arrêté de faire de la bicyclette. Je faisais du jardinage. Et j'avais repris comme si je n'avais jamais arrêté, en mode « je suis une grosse machine, allez ! » Et en fait, je me suis vraiment fait super mal. Et en fait, je ne connaissais pas trop ce que c'était de se blesser.

Du coup, je continuais à pédaler en me disant « ça va passer ». Et en fait, je me suis vraiment fait une grosse, grosse tendinite au Talon d'Achille. Et eux, je les ai rencontrés en Nouvelle-Zélande. Ils ont des pistes cyclables vraiment trop, trop fun, où il n'y a personne, il ne peut pas y avoir de voiture. C'est du gros gravier sur des kilomètres et des kilomètres. Mais c'est super balisé, c'est trop bien fait.

Et du coup, j'avais pris une piste assez dure. Et puis, c'était le printemps. Et le printemps en Nouvelle-Zélande, il flotte tout le temps. C'était horrible. Moi, j'avais super mal, j'étais au milieu de nulle part. Et j'ai rencontré une fille qui avait un vélo sans sacoche et elle me dit, moi, je vais au camping plus loin, je vais rejoindre mon copain qui, lui, est en voiture. Et c'était un couple d'allemands. Et moi, je ne pouvais plus, j'étais au bout de ma vie, j'avais déjà sorti mon duvet et tout.

Et le lendemain matin, je suis allée les retrouver et eux, ils m'ont sorti un peu du... Il pleuvait, ils m'ont dit, bon, tu veux venir avec nous ? Et j'avais super mal. Et du coup, je suis montée dans leur caisse en pensant qu'ils allaient juste me déposer sur du bitume et que voilà, je vais me débrouiller après. Et en fait, j'ai passé, je ne sais pas, on a passé deux mois ensemble.

C'était la fin un peu de mon séjour. Et c'était une trop chouette rencontre. Et du coup, tu as soigné ta tendinite là-bas ou tu as laissé courir ? Oui, je me suis un peu posée. J'ai trouvé un petit hôtel en bord de plage trop chouette où je pouvais en gros, je m'occupais je faisais le ménage, je ne sais plus trop ce que je faisais là-bas mais du coup je pouvais créer chez Gratos pour me reposer mais je suis restée un mois et en fait en reprenant le vélo j'avais quand même mal je ne pouvais pas continuer en gros je ne pouvais plus pédaler il me fallait une vraie grosse pause et je ne sais pas, la rééducation après quand je suis rentrée en France j'ai vu quelqu'un j'ai fait des exercices pendant 6 mois Et puis après, ça s'est guéri, mais je pense que je m'étais bien défoncée.

Du coup, toi et moi, Camille, on s'est rencontrés lors d'une occasion particulière.

On s'est rencontrés sur un concours de machines. Pour rappeler un petit peu pour les gens qui n'ont pas eu les épisodes précédents où on parlait du concours de machines. Le concours de machines, c'est un concours qui a lieu tous les ans. Depuis, on va dire, environ une dizaine d'éditions. Je n'ai pas le chiffre exact en tête, ils m'excuseront. Et c'est un concours qui met en concurrence, mais en réalité, ce n'est pas vraiment la concurrence, mais les différents cadreurs, donc fabricants de cadres de vélo en France.

Et donc, tous les ans, ce concours, c'est un petit peu l'occasion pour eux de se retrouver, de montrer leur savoir-faire, leur travail et de mettre en lumière le travail de cadreur. Donc, nous, on s'est rencontrés à l'occasion de ce concours de machine. Et donc, tu avais pris un enregistreur, donc tu enregistres aussi du son. Donc, non seulement tu fais de la photo, mais tu enregistres aussi du son. Et tu as eu l'idée d'aller à la rencontre des cradeurs pour enregistrer un podcast.

Et en fait, bon, alors on va faire tout le... Là, du coup, c'est un peu à moi de parler. On va faire un petit peu l'historique. C'est vrai qu'on a discuté. Tu es venu me voir parce que j'étais en train de présenter mes livres. Et je pense que le courant est assez bien passé, aussi bien de ton côté que du mien. Et tu es revenu me voir il y a quelques temps. Enfin, revenu voir. Tu as pris contact avec moi il y a quelques temps. Oui, c'est ça, oui.

Eh bien, oui, je savais que tu faisais ce podcast dans la roue. Et encore une fois, c'est Auln qui m'a suggéré. Auln, il est super. Il suggère plein de trucs. Et il m'a suggéré de te contacter. Il m'a dit « Ah, mais il y a Laurent qui fait ce podcast. » Et je t'ai dit « Ah, mais oui, c'est vrai. » Et il m'a dit « Ah, tu devrais le contacter pour ton truc. » Et du coup, je me suis dit « Ah, mais je pourrais carrément... » Du coup, ce que je t'ai demandé, à savoir est-ce que ça t'intéresserait de les mettre en ligne via ta plateforme.

Parce que j'avais enregistré ce truc-là. j'avais envie d'en faire d'autres, mais je n'ai pas du tout envie de créer un nouveau truc, une nouvelle plateforme, un nouveau machin. Je n'avais pas envie parce que je sais que,

encore une fois, c'est un nouveau truc et je trouve que ça pullule un peu les nouvelles choses. Mais tu vas être victime de ton succès, de toute façon. Tu le sais. Et donc ? Tu vas être obligé d'en faire beaucoup.

pas de problème mais le truc voilà c'est ce que je me disais je me disais je sais que je vais pas je vais pas en faire non plus énormément par exemple je repensais en fait à ce podcast que j'avais entendu enfin cette interview que j'avais entendu de Mathieu Cholet qui a pas mal tourné qui s'appelait les mains d'acier ouais je crois que c'est ça je sais pas je sais pas comment s'appelle la personne qui a fait cette interview je vais te confirmer ça ouais et par exemple ce gars là qui a fait cette interview de les mains d'acier donc ce gars qui a fait cette super interview de Mathieu Cholet qui est genre super longue et super complète et que j'avais j'ai pas me elle fait deux heures ouais je l'avais écouté plein de fois et je m'étais dit ah mais j'espère qu'il va en faire d'autres c'est trop super et puis il n'en a pas fait d'autres enfin je crois je crois qu'il n'en a pas fait d'autres en tout cas non non il y en a que et du coup j'avais un peu peur de tomber dans ce truc là de pas assez produire pour que ça soit pertinent et je me suis dit que ce serait super de passer via toi pour quand même la mettre en ligne et puis s'il y en a juste une de temps en temps et bien c'est super mais toi j'ai vu que tu produisais quand même de manière assez régulière donc pourquoi pas si tu pouvais les mettre en ligne via ta plateforme je trouvais que c'était beaucoup plus pertinent que de faire un nouveau de nous faire un nouveau truc on a un peu brûlé les étapes on n'a pas bien introduit vraiment ce que tu allais faire mais tu as réalisé déjà en fait tu es allé à la rencontre de deux cadreurs et tu as fait un travail d'interview un podcast, mais vraiment hyper, hyper bien.

Franchement, j'ai vraiment pris énormément… Non, mais c'est vrai, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à l'écouter. Tu as fait un travail de sound design, tu as vraiment pioché des sons dans les ateliers. On sent vraiment l'ambiance transpirer de ces interviews. Et donc, ce qu'on va faire, c'est que dans le flux des épisodes de Land La Roux, Il y aura des épisodes spéciaux qui s'appelleront Dans le cadre et que tu animeras et monteras.

C'est toi qui fais tout, pour le coup. Vraiment, chapeau, beau travail. Les auditeurs pourront le vérifier dès la première interview. Qui est ? Je te laisse l'annoncer. La première que j'ai faite, c'est celle de Johan Lonk, Ménive. Je l'ai vue l'été dernier. et la seconde, c'est celle de Soigny.

Et du coup, cette nouvelle série de podcasts qui va s'appeler Dans le cadre,

comment tu pourrais la présenter ? Eh bien, quand j'ai commencé à faire des photos, l'idée, c'est d'aller voir les gens sur place et de passer pas mal de temps avec eux, enfin, en tout cas, le temps qu'ils ont à me consacrer. Moi, plus je reste de temps, plus je suis contente. L'idée de base, c'était vraiment d'aller faire des photos et de faire un reportage photo sur les personnes que j'allais voir.

Mais je me suis rendue compte que j'avais super envie de les interviewer, qui racontent, en plus d'avoir des images d'eux, j'avais envie de récolter un peu... Parce qu'en fait, quand tu passes une semaine avec quelqu'un, la personne te raconte plein de choses et tu trouves ça trop intéressant. Et j'avais envie de faire partager aussi ce truc-là, de donner un peu...

Juste d'avoir un portrait des gens qui se racontent et qui disent des choses d'eux, des choses qui leur semblent importantes. Pourquoi ils font cette chose-là ? Parce qu'en fait, tu te rends compte que les gens sont animés par des choses différentes et qu'en tout cas, les personnes que je suis allée voir, elles sont toutes assez différentes et elles ont toutes des trucs trop chouettes à raconter et comme moi c'est un univers qui m'intéresse j'imagine que ça intéresse aussi plein d'autres gens et l'idée c'est de faire un portrait et si je suis une bille en mécanique en décollage est-ce que c'est quelque chose qui va m'intéresser ?

je vais faire en sorte que oui je pense que la première interview que j'ai faite c'était celle de Johan elle était quand même hyper moi je pense qu'elle est un peu technique que moi je pose des questions et que lui il répond sur des choses assez techniques mais dans l'idée j'ai pas envie que ça soit quelque chose que technique et il a plein d'autres choses à raconter il raconte des choses de lui et voilà mais dans l'idée j'ai envie que ça soit un peu les deux que ça intéresse et les gens qui sont portés sur ça ce métier là m'intéresse et du coup la technique m'intéresse mais ce que j'aime aussi c'est que les gens racontent des choses d'eux quoi, d'avoir vraiment un vrai un vrai portrait c'est un peu double quoi, et de la technique et du qui je suis et pourquoi je fais ça et qu'est-ce que j'aime à chaque fois c'est des personnes trop chouettes moi j'ai trouvé que c'était des trop chouettes rencontres donc ces gens là ils ont des trucs trop cool tu vas aller à la rencontre de combien de cadreurs tu me disais tu veux en faire combien à peu près par an et à chaque fois tu te déplaces c'est vraiment tu vas physiquement, tu enregistres des sons dans l'atelier ouais ouais c'est ça qui est trop bien c'est qu'à la base c'était juste un projet photo et après l'idée de faire des enregistrements c'est venu un peu après et c'est un truc que je découvre mais que j'ai envie de faire parce que j'écoute plein de podcasts et que j'aime bien les podcasts vélo mais anglais en français ouais j'en écoute mais je sais pas bon bref j'aime bien ça quoi et combien en combien je sais pas combien j'essaye en fait d'aller voir pour l'instant, j'essaye d'aller voir des gens qui font des choses assez différentes, qui n'ont pas trop le même profil pour que ça soit un peu qu'il y ait une diversité.

Je suis allée voir... En fait, ce qui m'a donné envie de faire ça, c'est qu'il y a ce fameux copain Germain Chaline qu'on habitait au même endroit. J'habitais à Foix avant et on s'est rencontrés là-bas. Et je lui ai dit j'aimerais trop faire des portraits d'artisans ou est-ce que ça te dirait que je viens de faire des portraits de toi, et là, j'avais le temps. Du coup, j'ai passé pas mal de temps dans son atelier, et puis c'est devenu un peu un copain comme ça, et de là, en fait, je me suis dit, ah, mais vas-y, je vais contacter d'autres personnes, j'ai trop envie de faire, je sais pas, j'ai envie de continuer, et puis de fil en aiguille, je me disais, ah, mais peut-être que je pourrais en faire un skin, c'est trop bien, et du coup, j'ai vu un autre copain à Toulouse qui fabrique des cadres de vélo en bambou, qui s'appelle Cyclobam et puis après j'ai vu Avalanche à Paris mais eux j'ai pas fait d'interview avec eux ensuite j'ai vu Yoann puis Soany et les prochaines personnes que j'aimerais aller voir j'aimerais bien aller voir Milk justement parce que du coup ça change ils sont plusieurs c'est une autre manière de faire et du coup le truc des enregistrements c'est venu un peu c'est venu un peu après et voilà comme je me déplace et que je reste j'aime bien en fait rester genre par exemple Johan je suis restée une semaine avec lui quoi chez lui avec c'était trop bien du coup ça me permet de ouais c'est génial ça me permet de vraiment découvrir la vie de la personne en général les gens ils sont trop enfin ils partagent quoi c'est trop chouette et donc moi ça me laisse le temps de me sentir à l'aise et que l'autre personne aussi soit à l'aise et puis ça me laisse le temps de plein de trucs en fait comme du enfin du vrai ouais de tu as la matière en fait après pour et faire des photos et prendre du son c'est trop bien justement il y a un podcast alors on peut peut-être aussi conseiller des podcasts aux auditeurs moi il y en a un que j'aimerais conseiller qui s'appelle La Bordure et qui est un peu inspiré comme ça c'est alors c'est des coureurs pro à chaque fois mais c'est Et il est vraiment avec eux.

Tu vois qu'il a le micro à la main. Ils sont dans la voiture. Ils sont chez eux. Bon, il n'y a que deux épisodes à ma connaissance pour l'instant. Mais chaque fois, le travail est très, très intéressant. C'est un petit peu ce que tu fais, toi. Alors, je ne sais pas si tu connais ce podcast. Mais non, je ne connais pas du tout. La bordure. Je te conseille d'aller l'écouter. Tu me parlais de podcast anglais tout à l'heure. Tu as des titres en tête. Parce que tu nous as quand même confié que tu écoutais beaucoup de podcasts pendant que tu travailles.

Il y a le classique By Cordes podcast. C'est un gars qui fait ce podcast. Il interview plein de gens différents.

Mais j'aime trop son flow. Il a un bon bagout. J'aime vraiment bien comment il anime.

Je trouve que c'est ça qui fait un peu la qualité des podcasts. C'est l'animateur ou l'animatrice qui présente lui il a vraiment un super flow j'aime bien et puis des fois il interview des gens qui sont hyper intéressants ou juste super drôles et c'est chouette et qu'est-ce que j'aime bien alors technique il y a Cobra Frame Building je sais plus comment s'appelle ce gars c'est un cadreur en fait américain en fait ouais c'est un cadreur et ils sont connus je crois que Cobra ils font des outils pour les cadreurs je crois Ouais, exactement, c'est ça. Mais je crois qu'il est tout seul. En tout cas, pour moi, c'est lui. Et lui, il a un podcast qui s'appelle « Shut up and build your bike ». Et lui, pour le coup, il interviewe que des cadreurs et cadreuses vélo. Et il est super drôle.

Lui, pour le coup, c'est super technique et c'est en anglais. Du coup, franchement, je rame pas mal des fois quand j'écoute ces trucs. Mais des fois, c'est super intéressant. J'en avais écouté une qui était super chouette d'une cadreuse qui s'appelle Georgina. Je ne sais plus exactement. Une cadreuse femme. Je crois que c'est un peu spécialisé dans la fabrication de cadres pour les meufs.

Des fois, il y a des petites pépites comme ça. Et puis lui, il est super rigolo. Il fait aussi des vidéos sur YouTube qui sont hyper pointues. Je suis un peu admiratif de ce gars. Déjà, il a une drôle de dégaine. Il a une petite poustache. Je trouve rigolo comment il se fringue. Il fait des super vidéos. En même temps, hyper rigolotes. Et en même temps, hyper pointues, précises. Et il est super jeune.

Enfin, vraiment, il est hyper jeune. et je sais pas, il y a un espèce de truc autour de ce mec, il me dit mais qui c'est qui ce n'est pas, il est drôle Tu me disais en début de l'interview puisqu'on parlait de Nana d'ailleurs toi tu t'investis aussi dans les mouvements féministes c'est ça ?

Tu m'avais dit que tu voulais terminer là-dessus En gros, j'avais envie de parler de ça parce que c'est un truc que j'avais envie d'évoquer parce que pour moi, c'est un truc qui est important et qui n'est pas forcément... J'avais envie de parler d'ateliers vélo, de l'importance des permanences en mixité dans les ateliers vélo parce que je pense que c'est un truc qui fait du bien et qui commence à être...

accepté et... Alors là, c'est pareil, il faut que tu expliques pour ceux qui ne connaissent pas. Ouais. Et bien, comme on a parlé d'ateliers vélo au début,

moi, j'ai fait l'expérience... En gros, j'adore... J'ai pas mal déménagé. Souvent, j'ai pas mal déménagé dans ma vie, quoi. Et à chaque fois, j'ai découvert des ateliers vélo différents. Et puis, j'ai découvert, je ne sais pas, un peu par hasard, Je crois que la première que j'ai faite, c'était vraiment par hasard, c'était à Rennes. J'ai découvert une permanence en non-mixité, à savoir où, en gros, la majorité des personnes qui étaient présentes, c'était que des meufs, là, pour le coup, quand moi, j'y étais.

Et en gros, en non-mixité, ça veut dire que... Mixité choisie, par exemple, tout le monde est accepté, sauf les hommes cisgenres.

Parce qu'en gros, on considère que quand tu vas dans un atelier vélo, la majorité des gens qui sont présents, on va dire, je ne sais pas, 90% des gens qui vont être présents, ça va plutôt être des mecs. Ça dépend bien sûr où tu vas. Et peut-être au fil du temps, c'est de moins en moins vrai. Tu as de plus en plus de filles qui prennent l'espace dans ce type d'endroit.

Mais peut-être que moi, au début, quand je suis arrivée à l'atelier de Montreuil, je constatais autour de moi que c'était quand même blindé de garçons.

Pour le coup, je ne savais pas tenir un tournevis. J'étais nulle et je ne me sentais pas hyper à l'aise. Je ne me sentais pas hyper à l'aise, même si les gens autour de toi sont hyper bienveillants, parce que j'y connaissais rien ou je ressentais comme une espèce de... J'étais pas forcément hyper à l'aise pour prendre mes marques, pour dire que je savais pas faire.

Et du coup, quand j'ai découvert qu'il y avait des permanences qui étaient réservées aux meufs, on va dire, pour faire basique, je me suis rendu compte que j'avais une toute autre... que tout d'un coup, c'était vachement plus évident pour moi de dire que je sais pas faire. C'était beaucoup plus fluide, c'était beaucoup plus simple d'être entourée de gens en fait qui me ressemblent entre guillemets voilà je ressentais pas le regard de l'autre je me sentais beaucoup plus à l'aise quoi et du coup c'est une j'ai vécu ça dans d'autres ateliers et au tout début je pense que quand j'en avais entendu parler j'étais un peu un peu sceptique sur ce genre de pratiques genre bah bon je vois pas trop ce que ça pourrait changer et en fait de le une fois que j'ai expérimenté j'ai compris que c'était trop important que ce genre d'initiative existe parce que il y a plein de gens hommes comme femmes qui ne comprennent pas pourquoi il y a besoin de ça mais en fait c'est vraiment une fois que tu as essayé tu te rends compte que c'est pas du tout la même ambiance et que les meufs en tout cas certaines personnes ont besoin de cet espace là pour se libérer, se désinhiber, s'approprier les outils, s'approprier l'espace, et peut-être qu'après, elles se sentiront plus à l'aise pendant des permanences mixtes pour juste prendre leur place.

C'est juste, j'avais envie de parler de ça, parce que c'est un truc que j'aime bien quand ça existe dans les ateliers ou dans plein de types d'ateliers différents où il y a le manuel qui est en mise en avant.

En fait, c'est trop bien quand c'est une team de meufs où il n'y a pas de gars.

Juste, ça met à l'aise et c'est trop cool. Puis il y a aussi une ambiance qui est différente. Alors moi, pour le coup, j'ai pu tester alors que je suis dans la catégorie homme cisgenre. Mais parce qu'on a mis, du coup, je fais un petit clin d'œil à l'atelier Bicyclette Sauvage à Bordeaux puisque je suis allé faire un portrait d'elle justement lors d'une permanence. Donc, c'est un portrait qui est dans le dernier livre que j'ai écrit avec Louise Roussel qui est Vélo Pratique.

Et c'est vrai qu'il y a une ambiance qui est vraiment, qui est très différente. Mais en même temps, ce n'est pas à moi d'en parler. Tu vois, j'essaie toujours de rester à ma place dans ce genre de truc. J'ai eu la chance de pouvoir participer parce que je suis venu me faire mes photos. Mais après, je me suis très vite éclipsé. Je ne suis pas resté très longtemps justement parce que clairement, j'ai ressenti aussi que ma place n'était pas là. Et ça, c'est vrai qu'il y a plein de gens qui ne comprennent pas forcément.

C'est pour ça que tu veux en parler, je pense. C'est qu'il y a plein de gens qui ne comprennent pas pourquoi. Oui, j'ai eu pas mal de réflexions, mais que ce soit venant d'hommes ou de femmes, de personnes qui ne comprenaient pas spécialement. Et en fait, il faut juste se dire que... Moi, en vrai, je pense que toutes les meufs ont besoin de ce truc-là. Mais il y a aussi certaines personnes...

En fait, on ne sait pas c'est quoi leur vécu, on ne sait pas c'est quoi leur passé, On ne connaît rien de ce qu'elles ont, juste de c'est quoi leur histoire.

Et en fait, pour ces personnes-là, il y a juste des personnes qui n'ont pas du tout confiance ou qui se sentent mal à l'aise juste par une présence masculine parce qu'il y a des choses qui se sont passées dans leur vie ou juste parce que le patriarcat, je ne sais pas.

Après, c'est des choses hyper infimes. Même quand tu n'as pas vécu des choses hyper oppressantes, il y a juste le système dans lequel on vit, il fait que, de fait, souvent, les filles vont avoir moins confiance, ont moins l'habitude de prendre les outils. Donc, juste, elles n'ont pas l'habitude de prendre les outils, n'ont pas l'habitude de réparer ou alors vont avoir une tendance quand un bénévole va venir leur proposer de l'aide, elles vont dire...

On peut facilement se laisser prendre les outils des mains que la personne fasse à notre place même si l'autre personne ne se rend pas compte de ce qu'il est en train de faire mais on se laisse facilement déposséder de sa capacité à pouvoir faire seul et c'est pas forcément évident et du coup quand t'es juste avec des gens qui ont le même passé, background que toi tu te sens plus à l'aise de faire comme t'as vraiment envie de faire ou de dire non, ne m'aide pas, je peux faire tout seul ou je peux faire toute seule et bien en fait tu peux dans cet espace-là tu prends tes marques tu peux tu t'appropries l'espace et les outils et du coup tu te sentiras vachement plus à l'aise de le faire plus tard dans un autre contexte avec des gens qui sont qui peuvent potentiellement t'intimider de base t'intimider et du coup tu te mets un peu en retrait t'oses pas prendre juste t'oses pas être toi ou dire je sais pas faire mais en fait laisse moi je vais prendre le temps de le faire il y a plein de choses des réactions en fait que t'apprends à avoir en étant en meilleure compagnie c'est vrai que ça peut partir d'une bonne intention typiquement t'es le mec tu dis le pneu c'est un peu dur je vais te le faire et en vrai c'est pas le geste à avoir parce que tout le monde a envie d'apprendre, tout le monde a envie de faire ouais ouais tout le monde apprend

à un moment donné et oui exactement c'est pas parce que j'ai pas des grosses paluches que je vais pas réussir à mettre mon pneu et en fait laisse-moi mon temps laisse-moi faire comme moi j'ai envie de faire et tu vas pas me faire mieux que moi ça va aller effectivement ça parle toujours d'une bonne intention je dis aux gens n'hésitez pas à vous abonner au podcast mettre des étoiles si c'est une plateforme où il y a des étoiles si c'est une plateforme où il y a des plus surtout à t'encourager toi Camille parce que voilà il faut que tu nous en fasses plein des épisodes parce que tu as fait jusque là un super travail et commentaire on peut te contacter ah bah ouais comment on peut te contacter Camille déjà j'ai eu du mal t'as dû faire une photo spécialement pour moi je t'ai demandé une photo de profil la photo que je t'ai envoyée que Soany a faite elle est super elle est trop super ouais ah on peut parler de cette photo tiens t'as ton appareil photo argentique dans la main on dirait c'est quoi c'est un plein format c'est celui dont je te parlais on est en Nouvelle-Zélande c'est le 6-6 c'est le roulet flex c'est un roulet corde mais c'est le fameux 6-6 qui passe 2 tonnes et que j'ai mis dans mes sacoches ouais ça fait un format ça fait un format carré tu mets un film 120 et tu fais 12 poses avec et moi je fais plutôt du noir et blanc comme ça je peux développer mes films moi-même où est-ce qu'on peut voir ton travail ?

Oui, j'ai un Instagram qui est un peu porté sur le vélo, bizarrement. Et mon blaze, c'est Camille Pédale. C'est A-M-I Pédale. Et sinon, j'ai un... Avant, Tumblr, c'était une super plateforme. On pouvait mettre des photos en grand et c'était super. Maintenant, ils ont un peu réduit la taille des images.

On peut aller voir mes photos sur grandesvacances.comblor.com grandes au singulier et vacances au pluriel parce que tout au pluriel c'est déjà pris. D'accord.

Peut-être qu'incessamment sous peu je referai un site internet avec mon vrai nom. Voilà. Merci Camille.

À très vite alors. Avec plaisir. C'était cool. Merci à toi.