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Dans la roueS02 · E01

Réviser ses classiques

Avec François Paoletti

1 h 26Par Laurent Belando

Notes de l’épisode

Bienvenue dans cette deuxième saison de « Dans la roue » !

J’espère que vous avez profité de la pause estivale pour faire du vélo. J’en connais déjà quelques-uns qui ont sillonné la France et je ne manquerai pas, bien sûr, de les inviter dans un futur épisode.

De mon côté, vous avez été très nombreux tout au long de l’été à m’envoyer des messages positifs. C’est toujours aussi encourageant. Alors merci ! Vraiment merci ! Surtout, continuez !

Merci également aux magazines et blogs qui ont sélectionné le podcast. C’est particulièrement encourageant. Surtout à une époque où ceux-ci ne cessent de se professionnaliser.

Pour cette saison 2, pas de gros changements pour l’instant. Je reste sur la même ligne, même si, je ne vous le cache pas, je vous prépare quelques petites nouveautés. D’ailleurs s’il y a des sujets que vous souhaitez que j’aborde avec mes invités, n’hésitez pas à m’en parler. Envoyez-moi un message. Cela me sera très utile.

En attendant, j’ouvre cette nouvelle saison avec un invité de marque. Un invité qui fait partie de ceux qui ont opéré, grâce au vélo, un changement de cap radical dans leur vie professionnelle.

Comme vous allez l’entendre, François est un homme de rencontres et j’ai eu l’immense chance de croiser sa route à l’occasion de mon premier livre Vélos Urbains.

En l’espace de quelques années seulement il a signé plusieurs ouvrages sur le cyclisme dont notamment « Miroir du Tour » en 2018 paru chez Tana, de nombreux articles dans différents médias spécialisés comme les magazines 200 et Cycle!. Mais il est aussi le créateur du Classics Challenge bien connu des cyclistes parisiens.

Retour donc sur son histoire atypique et passionnante.

Bonne écoute !

Classics Challenge : https://classics-challenge.cc

Musique :
hila (Artyom – David Kiledjian) / Miropé feat Miguel Atwood-Ferguson © 2020
Morcheeba / Enjoy the Ride © 2008

Transcription

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Bienvenue dans cette deuxième saison de Dans la Roue. J'espère que vous avez profité de la pause estivale pour faire du vélo. J'en connais déjà quelques-uns qui ont sillonnait la France et je ne manquerai pas bien sûr de les inviter dans un futur épisode. De mon côté, vous avez été très nombreux tout au long de l'été à m'envoyer des messages positifs. C'est toujours aussi encourageant, alors merci. Vraiment merci, surtout continuez. Merci également aux magazines et blogs qui ont sélectionné le podcast. C'est particulièrement encourageant, surtout à une époque où ceux-ci ne cessent de se professionnaliser.

Pour cette saison 2, pas de gros changements pour l'instant. Je reste sur la même lignée, même si, je ne vous le cache pas, je vous prépare quelques petites nouveautés. D'ailleurs, s'il y a des sujets que vous souhaitez que j'aborde avec mes invités, n'hésitez pas à m'en parler. Envoyez-moi un message, cela me sera très utile. En attendant, j'ouvre cette nouvelle saison avec un invité de marque. Un invité qui fait partie de ceux qui ont opéré, grâce au vélo, un changement de cap radical dans leur vie professionnelle. Comme vous allez l'entendre, François est un homme de rencontre.

Et j'ai eu l'immense chance de croiser sa route à l'occasion de mon premier livre, Vélo Urbain. En l'espace de quelques années seulement, il a signé plusieurs ouvrages sur le cyclisme, dont notamment Miroir du Tour en 2018, paru chez Tana, de nombreux articles dans différents médias spécialisés comme le magazine 200 et Cycle, mais il est aussi le créateur du Classic Challenge, bien connu des cyclistes parisiens. Retour donc sur son histoire atypique et passionnante, je m'appelle Laurent Mélando et aujourd'hui je vous invite dans la roue de François Paoletti.

Bonjour François ! Salut Laurent ! Tu vas bien ? Écoute, ça va très bien. Ravie de commencer la semaine avec toi. Ah bah écoute, Ravi que tu aies accepté mon invitation On va commencer par la question rituelle L'histoire de nous mettre en condition Quelle est ton humeur musicale en ce moment François ? Bon écoute, j'ai un peu préparé la question Parce que je sais que tu la poses à chaque invité Et écoute, comme je crois qu'on va quand même parler un peu du vélo C'est vrai qu'à chaque fois que j'associe musique et vélo Moi il y a un morceau qui me, pour le coup toujours le même qui me vient C'est Enjoy the Ride de Manchiba Ce n'est pas un truc tout récent, mais évidemment, le type dit bien ce qu'il veut dire.

Et en fait, à chaque fois que j'écoute ce morceau, j'ai toujours cette impression qu'il a été vraiment écrit pour décrire ce qu'on sent quand on fait du vélo. Pour moi, ça m'évoque plutôt des sorties un peu longues, notamment ces moments, notamment la nuit, où on se retrouve un peu face à soi-même sur un vélo dans la nature.

Donc, un peu très, très chargé en termes de sensations, en termes de tripes, en fait, avec des choses assez planantes et assez fortes. Et pour celles et ceux qui écouteront le morceau, c'est vrai que même au niveau des textes, c'est vraiment une poésie qui s'applique parfaitement au vélo. C'est quelque chose que tu fais, toi, écouter de la musique sur le vélo ?

Pas du tout, en fait. Pas du tout. J'écoute des choses sur le vélo, notamment quand ça m'arrive de faire de la distance et de la faire seule. notamment pour un certain nombre de projets je me suis retrouvé à un peu enchaîner les longues journées de vélo avec des moments où on a un peu besoin de se distraire et je suis plutôt écouté des podcasts des trucs sur des sujets vraiment divers mais pas trop de musique plutôt des des histoires plutôt des trucs un peu intellos.

Voilà, c'est plutôt ça que je fais.

Ceux qui ne te connaissent pas encore, parce que malgré tout, tu es assez connu dans l'univers du cyclisme.

Qui es-tu exactement, François Paoletti ? Je ne sais pas comment je dois interpréter pour me prendre ça. Écoute, je suis quelqu'un qui a fait pas mal de choses ces dernières années et j'ai toujours un peu de mal à me résumer moi-même en une phrase j'ai piqué récemment un truc à un copain qui est un grand journaliste et auteur de pas mal de bouquins j'ai vu quelque part je crois que je lui ai piqué sur son livre qui me définissait comme metteur en selle et sans vergogne je lui ai un peu piqué le truc et c'est vrai que je m'aperçois de plus en plus, je me définis un peu comme ça, metteur en selle.

Donc, écoute, j'ai développé ces dernières années différentes activités dans le vélo qui, en fait, ont un peu tout ce fil rouge qui est d'essayer à la fois moi de faire du vélo et puis de développer des projets qui donnent envie aux gens d'en faire et d'en faire ensemble et d'en faire avec moi. Voilà, donc, écoute, j'ai fondé un événement, une série d'événements qui s'appelle le Classic Challenge, dont les gens ont peut-être entendu parler.

J'ai fait, j'ai commis quelques bouquins ces dernières années sur le vélo. Ça m'arrive de temps en temps qu'un magazine me demande une contribution, une pige, ce à quoi je réponds volontiers. Et voilà, pas mal de choses qui ont été faites et pas mal de projets et d'envie pour la suite.

Alors, on va revenir bien sûr sur tout ça un peu plus tard dans l'interview.

Tu n'as pas toujours fait, en tout cas, tu n'as pas toujours travaillé dans le milieu du vélo et pourtant, tu es vraiment passionné par le vélo. On peut le voir en ouvrant tes livres. Qu'est-ce qui t'a amené au vélo comme ça ? C'est une un peu longue histoire. J'ai un peu abordé au travers de livres.

Je fais partie de ces gens qui ont découvert ou redécouvert surtout le vélo à passer la quarantaine. J'ai fait pas mal de choses professionnellement dans ma vie, dans des domaines complètement différents du vélo. Et puis, passé 40 ans, j'ai toujours fait du sport, mais passé 40 ans, j'ai eu envie de monter sur un vélo et de traverser la France.

C'est une petite crise de la quarantaine qui est passée par le vélo et qui s'est traduite par cette envie assez précise de partir de Paris et puis de descendre dans le sud de la France où j'ai une partie de mes origines. Et en fait, a posteriori, je me suis rendu compte que ça correspondait à une espèce de fantasme que j'avais eu quand j'étais vraiment gamin et qu'on partait en vacances en famille, en voiture, et qu'on traversait la France pour justement descendre dans le midi.

Et je me suis souvenu assez précisément que sur le siège arrière de la bagnole, j'avais ce truc qui m'avait traversé l'esprit, de me dire que ce voyage-là, ça aurait été en tout cas un truc assez dingue de pouvoir le faire à vélo. Donc, il y avait une espèce d'envie qui venait de très, très loin, que j'ai réalisée.

Et puis, il y a deux cils en aiguilles, dont je me suis pris au plaisir de faire du vélo.

J'ai eu envie de faire un premier livre autour d'un projet dont on va peut-être parler, qui a consisté à revisiter les grandes courses classiques de la compétition cycliste, les grandes classiques, Paris-Roubaix, les Tours des Flandres, Moulin-Saint-Rénaud, etc.

Et puis le truc a continué, en fait la route a continué, j'ai rencontré des gens, de plus en plus de gens, avec qui j'ai nourri et partagé ce plaisir de faire du vélo et cette envie de faire des choses. Je dirais, depuis, ça n'était qu'une succession de moments à vélo et puis de rencontres avec des gens très divers.

Sur le vélo, j'ai commencé à découvrir des nouvelles pratiques. J'ai participé à des événements comme ceux par exemple qu'organise Chilkoot croyait la bande to ride qui a été, comme pour beaucoup de gens un peu une révélation de ce que procure le vélo quand on allonge un peu les distances et puis du coup ça a été une série vraiment de rencontres humaines de rencontres professionnelles avec quelques opportunités qui se sont faites de faire des livres de penser en tout cas des projets, alors tous ne se sont pas fait mais avec beaucoup, en tout cas, d'envie et de stimulation en termes de créativité et puis l'envie surtout d'en faire un peu ma vie et d'essayer de trouver un modèle économique, en tout cas personnel, d'avoir un certain nombre d'activités qui me permettent de subvenir à mes besoins tout en assouissant des envies et puis tout ça, évidemment, dans le plaisir et dans le partage.

On va revenir, si ça ne te dérange pas, sur ce premier voyage parce que ça m'interpelle comme le thème de ce podcast. C'est vrai que c'est avant tout le voyage à vélo et l'aventure à vélo.

Du coup, comment tu avais organisé ça ? Est-ce que tu es parti avec des sacoches ? comment tu as organisé ça et comment ça s'est passé combien de temps tu as mis et quelle expérience tu en as retiré écoute ça c'est et oui je suis parti alors du coup c'est je suis parti avec des sacoches donc en cyclopourisme du coup j'avais acheté un vélo un vélo vraiment pour l'occasion enfin on m'a offert d'ailleurs un vélo pour l'occasion je ne l'ai pas acheté c'était ma chérie qui a qui a mobilisé un peu les copains et donc ils m'ont offert un vélo qui était un vélo un peu de voyage, plus orienté, un peu VTC, ce genre de vélo.

J'ai mis des sacoches, mes premières sacoches sortiles que j'ai toujours et que j'adore sortir de temps en temps. J'ai pris des conseils notamment auprès de quelqu'un qui est un peu connu. Comme je lui dois tous ses conseils, je vais les citer. C'est Yann Gobert qui est un trailer que les Parisiens connaissent bien et qui fait beaucoup de vélo, beaucoup de gravel aujourd'hui.

Donc Yann, il m'a filé deux trois conseils, il m'a prêté une tente à l'époque. Écoute, et je suis parti, je suis descendu en six ou sept jours à l'époque, donc avec des journées de 150 kilomètres qui me paraissaient 130-150 kilomètres, alors avec un vélo un peu chargé, mais ça me paraissait pas mal déjà à l'époque. J'ai expérimenté, j'ai redécouvert ce que je n'avais pas fait depuis des décennies, c'est-à-dire le fait de camper, d'arriver quelque part, de planter ma tente et de repartir le lendemain matin, de faire ma popote et de repartir le lendemain matin aux aurores.

Et écoute, j'ai adoré, j'ai adoré cette semaine, cette semaine sur le vélo, à traverser, à réaliser ce fantasme que j'avais eu et puis déjà expérimenter tout ce que ce genre de moment nous apporte de beauté des paysages, de satisfaction dans l'effort de quelques rencontres à la fois en route et puis à l'étape voilà ce qui fait l'essence du voyage à vélo et j'avais embarqué deux, trois petits bouquins dans mes sacoches d'auteurs qui écrivent sur le vélo je me suis nourri pendant le voyage et puis j'avais tenu un petit journal le soir avant de m'endormir j'avais commencé à écrire quelques textes en tout cas un texte par jour qui a été en tout cas m'a encouragé et surtout m'a un peu révélé le fait que pour moi ce genre de trip en tout cas était assez lié aussi à l'envie d'écrire et à l'envie de partager Tu avais tracé ton itinéraire à l'avance ou tu t'es laissé porter par la route ?

Je l'avais tracé à l'avance c'était avant les appuis, c'était avant Strava avant Komoot, avant les applis actuelles, enfin c'était une appli, il y avait une appli allemande qui s'appelait Bike Map, je crois à l'époque, alors du coup qui permettait de tracer, sachant que il n'y avait pas le couplage, en tout cas avec le téléphone, donc il n'y avait pas de GPS, je ne pense pas que la navigation sur GPS existait, donc j'avais édité des espèces j'avais imprimé des cartes papier j'avais tout un petit un petit botin de cartes papier ça c'était aussi marrant, c'était une des satisfactions tout au fil du voyage de m'alléger de toutes les cartes que j'avais déjà parcourues donc c'était un peu, c'est marrant parce que du coup à quelques, alors ça ça remonte à 6 ou 7 ans ce voyage c'est déjà, sur ce plan là c'est déjà un peu une éternité en termes d'outils d'outils de navigation Et tu ne regrettes pas de t'en être débarrassé, justement, de ne pas avoir gardé ce petit...

C'était un peu pourri. Franchement, le design était quand même un peu brut de chez brut. Ça n'avait pas trop de valeur esthétique. J'ai ça dans... Du coup, tu vois, le souvenir est présent. Et de ces petits carnets, tu en as fait quelque chose ? Est-ce que ça a participé à l'écriture de tes livres ou est-ce que c'est un projet que tu as dans le coin de ta tête ? Non, écoute, j'en ai fait un petit, tu sais, un petit, comme on peut le faire sur Internet, j'avais fait un petit book, un truc en édition, en auto-édition.

Donc, j'avais sorti, je ne sais pas, 5-6 exemplaires, je m'étais commandé avec un peu de texte photo, parce que du coup, j'avais fait quand même quelques photos pendant le voyage. Du coup, j'en ai un, moi, du coup, à la maison. J'ai dû le filer un peu à les proches. J'en ai filé quelques-uns aux proches. Je pense qu'il y a des copains qui avaient suivi. Alors, du coup, il y avait quand même les réseaux sociaux. Ils étaient quand même déjà actifs.

Donc, j'oubliais ça quand même le soir. C'est vrai que les copains ont suivi. Donc, je dirais que ça n'a pas beaucoup de valeur. C'est très, très, très court, etc. Mais en tout cas, ce qui est clair, c'est que ça m'a procuré beaucoup de plaisir et ça m'a encouragé. ça m'a en tout cas donné envie de poursuivre et peut-être d'allonger un peu les parcours et puis les textes aussi Alors tu as commencé par les livres par le journalisme J'ai commencé par un bouquin en fait, j'ai commencé par un bouquin qui s'appelle Eddy qui m'a conduit sur les routes de toutes les grandes classiques des compétitions cyclistes ces grandes courses qu'on appelle les classiques d'un jour l'instant remote Tour de Lombardie Tour des Flandres Liège-Bastogne-Liege Paris-Roubaix Paris-Tour etc et en fait bon ben du coup je vais être un peu bavard mais c'est en rentrant en rentrant de vacances à vélo avec ma chérie en Italie je suis tombé en fait sur l'auteur qui parle beaucoup de vélo qui s'appelle Bernard Chambas qui a pas mal écrit sur qui fait beaucoup de vélos et qui a fait des bouquins sur ses voyages à vélo.

Et je l'ai rencontré en fait, je suis tombé sur lui vraiment par hasard à la fête de l'Huma, on s'est mis à discuter et nous on rentrait vraiment d'un voyage cyclotouriste en Italie, on a parlé d'Italie et on a parlé de Milan Sanremo. Donc on en est arrivé à parler de cette course. Et donc, je savais que lui avait un attachement particulier à cette course-là, qu'il avait roulé le parcours lui-même plusieurs fois.

Et en fait, à partir de cette discussion-là, je me suis un peu questionné sur justement ce patrimoine des classiques en me disant que c'était un vrai patrimoine, qu'il y avait assez peu de choses qui avaient été faites en termes de livres et de récits autour de ces courses-là. Il y avait évidemment plein de choses qui avaient été écrites sur le Tour de France, énormément, je pense que ça se compte par milliers.

Par contre, sur les classiques, il n'y avait pas forcément tant de choses que ça et qu'il y avait en tout cas peut-être le moyen d'imaginer un projet qui combine le fait de rouler ces parcours, d'aller sur place et de les rouler dans des conditions qui consistent à les rouler en intégralité et puis à en tirer un récit.

Je ne savais pas au départ très bien comment j'allais m'y prendre. Et puis, de fil en aiguille, c'est un projet qui s'est étalé sur une saison, en gros une année, parce que les parcours, je les ai faits les uns à la suite des autres. Et puis, l'idée du livre s'est construite un peu en cheminant aussi. Et c'est vrai que c'est un peu ce premier projet qui m'a mis le pied à l'étrier de, je dirais, un peu à tous les niveaux, au niveau de me dire que c'est vrai que j'étais capable de rouler des parcours de plus de 200 kilomètres ou d'entre 200 et 300 kilomètres.

Donc, c'est vrai que ça donne des perspectives en tant que cycliste de se dire qu'on peut aller assez loin sur le vélo. Et puis après, sur un plan un petit peu plus professionnel, Du coup, un bouquin, on a entraîné d'autres. Et puis, des rencontres, comme je te le disais tout à l'heure, avec plein de gens. Et puis, il y avait un truc, une espèce de truc qui était lancé.

Je crois d'ailleurs qu'on s'est rencontrés quasiment tous les deux à ce moment-là. Toi, tu sortais ton vélo urbain. C'était au lancement de vélo urbain que je t'ai rencontré. Exactement. Et donc, ces classiques, tu les parcourais en conditions de course ? C'est-à-dire que tu les faisais vraiment sur une journée ? Oui, il y avait un bref parti pris d'engagement, en fait, consistant à les rouler en intégralité.

Après, ce n'est pas du tout des conditions de course, évidemment, parce que je ne les parcourais pas du tout sur un rythme de course. Oui, j'imagine que tu avais une assistance et vous faisiez des photos. Oui, j'avais une assistance, pas sur tout, parce que du coup, c'est un projet qui s'est fait au départ un peu à la débrouille. Mais j'ai un photographe qui m'a rejoint un peu alors que le projet a été lancé, que j'avais déjà fait trois classiques.

Et c'est vrai que du coup, c'est Rome avec qui on a fait notre livre ensuite. C'est vrai que du coup, Rome était en voiture, lui faisait les photos. Donc, c'est vrai que du coup, ça faisait une forme d'assistance parce que j'avais quand même la possibilité de laisser des affaires dans la voiture. Mais après, c'est vrai qu'il y avait quand même un parti-tri assez réaliste qui consistait à partir du point de départ, à aller jusqu'au bout.

Et lui faisait son travail de photo vraiment au fil de la route. Et moi, je faisais ma route sans trop me préoccuper de lui. Donc, on avait une espèce de démarche assez indépendante. parce qu'il y avait cette volonté que moi, je sois quand même tout seul pour laisser aussi le cerveau travailler, que ce soit, voilà, qu'il n'y ait pas trop d'assistance.

Oui, parce que souvent, en photo de vélo, il y a de la mise en scène, on te demande de refaire plusieurs fois le même virage ou la même montée. Là, ce n'était pas du tout le cas. Non, ce n'était pas du tout le cas. Alors, c'est vrai qu'au fil de… Si on veut être un peu franc, c'est vrai qu'au fil du projet et puis après au fil des bouquins c'est vrai qu'après on intègre d'une manière ou d'une autre quand même les contraintes du photographe et c'est vrai que quand on arrive et qu'on sait qu'on se rend compte qu'on aperçoit la voiture et qu'on sait qu'il doit être quelque part planqué pour shooter c'est vrai que je pense que du coup on intègre ça et on fait un petit peu gaffe pas la façon dont on va se positionner sur la route, un peu la façon dont on va se tenir sur le vélo, mais c'est vrai que tout ça, ça s'est fait au fil du temps, mais au départ, moi j'étais complètement novice dans tout ça, et c'était une chouette expérience.

Et ça fait quoi de se retrouver comme ça, un petit peu forcé quelque part, j'imagine que c'est quelque chose que tu n'avais pas anticipé, de se retrouver sur les photos, un petit peu en star de ces photos, alors que toi tu étais là pour écrire ton livre et ben écoute parce que t'as même fait une couve je crois que c'était une couve de cycliste ou de 200 ouais ouais ouais j'ai fait une couve de 200 j'ai fait une couve d'un magazine suisse qui était notamment à la fois l'éditeur d'un magazine qui s'appelle Cycle et qui a été l'éditeur de ce livre aussi écoute je pense que ça a satisfait je vais être très franc avec toi Je pense que ça a satisfait une espèce d'ego trip.

Donc, j'étais sur le moment assez, je pense, un peu fier et assez content. Et puis, du coup, ça a quand même participé à me donner de la visibilité, à m'ouvrir des opportunités. Donc, je ne vais pas du tout cracher dans la soupe. Mais il se trouve quand même que j'en suis, je pense, un peu revenu. Et notamment, si je pense au livre, on a refait un livre avec Rome qui s'appelle « Miroir du Tour », qui reprenait un peu le même principe, mais cette fois-ci sur des étapes un peu mythiques et légendaires du Tour de France, que j'ai roulées et qui ont alimenté un récit un peu du même ordre, C'est-à-dire mêlant à la fois la grande histoire, l'histoire du Tour de France, des grands champions qui étaient concernés par les étapes en question.

Et puis un peu la petite histoire, ma petite histoire lors de ces étapes, avec un récit un peu mêlé. Mais c'est vrai que pour ce bouquin-là, on a vraiment travaillé avec Rome, notamment au niveau des images, pour que le site-list soit beaucoup moins présent que sur le premier livre. L'idée était que le sujet, c'était beaucoup plus les étapes.

En tout cas, j'ai eu envie que les chuteaux vraiment mettent en valeur les paysages incroyables que j'ai traversés et que le cyclisme soit vraiment ramené à un élément du paysage, mais soit beaucoup moins au centre et beaucoup moins mis en avant. C'est vrai que c'est une posture beaucoup plus modeste. et c'est vrai qu'au final, elle me va mieux.

Parce que ce que tu n'as pas dit, c'est vrai que finalement ça se ressent, alors aussi bien par rapport à ce que tu viens de dire, mais même par rapport au sujet de tes livres, c'est vrai que le premier, c'était finalement, certes, un livre sur les classiques, mais par le prisme d'un personnage, ça tu ne nous en as pas parlé, c'était le personnage d'Eddie Merckx ? Oui, alors là du coup, on va vraiment rentrer dans l'histoire de ce livre-là, c'est que le sujet du livre est venu de cette rencontre avec l'écrivain Bernard Chambas dont je parlais.

De là est née cette idée de faire quelque chose sur les classiques. Et puis, du coup, je me suis mis un peu au travail en essayant de trouver par quel biais prendre la chose. Et en travaillant sur l'histoire des classiques, Il y a un nom qui est ressorti évidemment très très fort, c'est le nom d'Elimerx, qui pour ceux qui ne le connaissent pas, est un coureur belge de la fin des années 60, surtout des années 70, qui fait partie des quelques coureurs qui ont gagné 5 fois le Tour de France et dont une partie des gens qui suivent la compétition cycliste pensent que c'est l'un des plus grands cyclistes de tous les temps.

et il se trouve que c'était une époque où les coureurs couraient à la fois les grands tours mais aussi les classiques donc les coureurs très très polyvalents et Eddy Merckx, quand on regarde le palmarès des classiques, c'est le coureur qui en a le plus gagné je dirais qu'une fois sur deux quand il était au départ il les gagnait et en fait il se trouve que Eddy Merckx ça représentait quelque chose pour moi Parce que moi, étant né en 68, c'est vrai que mes premiers souvenirs, les premiers échos de cyclistes et de courses cyclistes, forcément renvoyaient à Eddy Merckx, puisque au début des années 70, c'était vraiment Merckx la figure du champion cycliste absolu.

Donc du coup, dès classique, je suis arrivé à Merckx. Et puis de Merck, je suis revenu à moi en fait et à un certain nombre de souvenirs personnels. Et je suis même revenu à Bernard Chambaz avec qui j'avais eu cette discussion parce que Bernard Chambaz, il a écrit quelque part que c'est à peu près au même âge qu'on apprend à lire, à écrire et à faire du vélo. Et à ce moment-là, quand on est en train de réfléchir sur un projet d'écriture d'un livre qui parle de vélo, il y avait quelque chose là qui était une espèce de boucle de roues qui était complète et donc du coup le livre a consisté en fait en une espèce de mise en scène de mise en situation où un coureur amateur enfin un coureur même pas un cycliste lambda totalement comme on en met tous les week-ends sur les routes s'est mis à jouer à se prendre pour Eddie Merckx à la manière un peu des gosses qui se prennent pour les figures de champions un peu connues dans leur sport et en l'occurrence c'est vrai que dans ma génération quand on était môme quand on montait sur un vélo on ne se prenait pas pour Poulidor on se prenait pour Merckx et donc le bouquin raconte ça raconte une histoire d'un cycliste qui part sur ces routes là qui part en fait un peu à la rencontre ou à la poursuite d'un espèce de fantôme qui était dimanche donc le récit il entremêle ses figures la figure du cycliste ordinaire la figure du champion et puis des souvenirs personnels et puis aussi la grande histoire la grande histoire du vélo 300 mètres pour Merck qui fonce les coudes écartés qui est en train de donner le temps à tous les coureurs qui ne savent pas prendre de risque Bravo Merck !

Et si je le dis comme ça sur l'antenne avec mon enthousiasme je dois vous dire que pendant les 100 km où j'ai suivi mais où tout au moins je pressais des Merck où j'étais devant lui dans ma voiture debout, je ne pouvais pas m'empêcher de crier, bravo Mère, allez Eddy allez Mère je l'ai prononcé mille fois, deux mille fois, tu veux faire quelque chose de fantastique et je suis content d'avoir fait crier sur l'antenne, bravo Mère c'est un signe, son palmarès est unique et sa classe c'est peut-être aussi, jamais peut-être l'on a connu un champion d'une telle qualité, c'est un peu la variante cycliste du planter un arbre, écrire un livre et fonder une famille écoute, je sais pas du coup ce serait faire du vélo, écrire un livre et fonder une famille du coup c'est une phrase j'ai l'impression de l'avoir répété tant de fois que ça me vient de être un peu ridicule mais c'est vrai que le vélo est un des sports qui a le plus produit de livres et de littérature c'est pas anodin il y a quelque chose qui a vraiment parti lié entre ce sport ce sport et les livres c'est vrai qu'en proportion le foot qui est encore plus populaire aujourd'hui que le vélo si on prend dans l'histoire du foot c'est vrai que le rapport de nombre de livres qui ont été écrits sur le foot on va dire de livres d'albums ou de photos mais ça doit être de 1 à 100 le rapport c'est vrai que le vélo a inspiré plein de grands écrivains et puis de moins grands écrivains.

Mais il y a quelque chose qui est assez... Il y a une relation qui est à peu historique qui est assez naturelle. Et du coup, effectivement, alors tu as eu un... Toi, tu as quand même écrit, alors si je ne me trompe pas, trois livres sur le vélo.

C'est parce que ce premier livre a eu un certain succès. Il y a eu ce qu'on appelle un succès d'estime, non ? que tu t'es lancé dans les autres livres ou tu avais déjà en tête d'écrire donc ensuite je crois il y a eu Monument du cyclisme peut-être un an après t'en as écrit un deux ans quasiment et puis Miroir du Tour dont tu nous as parlé ouais ouais c'est ça ouais du coup c'est pas à toi que je vais

enfin c'est pas à toi que je vais étonner en disant ça mais c'est vrai qu'on y prend goût qu'il y a un vrai plaisir à faire des à faire des bouquins d'ailleurs c'est surtout le principal moteur le plaisir de le faire parce que c'est quand même beaucoup de boulot et en tout cas à mon niveau je dirais que c'est pas les retombées financières du livre qui sont la première motivation je suis content écoute et puis je vais te faire rire une deuxième fois parce qu'en fait le deuxième bouquin il s'est fait le deuxième bouquin on a partagé la même éditrice on semble savoir à ce moment là mais il se trouve que que Marie à qui je fais coucou je l'ai rencontré lors d'un vernissage, lors du lancement d'un livre sur le vélo d'ailleurs qu'elle éditait.

Et puis, écoute, comme je l'ai trouvé sympa et qu'elle m'a trouvé sympa, en fait, lors de ce vernissage, je lui ai fait tout un numéro en lui disant qu'il fallait absolument qu'on fasse un autre livre sur les classiques, etc. Et ça s'est traduit par un projet complètement dingue qui a été absolument génial à faire et complètement débile parce qu'épuisant, parce que complètement chronophage et tout ce qu'on veut.

Mais c'est un bouquin qui s'appelle Monument du cyclisme qui raconte l'histoire des classiques, des mêmes courses mais d'un point de vue un peu plus fouillé, un peu plus analytique avec l'histoire de ses courses, les grandes figures, les parcours, avec des parcours accessibles aux lecteurs pour pouvoir les refaire, etc.

Mais ce qui a été génial, c'est que ce bouquin, on l'a fait, donc je l'ai fait avec des copains. Donc j'ai monté une équipe de production pour le faire,

donc avec des gens pour être sur des images, parce qu'on est allé, voilà, pour être sur des images. On a écrit les textes à deux avec Foucault Duchange et puis Joran Hoops aux photos et Mathieu Lipschitz qui a fait toute la direction artistique. Et en fait, c'est cette petite équipe. On est partis faire le bouquin ensemble dans un grand camping-car et on s'est baladé entre la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne.

Donc, on est allé vraiment sur les parcours de ces courses-là Et on a fait toute une production photo et puis après d'écritures. Donc c'est un bouquin qui, sur le plan de la production, est complètement absurde, avec des coûts totalement exorbitants au regard de ce que ça rapporte. Mais par contre, humainement, ça a été assez génial parce qu'on a voyagé dans ce camping-car pour aller sur les parcours.

On a fait du vélo, on a rencontré des gens, on a dormi sur les lieux les plus mythiques du vélo. On a passé par exemple une nuit en haut du podium de San Remo.

Voilà, donc des souvenirs assez incroyables. Donc, j'aurais bien aimé faire partir de ce camping-car des monuments du cyclisme, ça a dû être une belle aventure. Ça aurait mérité, on n'avait pas les moyens, mais ça aurait mérité un petit making-of, d'avoir un petit film. On avait déjà beaucoup trop de choses à faire, mais c'est un peu dommage qu'on n'ait pas là pour pouvoir garder quelques souvenirs supplémentaires parce que c'était assez...

Vous l'avez bouclé en combien de temps, ce livre ? Ça a été complètement débile. On a fait ça, on est partis en... On a fait ça, je crois, si je me souviens, en trois séquences. Une première, on a fait Belgique-Pays-Bas. On a dû faire ça en 5-6 jours Belgique-Pays-Bas, 4-5 jours en Italie.

On est passé à Saint-Sébastien, donc en Espagne. De l'Italie, on est allé en Espagne pour retraiter la Classica Saint-Sébastien. On est rentré, on a fait ça, je ne sais pas, en 15 jours cumulés, mais avec, pour le coup, un bilan carbone pas terrible parce que du coup, on a quand même très malé le cantine car dans toute l'Europe et un bilan fatigue délirant.

On est rentré sain et sauf, c'est déjà pas mal, mais voilà. Dis-toi quand même que la chance que tu as, toi, c'est que tu ne fais que les textes. Oui, mais alors du coup, là sur ce projet-là, j'ai fait les textes et j'ai fait un peu la prod.

Et du coup, à l'échelle de ce genre de projet, tu fais les textes, tu vas faire les cours. Et j'ai conduit le camping-car, surtout, je me suis tapé, 4000 bornes, parce que sur la petite équipe qu'on était, je crois qu'on était deux à avoir le permis. Donc, la conduite du camping-car, ça reste, pour le coup, très présent dans mon souvenir.

Mais du coup, tu es devenu, grâce à ces livres, quand même une référence dans tout ce qui est sujet qui concerne les classiques et puis plus largement le cyclisme professionnel et les Tours de France. Tu étais passionné avant de te lancer dans cette aventure-là. Comment ça s'est passé ? Parce que finalement, pour devenir comme ça…

Une référence, c'est gentil.

Vraiment, je ne me prétends pas être une référence, mais ce n'est pas de la fausse modestie. C'est que j'ai une culture qui est très supérieure à beaucoup de gens, mais qui est en même temps très intérieure aux vrais spécialistes. Je ne suis pas du tout un spécialiste. Quand j'aborde un sujet, j'ai pas mal besoin de travailler, de bosser notamment sur des archives, etc. parce que ma culture a vraiment pas mal de limites.

Il se trouve qu'il y a des gens qui ont considéré qu'il y avait peut-être une façon un peu différente de prendre les choses. Et en tout cas, si je dois définir un peu ce qui me guide, c'est de tirer des fils, en fait, de construire un peu des passerelles entre les initiés, en fait, entre vraiment une espèce de monde un peu fermé qui était celui du sport, du cyclisme professionnel un peu historique, vraiment des vrais spécialistes, et puis le grand public, en fait,

et notamment un public peut-être un peu, je dirais, de cyclistes jeunes, et qui n'ont pas forcément, eux, ce fond de culture-là, et qui, pour certains, s'intéressaient ou ne s'intéressent pas forcément beaucoup, notamment à ce patrimoine, à l'histoire, etc. J'ai une anecdote, lors d'une signature d'Eddie, du premier bouquin, d'un jeune, par rapport à moi, qui est venu me voir en me remerciant et en me disant que c'est la première fois qu'il a acheté un bouquin sur le vélo, et sur l'espoir du vélo quand tu connais ça aussi c'est le genre d'anecdote ça a beau d'avoir une personne mais tu te dis pour cette personne là ne serait-ce que pour cette personne là il y a un truc un peu utile ou en tout cas il y a un truc qui me fait plaisir donc Donc, moi, ma posture par rapport à cette histoire-là, un, c'est déjà de la revisiter le plus possible à vélo.

C'est vrai que par rapport à pas mal de projets ou de bouquins plutôt de journalistes, d'historiens du vélo qui ont plutôt un regard un peu plus distancié et puis surtout qui a un regard soit depuis leur bureau, soit depuis une bagnole. Et c'est vrai qu'il y a ce parti critique d'expérimenter, de ressentir cette histoire à travers les parcours et de le faire à vélo.

Et puis après, d'essayer quand même d'assumer en tout cas le fait d'avoir un point de vue d'un cycliste ordinaire.

Moi, je ne suis pas très axé sur la performance. Je ne suis pas axé du tout moi-même sur la performance. Et donc, si ce n'est d'être capable de faire ses parcours, je me dis que c'est déjà pas mal, mais je ne veux pas prétendre à un point de vue de spécialiste, en tout cas, ni de l'histoire, ni de la performance, etc. Donc, c'est une façon, en tout cas, de l'aborder d'une manière un peu plus slow, un peu plus sur le plaisir.

Il y a de l'engagement sportif, mais il y a surtout beaucoup de plaisir et le fait de pouvoir quand même lever le nez et regarder les paysages et puis c'est vrai que par rapport à la course nous on est tout seul moi je suis comme tous les cyclos qui vont se faire l'école un peu hors saison, pas au mois d'août etc, c'est vrai que quand on se retrouve tout seul dans ces paysages là c'est vrai que ça procure des sensations assez fortes Est-ce que pour toi c'est une forme de voyage de faire ces cols cyclo-sportifs ?

Oui, clairement. Oui, quand tu fais 250... Surtout, dans l'occurrence, que ce soit les classiques ou que ce soit les grandes étapes du tour, ce ne sont pas des boucles. Donc, tu pars d'un point A, tu vas à un point B, tu t'es fait 250, 200 et 300 kilomètres. Tu as un paysage qui a changé. Tu as changé de département, tu as changé de région.

Tu découvres des coins aussi, dans certains cas, où tu n'as jamais mis les roues. Donc oui, il y a quand même des points communs. Il y a une dimension de voyage. Pour moi, oui, c'est assez clair. Et du coup, avant qu'on parle de ton Classic Challenge,

je ne résiste pas à l'envie de te poser la question. Tu as des projets de livres en cours. Parce que là, on voit le dernier, 2018. Alors, il se passe quoi ? Il y a eu un petit trou depuis ? Déjà, j'en ai un en cours, mais qui va être, la sortie est reportée du fait de ce qu'on vient de vivre, du Covid, de la crise sanitaire, etc.

Donc, avec l'éditeur, c'est un moutin qui va sortir chez Solar et donc on va le reporter à 2021 parce que le sujet dont je reparlerai plus tard, mais le contexte n'est quand même pas hyper propice. donc il y en a un en cours après pour être là encore très franc avec toi depuis Miroir du Tour j'ai consacré pas mal une partie de mon énergie au Classic Challenge dont tu viens de dire qu'on va parler donc après c'est aussi à l'échelle d'un individu c'est aussi après des moments aussi où tu dois faire des priorités et puis allouer un peu ton temps et ton énergie à certaines choses plutôt qu'à d'autres donc voilà je me suis pas fixé le fait de me dire une année, un bouquin par an de façon obligatoire donc là il y a eu un petit peu plus de délai il y en aura un peu plus il y en aura un supplémentaire du fait que le prochain est reporté et puis il y en aura d'autres ensuite ça c'est quand même une certitude j'ai Rommel, le photographe qui me harcèle à peu près tous les 3-4 mois j'ai fait coucou Romm, un bisou en me disant qu'on fait ce qu'on fait le prochain il y a des moments où je dois aussi faire un peu des arbitrages en termes de priorité

l'aventure. Le vétéran Benoît Faure, âgé de 49 ans, déclenche dès le début les hostilités et s'échappe tout seul. Sur le chemin du retour, les leaders croisent les retardataires. Au fur et à mesure qu'on se rapproche de Paris, la lutte s'intensifie. Cinq hommes sont encore ensemble à Mortagne. Mais le bel Gendrix gagne de peu au sprint devant Neville, au parc des Princes, ouvrant les 1182 kilomètres de la gigantesque randonnée à la moyenne de 28,95 kilomètres.

Écoute, c'est la transition parfaite pour que tu nous parles un petit peu de un petit peu plus de ce Classic Challenge et peut-être un peu aussi après du Grand Tour Paris. Peut-être que tu pourras nous en donner un mot. Tu es depuis organisateur du Classic Challenge. Tu en as parlé un petit peu tout à l'heure. Moi, je suis curieux de savoir qu'est-ce qui t'a donné l'envie alors que tu étais dans l'écriture de ces livres de lancer dans l'aventure de l'organisation d'événements où je crois que Classic Challenge, c'est plus de 4000 membres.

il me semble 6.343 ce matin qu'est-ce qui t'a amené à créer ça parle-nous un petit peu de ce que c'est comment ça se passe peut-être un peu la genèse donc la genèse il y a un fil il y a une continuité avec l'histoire du vélo et les sujets dont on parlait juste avant en fait je suis tombé un jour sur un article dans le magazine Cycle que j'ai déjà cité d'un historien du vélo qui s'appelle Jean Durie et qui racontait l'histoire du vélo à Paris en fait et des courses, enfin des courses de vélo à Paris et comme je te le disais moi, il y a plein de choses que je découvre tout le temps et cette histoire là je l'ai trouvée assez saisissante parce que du coup j'ai découvert, j'ai appris que les courses de vélo étaient nées à Paris. La première course de vélo Paris-Rouen était partie de Paris et que en mémoire, je crois que de 1869 6 ou 9 et à partir de là, que tout au long de la fin 19ème et tout au long du 20ème siècle que Paris a été le point de départ de plus d'une centaine de courses.

Donc plus de Paris, on a fait des courses en allant partout, à peu près partout, entre 200 et de 100 et 400 kilomètres, on peut voir un peu plus. Et là, je ne parle que des courses d'un jour, des courses vraiment sur une journée. Et en fait, je me suis interrogé sur cette matière en fait en disant que je trouvais ça en tant que cycliste parisien, qu'il y avait quelque chose que je trouvais intéressant dans le fait de se dire qu'on était quelque part un peu les héritiers de tous les coureurs génération après génération qui avaient participé à ces courses-là.

À partir du moment où on roulait en chevreuse dans le Vexin, partout autour de Paris, virtuellement, on croisait la route de ces pistes-là. Et je me suis dit que pour un bouquin, c'était peut-être une matière un peu trop écroite, un peu trop niche, et que ça n'allait pas forcément ça n'avait pas forcément le pouvoir d'intéresser des millions de gens mais ce qui m'est venu en fait c'est plutôt un truc autour du partage avec cette idée qu'en fait si on était un peu les héritiers, un peu symboliquement de ces gens-là, qu'il y avait peut-être quelque chose à imaginer et écoute, assez naturellement, ce qui m'est venu c'est l'idée d'en faire plutôt des événements en fait des événements consistant à faire du vélo et à faire du vélo un peu sur les traces de ces anciens parcours-là.

Alors, du coup, je ne suis pas très, moi, branché sur le vélo. Ce n'est pas trop ma culture, le vintage. Donc, du coup, j'ai plutôt essayé de réfléchir en me disant qu'il y avait peut-être une forme à trouver qui soit à la fois qui parle de ce patrimoine historique, mais qui parle, en fait, au cycliste d'aujourd'hui qui, sur tous les plans, que ce soit en termes de manteau, que ce soit en termes aussi de mode de vie, de toutes les contraintes, les possibilités qu'on a aujourd'hui quand on fait du vélo.

Et ce qui m'est venu, en fait, c'est un format, quel format, en fait, du Classy Challenge ? Je passe peut-être sur quelques détails, mais où, en fait, une fois par mois, on propose, en tout cas, on invite notre communauté, donc un peu plus de 6 000 membres à date, on les invite en fait à faire un parcours qui s'inspire d'une course historique.

Et on est sur des parcours qui… Alors, on s'adresse jusqu'à aujourd'hui plutôt au haut de la pyramide des cyclistes parce qu'on est sur des parcours qui vont d'une centaine de kilomètres les mois d'hiver, de décembre et janvier à plus de 200 l'été.

Et donc, en tout cas, au départ, vraiment, le parti pris, c'était de revisiter, en fait, un parcours. Donc, le Paris-Rouan, le fameux Paris-Rouan, qui a été la première course de vélo dans l'histoire, on l'a revisité, nous. Alors, évidemment, on a retravaillé. La première course en ligne, attention. Oui, c'est ça. C'était une course sur une journée. Voilà, une course sur une journée, en parcours de Paris pour aller à Rouen.

Donc, en 1869, les coureurs qui ont participé à la course, ils l'ont fait dans la journée. Donc, de la même manière, nous, on fait des parcours à la journée. Mais évidemment, on ne suit pas les parcours un peu historiques des courses en question, parce que les routes ont énormément changé. Et au contraire, nous, on s'attache à créer des parcours avec un cahier des chars qui est assez précis sur le fait de n'avoir que des routes à très très faible circulation.

On va chercher des routes assez insolites avec du paysage, avec toujours un peu de la difficulté pour pimenter les choses et pour produire en fait une expérience de vélo sur une journée qui soit la plus riche, la plus top possible. Et par rapport à ce que tu disais tout à l'heure, Pour démontrer que sur une journée, quand tu pars d'un point A et que tu vas à un point B, tu produis un voyage, une espèce de micro, un vrai voyage.

Parce que tous les 30 kilomètres, le paysage change, qu'on passe de plateau dans des forêts, dans des vallées, on a des bosses, on a des éléments de patrimoine qu'on découvre au détour d'un virage. Et donc ça, ça fait quatre ans que ça dure. Enfin, on est dans la quatrième saison. Et nonobstant la crise du Covid qui forcément a mis un peu tout en stand-by au niveau des événements sportifs.

Mais en tout cas, on a une communauté qui continue de se développer, qui est hyper enthousiaste. Alors justement, on va en parler de ce fameux Covid. Mais juste pour revenir sur quelque chose que tu viens de dire, C'est vrai que, bon, moi, tu m'avais contacté au tout début du projet, avant même le premier Classic Challenge. Et c'est vrai que la chose qui m'avait marqué, moi, c'est le soin avec lequel tu avais tracé les itinéraires.

C'est vraiment quelque chose qui a fait votre succès. Et puis maintenant, même en parler avec les gens qui ont déjà participé, c'est vrai que les maps, comme on dit, sont hyper léchées. Et si vous ne connaissez pas les Classic Challenge, Moi, je vous encourage, ce n'est pas pour te faire de la pub, François, mais vraiment à essayer de participer à une édition. C'est une expérience garantie. Oui, les retours qu'on a montrent que c'est du zéro risque sur les parcours.

Du coup, ça t'oblige à faire énormément de reconnaissance, ce genre de... Tu en fais un par mois environ, c'est ça ? Non, ce n'est pas environ, c'est un par mois. En fait, c'est un par mois. Oui, c'est une grosse partie, c'est une partie importante du boulot. Effectivement, tout le travail de maths va partir d'une idée, à partir d'une destination, d'une réflexion sur la façon dont on va chercher.

Et puis, une fois qu'on a posé une première trace, c'est un, deux, trois passages à vélo, toujours à vélo, et avant de trouver vraiment la bonne formule.

Et bon, du coup, c'est important que je cite Romain Beauvillard qui, depuis un bon moment maintenant, est le mappeur en chef du Classic Challenge. Donc, c'est vrai que cette partie du boulot, c'est Romain qui la prend largement en charge.

Moi, je suis plus un sparring partner. C'est-à-dire que je fais vraiment une grosse partie des recos avec lui. Et c'est aussi une grosse partie plaisir de ce projet-là. Ça nous préfère pas mal de bornes au fil de l'année. Et toujours avec à l'esprit le fait qu'on va emmener des gens sur cette face-là.

Donc, il y a quelque chose d'assez fort dans le fait qu'on cherche pour la communauté. Et c'est vrai que quand on a les retours après chaque classique ou lorsque les gens les font d'une manière autonome, c'est vrai qu'on reçoit un nombre de messages de remerciements. Parce que tu fournis les itinéraires pour ceux qui auraient envie de les faire à d'autres moments ?

Oui, alors comme je te disais, il y avait une volonté d'essayer d'être assez moderne dans pas mal de niveaux. Donc, on crée des parcours, les parcours sont créés à 100%. Et le Classic Challenge, à partir du moment où les membres, donc les gens qui s'inscrivent sur notre site gratuitement font partie de la communauté, donc sont les membres du Classic Challenge.

Et chaque mois, lorsque le parcours, le nouveau challenge est révélé, Donc, le parcours est mis en partage et chacun a la possibilité de faire son challenge, donc de rouler ce parcours-là, soit en groupe à une date qui est indiquée, qui est vraiment une date de rendez-vous où les gens vont rouler en groupe et par groupe d'allure.

En tout cas, ils vont partir par groupe d'allure de manière à ce que chacun puisse, le plus possible, où chacun et chacune puissent trouver le groupe qui lui convient en termes de niveau.

Mais par contre, si pour plein de raisons on n'est pas disponible ou parce qu'on préfère le faire soit tout seul soit avec des gens, on a tout à fait la liberté de réaliser ces challenges à une autre date et d'une autre manière. Donc il y a une volonté de liberté dans le programme qui était en tout cas je pense qu'on...

Ça c'est intéressant, ça veut dire que c'est vraiment ouvert à tous les niveaux si aujourd'hui tu as un doute tu te dis ouais je fais du vélo un petit peu le week-end mais est-ce que je vais arriver à suivre parce que j'imagine que tu vas nous le dire mais il y a énormément de participants tu as des niveaux comme ça Ouais, du coup on a des groupes d'allure qui font que effectivement on a un spectre de niveau qui est important donc il n'y a pas la barrière à l'entrée aujourd'hui on pourra parler peut-être de l'avenir mais aujourd'hui la barrière à l'entrée c'est de faire les kilomètres qui sont au programme mais avec ces groupes d'allure au départ on a vraiment la possibilité de le faire à son allure et donc ce qui nous a permis on le voit à chaque challenge c'est ce qui nous permet aujourd'hui d'embarquer des profils de cyclistes qui vont vraiment de cyclosportifs costauds, vraiment très costauds devant, sur le premier groupe ça roule vraiment très très fort et vraiment on a des gens qui sont qui trouvent leur plaisir dans une pratique quand même poussée et avec des moyennes vraiment élevées, on est vraiment sur du cyclosport assez pur et dur et puis plus on va aller dans les groupes suivants qui vont être plus lent, plus on va avoir des approches un peu plus cyclo-touristes et avec des gens qui vont être vraiment dans une idée de randonnée et surtout qui vont rouler avec des gens à leur niveau donc du coup il y en a pour tout le monde sur un même parcours et en même temps c'est ça aussi c'est chouette c'est de se dire au final tout le monde a fait le même parcours donc notre idée de communauté elle est réelle quelle que soit la moyenne qu'on ramène on a quand même fait son challenge et du coup en plus cerise sur le gâteau c'est gratuit de toute façon ça va le rester après puisque tu me lances sur le sujet il y a quand même un enjeu pour le classic challenge de façon à faire durer le concept et à le développer en termes d'économie et de modèle économique pour l'instant toute l'économie du classique propos sur les sponsors, les partenariats.

Avec quand même cette capacité à convaincre et avoir convaincu des marques de premier plan.

En tout cas, cette saison, nos partenaires, je vais les citer, si tu me permets, nos partenaires sont Décathlon, avec les marques Cribane et Van Riesel, Garmin, les casques Nazaire,

En tout cas, à date aujourd'hui, vraiment, les ressources du Classic Channel, ce sont les sponsors. Et il y a une réflexion, en tout cas, j'anime une réflexion pour la suite qui consiste en fait, qui consiste à travailler aussi sur le modèle économique de manière à assurer la pérennité et le développement du concept. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que la base du CC doit et restera et gratuites, parce que c'est comme ça qu'on s'est construit.

Puis c'est aussi notre signature. On a une signature qui était liberté, gratuité, fraternité. Et bon, on est là sur l'ADN et les valeurs essentielles du classique, et ça, on ne veut clairement pas y toucher.

Alors, tu as parlé rapidement tout à l'heure du Covid. J'imagine que le Covid a donné un sacré tacle à ton projet parce que quand on regarde le calendrier des Classic Challenge, on voit qu'il y en a au moins quatre qui ont sauté.

Quelle est la perspective pour toi par rapport à ça ? Comment tu as pu passer cette période ? Alors, écoute, pas trop mal. Pas trop mal, on a la chance d'avoir un concept assez agile et une production assez légère. C'est vrai que dans une période où tout a été mis à l'arrêt, c'est vrai qu'on a des coûts de structure qui sont suffisamment légers pour ne pas être mis en danger par la situation.

J'étais ce matin, moi, un peu sur les sites, notamment dans les fédérations, pour essayer, du coup, ce qui est un peu compliqué, c'est encore maintenant, le jour après, vraiment au quotidien, d'essayer de comprendre ce qu'on peut faire et ce qu'on ne peut pas faire. Pour le coup, on est vraiment organisateur d'événements, même si on est un peu léger en termes de structure, agile, qu'on a un concept innovant, etc.

Néanmoins, on souscrit pleinement, à toutes les obligations qui sont celles d'un organisateur de manifestations sportives en France on ne peut pas organiser un rassemblement une manifestation ce qu'on appelle une manifestation sportive il y a un code du sport qui compose tout un certain nombre de choses donc on est vraiment une organisation une société d'organisation d'événements donc tous les jours on essaie d'en garder là ce qui est possible et ce qu'on va avoir le droit de faire ou pas le faire. Mais bon, le fait est, pour revenir à la situation, on a en tout cas la chance que nos partenaires sont des gens bien, donc c'est vrai que la situation s'est imposée à tout le monde un peu de la même manière.

Donc, quatre événements qui ont sauté, il n'y a rien pour nous, il n'y a rien de dramatique. Dès qu'on va pouvoir reprendre le fil de nos événements, et puis voire même, ça c'est une partie des choses sur lesquelles moi j'ai travaillé justement pendant la Covid, d'imaginer quand même la suite et le nouveau cycle du Classic Challenge, mais voilà, il n'y a pas péril, on la demeure, on fait avec les événements, en attendant que les choses reviennent le plus possible à la normale.

Et du coup, tu nous parlais, tu as entrouvert une porte, tu nous disais pour l'avenir, peut-être qu'il y aura des évolutions. Quel est l'avenir du Classic Challenge ? Je n'ai peut-être pas révélé tous les secrets d'un coup, mais en tout cas, ce sont mes envies. Un scoop. Oui, je vais te parler de mes envies. Oui, mais mes envies, c'est poursuivre la dynamique qui s'est même poursuivie pendant la Covid, et l'arrêt, puisque la communauté est extrêmement fidèle, engagée, concernée.

Pour le coup, dès qu'on a pu refaire du vélo, il y a eu la période des 100 kilomètres, etc. Mais du coup, tous les parcours des Classic Challenge qui existent ont été réinvestis par des centaines et des centaines et des centaines de cyclistes qui nous ont remerciés, qui continuent en tout cas de prendre du plaisir.

Donc l'idée, c'est d'accompagner cette communauté vers un peu une espèce de V2 donc de penser quand même des évolutions qui sont naturelles et qui font que on garde l'envie, qu'on ait l'impression de faire un peu évoluer les choses et en fait là ça passe par, j'ai une espèce d'un peu de mots-clés dans la tête qui est un peu une idée d'élargissement comme tu l'as peut-être vu on a commencé à implémenter le concept à Lille donc avec les copains de la communauté lilloise il y a pas mal de demandes et ton podcast me donne aussi la possibilité d'ouvrir en tout cas la possibilité en tout cas à d'autres villes de s'appuyer sur le concept et d'organiser les choses donc s'il y a des gens que ça peut intéresser de prendre contact avec moi qu'ils le fassent bien volontiers donc élargissement en tout cas en termes de territoire et puis c'est vrai que jusqu'à aujourd'hui on a vraiment tracé un sillon sur un format d'événement ces formats qui sont plutôt routes, plutôt assez quand même conséquents en termes de kilomètres c'est vrai que je me dis qu'il y a en tout cas des choses, en tout cas qu'on est légitime aujourd'hui à proposer à la fois qui peuvent permettre d'embarquer peut-être des cyclistes que les distances actuelles effraient peut-être un petit peu, je pense que la première barrière à l'entrée aujourd'hui du Classif Yannem c'est les distances et c'est le niveau donc de se dire que dans toute la masse des gens qui sont en train de se mettre au vélo du coup grâce à la Covid ou en tout cas dans la période actuelle dans cette masse là les gens vont suivre un peu le parcours qu'on a suivi nous, c'est-à-dire qu'on se met au vélo puis après on a envie d'aller, on a envie de sortir un peu de la ville, on a envie d'aller, puis plus on va loin, plus on a envie d'aller un peu plus loin.

Donc, en tout cas, notre communauté et ce qu'on a construit en termes d'identité, j'allais dire presque un peu de marque aujourd'hui, je pense qu'on est légitime pour faire des propositions à un public encore élargi, pour faire des propositions où je pense que de temps en temps, pourquoi pas aller aussi sur nos pratiques autres que la route voilà tu travel, backpacking tout ce que tu connais on a une partie de la communauté la plus expérimentée qui est déjà très pratiquante mais c'est pas le cas de tout le monde et puis je pense qu'en tout cas il y en a plein de choses à faire tu m'as pas encore mis les doigts dans la prise toi Je m'explique, tu n'as pas encore lancé de classique Electric Challenge ?

Non, mais par contre, on a déjà posé quand même un élément, c'est qu'on interdit quelqu'un qui viendrait avec un électrique, avec un VAE.

En tout cas, on s'est dit qu'on ne voyait pas sous quel motif, en tout cas, on pourrait l'empêcher de faire son Classic Challenge. Donc, on est VAE, welcome. Alors, on ne pousse pas. Surtout avec écrit sur son fronton, liberté, gratuité, fraternité. Oui, bien sûr, bien sûr. Donc, je t'avoue que je ne me vois pas faire… Je pense que l'idée de faire un classic challenge réservé au VAE ne me parle pas trop.

Mais par contre, à l'inverse, on n'est pas excluant. Donc, à partir du moment où ça concourt à la promotion du vélo, les gens ont envie de partager quelque chose. on est un espace de liberté. Alors du coup, j'en profite, j'ai une question que je meurs d'envie de te poser, même si elle n'a aucun rapport avec notre podcast. C'est que, qu'est-ce que tu penses, toi, parce qu'on a parlé un petit peu de linguistique tout à l'heure, et puis j'ai la chance d'avoir un auteur invité à mon podcast.

Qu'est-ce que tu penses de cette appellation vélo musculaire ? Qui, moi, personnellement, je te mets, voilà, je pose le cas, je la trouve hors de sens, quoi. Ouais, c'est pas très beau. Je t'avoue que je n'ai pas réfléchi à la question, mais ce n'est pas très heureux.

Surtout que, d'autant plus que le vélo électrique, de ce que j'en comprends, n'est pas un objet qui supprime l'effort et qui supprime la sollicitation musculaire. Donc, bon, ça peut peut-être être amélioré.

J'ai souvent des petits blocages comme ça. Celui-ci, dès que je l'entends, ça m'irrisse les poils. Non, pour moi, il y a les vélos et les vélos à assistance électrique. Les vélos sans assistance, si on veut, je ne sais pas. Mais déjà, musculaire, je ne crois pas que ce soit très français de dire vélo musculaire. Enfin bon, bref, je ne sais pas si je laisserai cette question. Je voulais te la poser. De mon point de vue, tu peux la laisser. OK, ça lancera peut-être un débat, qui sait.

Bon, du coup, écoute, on a quand même bien fait le tour. Est-ce que tu veux toucher un mot sur le Grand Tour Paris ? Oui, bien volontiers. Le Grand Tour Paris, qui est une initiative que j'ai prise avec notamment Jean-Christophe Savignoni, qui est une personnalité bien connue dans le monde des courses, notamment des courses VTT.

Jean-Christophe a été champion de France et d'Europe de VTT donc une pointure et puis Jean-Christophe on s'est rencontré

quand il était en charge du Paris Bike Festival donc d'un festival salon festival vélo qui avait été organisé il y a trois ans je crois à Paris sur les pôles de Ronchamps et puis on a bien ficté et ça c'est toujours le cas et donc j'avais fait part à Jean-Christophe d'une idée de toujours dans cet ancrage local que j'essaye de cultiver au travers de mes actions, de se dire que le territoire du Grand Paris, de l'Île-de-France, en tout cas, est riche et permet d'imaginer plein de choses.

Et on a travaillé sur... Et on a abouti sur l'idée d'un événement qui s'appelle Grand Tour Paris et qui prend la forme d'une boucle assez costaud de 500 kilomètres autour de Paris toujours à une 50-60 kilomètres du centre de Paris qui passe par Chantilly par Rambouillet par Fontainebleau avec donc des étapes de quasiment un peu moins de 200 kilomètres chacune et une version ultra donc on a c'est un événement qu'on a lancé l'année dernière donc en 2018 qui a connu une première édition très sympa avec déjà pas mal de monde et puis en dépit du fait qu'on essuyait un peu les plâtres de l'organisation d'un premier événement, c'est traduit par des gens très contents et très sympas et donc avec pas mal de promesses.

Il se trouve que si tu n'es pas au courant que cette année a eu lieu la Covid et que l'événement devait avoir lieu au mois de mai Et on a choisi de se projeter sur 2021 et donc de l'annuler cette année en disant que c'était beaucoup de boulot d'organiser un événement. Il y avait tellement d'incertitudes au mois de mars qu'on s'est dit que c'était beaucoup plus simple pour nous de le reporter en 2021 plutôt que…

Donc là, pour qu'on comprenne bien par rapport au Classic Challenge, là on est plutôt dans le domaine de la compétition, même si je ne crois pas que… Non, il y a vraiment une espèce de familiarité en termes d'esprit. C'est du dépassement, de l'engagement, mais il n'y a pas de classement. Donc, il n'y a rien à gagner en termes d'arrivée premier.

Donc, de ce point de vue-là, c'est costaud parce que du coup qu'on le fasse en trois étapes ou qu'on le fasse en ultra, c'est déjà des bonnes distances. Mais c'est le même équilibre, en fait, en se disant, bon, moi, du coup, pour deux raisons, la vraie compétition, du coup, ce n'est pas ma culture d'un côté. Et puis, d'un autre point de vue, ce ne sont pas du tout les mêmes obligations en termes d'organisation.

Donc, c'est vrai que moi, je me trouve bien dans ces formats où on est dans du sport, on est dans ce qui est proposé, ça demande un peu d'engagement et puis ça demande de l'effort mais en fait on va plutôt promouvoir le partage, le plaisir, la convivialité que la compétition et le fait de vouloir passer devant l'autre donc on se tire gentiment la bourre mais la compétition on va la chercher ailleurs c'est ça qui est chouette c'est qu'au Classic Challenge on a des compétiteurs qui viennent mais quand ils viennent faire un Classic Challenge pour eux c'est plus histoire de faire des bornes à un très bon rythme pour ceux qui roulent dans les premiers groupes mais plutôt comme une préparation à d'autres objectifs mais Grand Tour Paris ou Classic Challenge c'est pas décompact. D'accord et avec tout ça tu trouves encore le temps de faire du vélo ?

Écoute J'ai l'impression que ça t'occupe beaucoup tout ça Oui oui du coup c'est vrai que Classic ça a cette vertu qu'à travers toutes les reconnaissances de fait ça me fait faire en tout cas du vélo régulièrement c'est vrai que cette saison, pour reparler de la Covid c'est vrai que cette saison il se trouve que comme j'ai beaucoup de choses à faire, c'est vrai que je me suis je m'accorde un peu une saison sans trop d'objectifs personnels en termes de participation à des événements ou de de voyages ou de sorties personnelles.

Vraiment, je fais du vélo vraiment là pour le plaisir sans plus de challenge.

Mais tu as raison, c'est vrai que c'est quand même un point de vigilance. Quand je te parlais d'équilibre et de priorité, c'est de ne pas se laisser trop piéger à ne pas pouvoir rouler, ne serait-ce que pour le plaisir. Et les voyages à vélo, tu as continué ? Écoute, les voyages à vélo. Les voyages initiatiques, puis tu nous as parlé d'Italie.

C'est quelque chose que tu fais toujours aujourd'hui ? Je fais des maps en ce moment. Entre-temps, avec ma chérie, on a un petit garçon de 21 mois.

Donc, je t'avouerais que là, sur les mois passés et puis sur les quelques mois qui viennent, que ce n'est pas la priorité. Vraiment, là, j'ai une vraie priorité aujourd'hui sur le Classic Challenge que j'ai vraiment envie de développer, de partager avec un nombre de gens encore plus important. Donc, c'est, je dirais, moi, dans mon équilibre, c'est Classic Challenge-là vraiment numéro un.

Et puis, les projets liés au vélo, en tout cas de bouquins, de presse en deux, notamment lorsque le magazine 200 me propose Alain de temps en temps me propose de l'accompagner sur un reportage voilà ça c'est des choses que je vais faire bien volontiers là vraiment les grands projets de voyage perso pour l'instant ça devient un petit peu un peu en dessous en termes de prio d'accord bah écoute on a bien compris on arrive à non mais oui mais quand on voit effectivement tout ce que tu as produit là depuis le début de l'interview c'est vrai qu'on voit quand même que tu es un gros bosseur donc on comprend tout à fait que tu ne puisses pas arriver à ces objectifs-là sans te mettre des priorités surtout ces objectifs de qualité que tu te donnes parce que tous tes projets sont très bien ficelés les livres sont magnifiques même la com autour du Classic Challenge est très belle.

C'est Mathieu qui te l'a faite ? L'identité, c'est Mathieu, ouais. Il y a aussi ça. Il y a aussi ce plaisir d'avoir un petit écosystème d'artisans, de grands talents avec qui ils sont si prêts. Évidemment, ils sont si prêts si tu penses à Mathieu, mais en termes de photos, c'est ça aussi qui nous donne une cohérence et puis aussi un plaisir à faire ensemble, on sait de quoi on parle et on ne s'est pas choisi pour rien. Bon bah super comme à tous mes invités j'ai laissé le mot de la fin donc là je pense qu'on n'est pas loin de la fin qu'est-ce que tu voudrais partager avec les auditeurs je te laisse la parole c'est toujours l'exercice un peu difficile je vais partager à bientôt j'espère, que ce soit à Paris à Lille et sans doute ailleurs notamment sur les Classic Challenge et avec peut-être en tout cas de nouvelles propositions.

Ça, ça va être le moment teasing pour continuer de fédérer des cyclistes toujours différents et de faire grandir cette communauté. Et puis globalement, pour continuer à donner envie aux gens de faire du vélo parce qu'au-delà de nos projets, de nos intérêts, nos objectifs un peu personnels, L'intérêt commun, c'est vraiment que de plus en plus de gens fassent du vélo, que ce soit en ville et qu'ils aient envie, pour une partie en tout cas, d'en sortir.

En tout cas, c'est un mot de la fin que je partage complètement. Amen. C'est une vision que je partage complètement. Donc, merci beaucoup.

Merci beaucoup, François. Merci beaucoup à toi, Laurent. C'était comme toujours un grand plaisir d'échanger avec toi. C'est toujours avec tristesse que je conclue ces podcasts, parce qu'à chaque fois, on a envie de parler plus longtemps. Alors, comme toujours, si vous avez aimé le podcast, vous pouvez vous abonner. Je vous invite à vous abonner, à mettre des étoiles, à laisser des commentaires. Surtout, laisser des commentaires. Moi, ça me fait très plaisir.

Chaque fois que je reçois un commentaire sur ton podcast, vous pouvez retrouver François, évidemment, sur classique-challenge.cc.

Principalement, François, est-ce qu'il y a d'autres mots sur lesquels on peut te convaincre ? C'est le canal principal, c'est le canal historique. Attention, sujet sensible. Surtout quand on s'appelle Paul et Tim. C'est ça, c'était le plein d'œil. Ok, on va super. A très bientôt. Maintenant, j'ai pris un rythme de deux semaines parce que ça me prenait beaucoup de temps et avec la promo du livre, ce n'est pas toujours simple à mener.

Et bravo pour tes podcasts. Merci, merci beaucoup. A très bientôt tout le monde. Au revoir.