
Notes de l’épisode
Difficile de soupçonner qu’au fin fond du Tarn-et-Garonne, dans un hameau de potiers lové entre la Vère et le Pechtregon, vit et travaille un designer talentueux qui a voué sa vie presque tout entière à concevoir et fabriquer des vélos.
Particulièrement créatif lorsqu’il s’agit de ses réalisations, il est connu des plus grands cadreurs français et américains et participe activement à faire vivre l’association des artisans du cycle et son fameux Concours de machines.
Pourtant Matthieu, malgré les sollicitations, n’a jamais renoncé à vivre à la campagne.
Dans cet épisode, il nous parlera de ses voyages, de son métier de cadreur, mais aussi du vélo qu’il a imaginé pour illustrer la couverture de mon nouveau livre Vélos Nomades.
Bonne écoute !
Pechtregon : pechtregon.tumblr.com
Instagram : @pechtregon
Musique :
hila (Artyom – David Kiledjian) / Miropé feat Miguel Atwood-Ferguson © 2020
Tom Rosenthal / Go Solo © 2014
Transcription
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Difficile de soupçonner qu'au fin fond du Tarn-et-Garonne, dans un hameau de potier élové entre la verre et le pêche-trégon, Ville travaille un designer talentueux qui a voué sa vie presque toute entière à concevoir et fabriquer des vélos. Particulièrement créatif lorsqu'il s'agit de ses réalisations, il est connu des plus grands cadreurs français et américains et participe activement à faire vivre l'association des artisans du cycle et son fameux concours de machines. Dans cet épisode, il nous parlera de ses voyages, de son métier de cadreur, mais aussi du vélo qu'il a imaginé pour illustrer la couverture de mon nouveau livre Vélo Nomade.
Je m'appelle Laurent Mélando et aujourd'hui je vous invite dans la roue de Mathieu Chollet.
Bonjour Monsieur Chollet, comment ça va ? Très bien Laurent Mélando. Ça fait un petit bout de temps qu'on ne s'est pas vu maintenant. Ah bah oui, ça fait un petit moment avec le confinement tout ça, on est bon qu'on n'a pas pu se revoir depuis. Alors, beaucoup de monde te connaissent parce qu'évidemment par rapport à ton activité de designer, d'autres encore plus peut-être te connaissent par rapport à ton activité de cadreur.
On va voir aussi que moi, je te connais sous un angle un peu différent, c'est que tu as beaucoup voyagé à vélo. J'espère que tu vas nous en parler. Et puis aujourd'hui, c'est un jour un peu particulier. Et c'est pour ça que je suis très content de t'accueillir dans ce podcast. C'est que c'est cette semaine qu'est sorti mon troisième livre, donc Vélo Nomade, qui est un guide sur le voyage à vélo. et dans lequel tu es présent de façon assez importante, puisque je t'ai à la fois suivi sur ton voyage à travers les Pyrénées avec ta campagne Sophie, et aussi parce que tu as réalisé le vélo de la couverture, le pêche-trégon.
Bon, tout ça, bien sûr, on va en parler durant une petite heure. J'espère que tu es confortablement installé, que tu t'es fait couler un petit café. Tout est parfait. Et avant de commencer, il y a une question que j'aime bien poser à mes invités, c'est quelle est ton humeur musicale aujourd'hui Mathieu ? Alors je n'ai pas beaucoup d'humeur musicale, j'écoute très peu de musique, très rarement à l'atelier. Et en fait j'écoute un peu ce qui passe, ce que j'ai sur mon téléphone.
Récemment j'ai découvert un morceau qui m'a bien plu sur le podcast d'Arnaud Manzanini, le petit morceau qui passe à la fin. Ultra talk ouais. et donc c'est un morceau de Tom Rosenthal et le morceau c'est Go Solo et je pense que pour un cycliste c'est pas mal quand tu roules sur du long ce qui n'est pas mon cas parce que je n'écoute jamais de musique en faisant du vélo c'est quel genre de musique ?
c'est une petite musique très tranquille on imaginerait très bien ce genre de petits morceaux en écoutant enfin je pense que c'est pour ça qu'Arnaud l'a mis sur son podcast d'ailleurs parce que j'imagine que c'est un truc qu'il doit écouter régulièrement quand il fait du vélo. C'est une petite balade en forêt. Voilà, exactement. Enfin, plus dans les grands paysages. Je m'imaginerais bien rouler avec ça en Islande ou quelque part comme ça, dans des grandes étendues avec des paysages assez désolés, très pelés.
Voilà, mais c'est un morceau... Ces derniers temps, j'ai pas mal écouté de podcasts. En fait, quand je suis à l'atelier, j'écoute plus des émissions, j'écoute plus France Culture que de la musique réellement. Voilà.
Alors pour ceux qui ne te connaissent pas encore, qui est Mathieu Cholet ? Est-ce que tu peux nous faire une petite présentation rapide ? Alors Mathieu Cholet est un humain de sexe masculin, 46 ans, qui vit à la campagne dans les environs de Bruniquel, dans Tarn-et-Garonne, dans une belle petite vallée assez préservée, dans laquelle je me suis installé il y a maintenant pas loin de 20 ans, après une formation à Paris.
Je suis fan de vélo depuis toujours, sachant que j'ai commencé à en faire d'une manière un peu sportive quand j'avais 13-14 ans, donc tardivement par rapport à certains, tôt par rapport à d'autres. Et j'ai été très vite mordu par tout ce qui est mécanique, conception et fabrication. Et puis, j'ai vite mis le doigt dedans.
Aujourd'hui, je mets le doigt dans tout ce que je fabrique. Donc, je fabrique des bâtiments, des vélos, des meubles, des engins divers et variés. Alors, évidemment, je ne serais pas invité dans ce podcast si tu n'avais pas un rapport très fort avec le vélo, évidemment. Donc, comme je l'ai dit un petit peu en introduction, tu es cadreur. Mais est-ce que tu peux nous dire un petit peu comment tu es née cette passion pour le vélo et qu'est-ce qui t'a poussé à faire le métier que tu fais aujourd'hui ?
Alors, cette passion pour le vélo, je pense qu'elle est, à la base, quasiment tous les gamins, au moins en Europe, longs. On a tous eu un vélo quand on était petit. Moi, c'était un très chouette moyen d'aller retrouver les copains à vélo, de passer des mercredis à rouler dans les collines, aller d'un coin à un autre, aller à la baignade l'été. Enfin, c'était vraiment un engin de liberté.
Et en fait, quand j'ai commencé à en faire un peu plus sportivement avec l'arrivée du VTT en France, c'était la même chose, c'est qu'on allait se dépenser dans les collines, c'était plaisant, on était loin de chez nous, on se faisait nos petites aventures. Et il y a ce côté-là qui était vraiment chouette. Et très tôt, avec un copain qui est aujourd'hui mon voisin, on s'est fait un petit trip d'une semaine, je crois qu'on avait 13 ou 14 ans.
Et donc, très vite, ça m'a plu parce que ça permettait, tout en se déplaçant relativement lentement, d'aller loin. Et je crois que c'est ça qui est génial avec le vélo, c'est qu'avec nos deux jambes, même des humains surentraînés vont peut-être faire 100 km par jour. Là où en vélo, des surentraînés vont en faire 500. Donc, ça décuple ce qu'on est capable de faire en tant qu'humain avec un engin qui est relativement simple.
Et c'est cette simplicité aussi qui me plaît. Autant je déteste mettre les mains dans la mécanique d'une voiture, trifouiller un moteur, parce que j'y ai passé un peu trop de temps quand j'étais adolescent dans les mobilettes. Et alors qu'un vélo me semble limpide, j'ai toujours plaisir à remettre un vélo en état, indépendamment d'en fabriquer, mais j'aime bien qu'un vélo marche bien. Donc, ça a commencé par ça, je pense.
Comprendre comment marche un vélo. Oui, parce que tu disais, un adolescent découvre le vélo. Enfin, on a tous découvert le vélo adolescent, mais beaucoup sont très vite passés à la mobilette et ne sont jamais revenus au vélo. Toi, tu es quand même resté, et puis même plus que ça, puisque pour faire un voyage de dix jours à dix ans, c'est que vraiment, il y avait quelque chose de plus. Il y avait quelque chose de plus. Je te dis, je pense que j'ai passé trop de temps, en rentrant du lycée, j'étais interne à bricoler la mobilette pour qu'elle démarre, finalement à démonter le moteur et à y passer tout le samedi après-midi pour qu'enfin elle pète le samedi soir.
alors qu'un vélo, il n'y a jamais ce problème-là.
Donc, je pense qu'il y a eu, d'une part, j'ai toujours fait du sport, j'ai fait beaucoup de tennis quand j'étais plus jeune, j'ai toujours été assez sportif. Et je pense que le vélo, justement, à la fois, il y a ce plaisir immense qui est dû au fait que ça annule énormément de contraintes de notre planète.
On vole un peu quand on est sur un vélo, on est en lévitation, on avance beaucoup plus vite.
On sent l'air dans les cheveux. Je pense que si on était des oiseaux, on ne ferait pas de vélo, il n'en aurait pas besoin. Mais n'étant pas des oiseaux, on a inventé cet objet-là et il est remarquable parce qu'avec un vélo aujourd'hui, sans parler des records de poids, mais avec à peine 10 kilos, on arrive à couvrir des distances phénoménales et à prendre beaucoup de plaisir, surtout. Et il y a quand même une notion d'effort qui est plaisante, de dépassement de soi, mais il n'y a pas besoin de faire une transcontinentale pour avoir ça.
Simplement de monter le pêche-trégon qui est la colline qui part de chez moi, il y a des jours où je le monte, je suis bien et je sens que je peux accélérer, et puis il y a d'autres jours où je suis dans le rouge et on est toujours content d'arriver en haut. Et ce truc-là qui fait qu'on soit seul ou avec des copains, il y a toujours ce petit dépassement de soi et cet effort dans le vélo qui est plaisant. Le corps te remercie toujours.
Toujours. Et quand tu es parti en voyage de dix jours comme ça à l'adolescence, évidemment, on suppose qu'à l'époque, les équipements pour voyager, ça ne devait pas être la même chose. Tu devais avoir une tente très lourde. Comment ça s'est passé ce tout premier voyage ? Quel souvenir t'en as gardé ? Alors, j'en ai gardé, bon, ce n'était pas dix jours. On était parti la semaine. J'en ai gardé un très bon souvenir parce que ça a été une belle expérience.
Par contre, au niveau de la préparation, d'une part, on ne s'était pas du tout renseigné. On avait nos premiers vélos tout terrain. On en faisait tous les mercredis, tous les week-ends. Mais on n'avait jamais porté quoi que ce soit sur un vélo. Et la meilleure chose qu'on a fait, c'est de s'acheter un sac à dos de 45 litres qu'on a rempli comme des bourrins. Je me souviens qu'à l'époque, pour préciser au niveau diététique, je m'en souviens encore, On avait acheté une boîte de cassoulet, une petite bouteille de rhum parce que le soir, on retrouvait un copain en route.
J'avais une tente, en effet, pourtant une petite anti-glou de place, mais qui devait faire 4,5 kg. Et en fait, on est parti de bruniquel en bas du GR. Les vélos cabraient tellement on avait de poids sur l'arrière. Donc, on est monté à pied parce qu'on ne pouvait pas pédaler. Arrivé en haut, on a fait tous les plateaux. Et au bout d'un moment, on avait les épaules tellement rincées et très mal aux fesses parce qu'on augmentait sérieusement le poids sur les points d'appui que ça a été très dur.
Donc, le premier soir, on a mangé le cassoulet, on a vidé le rhum.
Et puis après, ça a commencé à aller un peu mieux parce qu'on a laissé pas mal d'affaires chez le copain et c'était mieux. Mais donc, c'est surtout un souvenir au début de matériel. Et puis après, le plaisir de rouler la journée, d'établir son petit campement le soir. Et ça, c'est un truc, je pense, dans le voyage à vélo qui est génial. C'est qu'on se déplace, que ce soit dans sa région, dans son pays ou sur cette planète.
Et tous les soirs, on établit son camp et on est de nouveau un peu chez soi. On transfère son petit univers avec soi et on se réinstalle. Et on atterrit dans des coins qui sont souvent incroyables. Si on s'arrête avant la nuit, ça permet de choisir un peu son camp. Et ça, c'est vraiment une dimension qui est très chouette. J'ai compté dans ton podcast hier. Alors, même si on se connaît bien, j'ai découvert ton podcast seulement hier.
Tu m'en avais parlé pourtant. Et j'en ai écouté trois, dont celui de Jeanne. Et ça m'a beaucoup amusé, ce petit campement dans le jardin dont elle parlait pendant le confinement. Oui, je ne sais pas si tu as vu les photos d'ailleurs, mais c'était assez... Alors, je n'ai pas vu les photos, non. Mais en tout cas, c'est assez amusant comme idée. Et en effet, quand tu es dans ta tente et que tu fermes tout ça, où que tu sois dans le monde, tu vois le même paysage et tu vois ta tente.
Et c'est un petit côté réconfortant tous les soirs de se retrouver dans sa maison. Mais c'est vrai que c'est un conseil qu'on peut donner aux cyclistes, parce que moi, je connais beaucoup de gens qui voyagent à vélo, mais il y en a très peu qui prennent le temps de choisir un beau bivouac. Et c'est vrai que c'est important, en fait. C'est très important de se sentir bien à l'endroit où on dort. Après, en effet, ça dépend du voyage qu'on a choisi de faire.
J'ai regardé, c'était hier ou avant-hier, je ne sais plus, la vidéo de Jatchlash Mountain Race. Là, Sofiane a dormi, je ne sais plus, deux ou trois heures sur 57 heures. Il s'arrête de nuit, il s'écroule, il dort un quart d'heure ou 20 minutes, il repart. Là, le sujet, ce n'est pas de dormir, donc le campement a un peu d'intérêt. De temps en temps, la semaine dernière, le week-end dernier, j'ai fait un petit pivouac dans un endroit magnifique.
Le soir, c'était génial. Le lendemain matin, on s'est réveillé dans la purée de poids, on n'y voyait plus rien. Le lieu n'était plus du tout le même, n'était plus aussi accueillant. Et c'est ça un peu toute la magie de la météo et du voyage.
On va pouvoir garder des souvenirs fabuleux de certains coins où on s'est arrêté et on y repasserait, ou quelqu'un d'autre y passerait deux semaines plus tard avec une météo complètement différente ou à une autre heure de la journée et le ressenti ne serait plus du tout le même. Alors justement, le voyage à vélo, c'est vraiment quelque chose que tu connais bien parce que tu as déjà fait des longs voyages, notamment aux Etats-Unis. Tu peux nous en parler un petit peu ?
Alors les Etats-Unis, j'y suis allé deux fois pour, enfin trois fois, mais deux fois pour voyager. Une première fois, c'était pour faire une traversée de New York. Donc, je suis remonté à Boston et de Boston, j'ai fait la grande traversée jusqu'au bas de la Californie. Je suis remonté jusqu'à San Francisco en passant par les Rocheuses. Voilà, donc ça, c'était un long voyage. J'étais quatre mois et demi sur la route. J'avais 21 ans.
Ça n'a été pas ma première expérience de voyage, mais en tout cas, la première où je suis parti pour plusieurs mois tout seul. Jusqu'à maintenant, je n'avais jamais voyagé seul. C'était soit en couple, soit avec un copain. Et là, je me retrouvais vraiment quand je suis arrivé à New York. Moi, j'étais accueilli par une copine là-bas. Mais je me suis dit, bon, là, tu t'es lancé dans un truc. En plus, c'était à la fin de l'hiver. J'avais reculé la date de mon voyage parce que le matériel avait des petits problèmes de mise au point.
C'était une remorque monoroue à l'arrière et qui ne fonctionnait pas bien. Donc, j'avais repoussé l'épargne de mon voyage. Et honnêtement, je n'ai pas regretté parce que j'ai déjà roulé pas mal sur des routes dans la neige avec la transmission qui gèle dès que tu arrêtes de pédaler. Il y avait vraiment des conditions hivernales qui étaient loin d'être idéales, au moins sur une partie du voyage. Oui, parce que j'ai reçu notamment Olivier dans ce podcast qui lui a fait la Great Divide.
Et c'est vrai qu'il y a des endroits, ce qu'il disait, tu es complètement isolé, personne à des kilomètres. Et puis, tu es en altitude souvent. Les États-Unis, c'est beaucoup plus sauvage que ce qu'on imagine comme ça de prime abord. C'est tellement grand d'une part que la densité de population, c'est comme si on traversait la Lausère, mais c'est une Lausère qui peut être la taille d'un état. Donc oui, en effet, il y a des routes qui parfois sont à perte de vue sans que tu vois le moindre bled ou la moindre station-service.
Alors, c'est assez bien réparti, même des secteurs désertiques, tous les 40-50 kilomètres, il y a quand même une station-service au bord de la route. Moi, ça m'est arrivé plusieurs fois en traversant des déserts que des voitures s'arrêtent pour être sûr que j'avais assez d'eau. Et je comprenais pourquoi, c'est qu'on voyait des vaches qui étaient sûrement mortes de déshidratation au bord de la route de temps en temps.
Mais en tout cas, oui, il y a des coins très, très paumés. Les montagnes sont très hautes, il y a des cols à pas loin de 4000 mètres. Donc, on peut fréquemment trouver la neige, quelle que soit la saison.
Et c'est un peu un pays, c'est en ça que la géographie est magnifique. C'est que ce n'est pas très varié sur des courtes distances, contrairement à la France. Par contre, quand on change de paysage, c'est grandiose. Et moi, je me souviendrai toujours les grandes plaines dans l'ensemble des États-Unis. Et puis après ça, tu commences à attaquer les rocheuses. Donc là, c'est de la montagne à perte de vue.
T'arrives à Grand Canyon, des canyons comme ça, j'en avais jamais vu ailleurs. Tu te prends une baffe quand tu passes par là.
C'est un côté un peu démesuré.
Moi, j'en rêvais depuis que j'étais gamin des Etats-Unis. Je m'étais dit un jour, il faudra que je fasse ce truc-là. Et puis, ça s'est calé pendant mes études à Paris. J'avais la possibilité d'interrompre mes études pendant un an pour soit partir faire un stage en entreprise ou voyager ou partir en université à l'étranger. Et j'ai proposé de faire ce voyage pour aller à la rencontre d'entreprises américaines qui œuvraient dans le milieu du vélo, espérer décrocher un stage dans l'une d'elles et raccorder toutes ces entreprises grâce à un vélo et une remorque que j'avais conçue.
Donc, ça a été un peu le prétexte pour quitter les études pendant un an et faire ce voyage. Et ça a été très, très chouette parce qu'en plus, ça a donné lieu à énormément de rencontres dans le milieu du vélo américain et que ce soit des grosses entreprises. Je suis passé aussi bien chez Cannondale que dans des petites entreprises artisanales et j'ai fini par atterrir chez Jérémy et Jesse Sip que j'ai rencontré à mon arrivée à San Francisco et chez qui je suis retourné quelques années plus tard à la fin de mes études pendant un an.
Tu faisais déjà tes vélos à cette époque-là ? Alors, je faisais déjà mes vélos. J'ai commencé à souder mes premiers vélos,
à les modifier au début avec un très, très bon copain, Éric Laffont, qui est plus âgé que moi. Mais on a commencé à découper des cadres existants. Donc, on ne les découpait pas à 100%. On modifiait l'angulation de certains tubes. On ressoudait des tasseaux de freins différemment. On commençait à se bricoler des pièces. J'ai fabriqué beaucoup d'étriers de freins. C'était des cantilevers à l'époque qu'on essayait d'alléger énormément.
Donc, on se faisait plein de pièces comme ça et on s'est fait la main à soudobraser des cadres. Et puis, je crois que c'est à 17 ans que j'ai soudé intégralement un cadre. Là, j'avais une série de tubes que j'avais acheté à un autre copain, Marc de Baudouin, qui avait un gros magasin à Toulouse à l'époque. Et en fait, l'un comme l'autre, on a soudé notre premier cadre comme ça et avec très peu de matériel.
Un chalumeau, c'était un copain plombier qui me le prêtait. On calait nos tubes sur des grandes plaques de marbre qui étaient une table de bistrot cassée, mais qui était relativement plane. Donc, on calait nos tubes avec des cales d'épaisseur de mécanicien, des blocs d'aluminium. Enfin, on maintenait ça comme on pouvait. C'est génial. Et puis, on pointait nos vélos. Donc, moi, je me souviens que mon premier cadre, j'ai mis un mois à le faire. J'ai travaillé le mercredi, le week-end.
Je faisais toutes les gruges à la main avec des petits papiers découpés pour que ça fasse vraiment la bonne courbe, la bonne gruge. On pointait ça et ça a été une belle expérience parce que tout était fait. Même le boîtier de palier, je me souviens, je n'avais pas de tour à l'époque et je ne savais pas tourner. J'avais fait les plans et j'avais fait usiner ça par une boîte à Montauban. Les pattes de fixation de roue, j'avais tout fait à la lime.
Je les ai encore d'ailleurs. Elles sont pendues dans l'atelier parce que le cadre n'existe plus. Mais donc, on faisait toutes nos petites pièces comme ça. Et en tout cas, ça permettait de faire des cadres à l'époque, comme peu de gens en faisaient, enfin, à part des artisans aux Etats-Unis qui réfléchissaient à la construction de VTT. Mais ça a permis de faire des vélos très légers. Et en fait, ça m'a permis d'entrer en stage chez Sun puisque je suis arrivé avec ce vélo qui avait déjà un jeu de direction Headset, alors qu'en France, personne n'en avait.
C'est un Stronglight que j'avais fait réusiner pour en faire un night set suite à des revues américaines que je lisais, dans lesquelles il y avait des photos. Et à partir de là, je m'étais dit, ça doit être fait comme ça, comme ça. Et donc, mon vélo était extrêmement léger. Et puis là, les ingénieurs et Max Commissal se sont dit, ah, mais quand même, ce petit gars-là, allez, on te prend en stage. Et ça a un peu commencé comme ça. Ça m'a mis le pied à l'étrier. Il y a eu l'expérience avec Eric dont je parlais avant.
Après, j'ai passé deux mois et demi chez Sun. Donc ensuite, tu es retourné aux Etats-Unis pour rencontrer justement des gens qui travaillaient dans ce métier de confection de vélo. Quelle expérience ça t'a apporté et peut-être chez qui tu es allé ? Est-ce qu'ils existent toujours ? Alors j'ai rencontré, oui, il y a des boîtes qui existent toujours. Je serais curieux de voir dans quel état, mais dans quelle est leur échelle aujourd'hui.
Bon, Cannondale a été racheté de multiples fois, mais à l'époque, il y avait déjà le siège qui était à Cannondale, plus dans la petite gare d'origine, mais en tout cas dans la même ville, qui était déjà une bonne grosse boîte avec un sacré paquet d'employés, un service com et tout ça. Et ils avaient les usines qui étaient dans un état voisin en Pennsylvanie. Et là, quand j'y suis allé, déjà, ça m'avait fait un choc parce que je m'étais dit génial, je vais voir une usine de fabrication.
Et en fait, je me suis surtout aperçu... Alors, les vélos étaient fabriqués sur place, mais c'était extrêmement automatisé. Tout les découpes de tubes, tout était découpé au laser et tout ça. Donc, il n'y avait plus trop la poésie de l'atelier du vélo. C'était très industriel. Alors, c'était soudé à la main, mais par des soudeurs qui n'étaient pas forcément des cyclistes. Et le pire, et ça m'avait encore plus sauté aux yeux quelques années après, c'est qu'il y avait des chaînes de montage.
Et c'était vraiment de l'industrie. on aurait pu assembler des expirateurs ou des grille-pains. Les personnes qui assemblaient les vélos ne transpiraient pas de passion pour le vélo. Et honnêtement, vu l'ambiance de la chaîne, je le comprends. Et donc déjà, je m'étais dit, ah, le vélo, c'est aussi ça. Et puis heureusement, il y a eu des ateliers d'échelle bien plus réduite.
Je suis passé chez Ibis à l'époque. Alors Ibis, c'est une marque qui existe toujours. je ne sais pas si c'est encore Scott Nicole qui la dirige mais en tout cas c'était une belle entreprise et c'est surtout un gars qui était un des petits jeunes du début du VTT à côté des Joe Breeze et des Tom Richie et tout ça et donc il avait continué il avait à l'époque conçu un vélo tout suspendu mais sans pivot en titane, donc j'avais rencontré l'ingénieur John Castellano qui l'avait conçu, voilà, enfin ça a été plein de rencontres et puis de fil en aiguille ça m'a mené à une rencontre suivante J'étais allé rouler avec Joe Breeze, Marine Kunti, au-dessus de San Francisco.
J'avais rencontré des gars de tout un tas de boîtes qui étaient pour moi un peu mythiques. C'est super marrant d'ailleurs parce que Joe Breeze, quand je l'ai rencontré, je m'attendais à un vieux moustachu du début du VTT. En fait, il n'avait peut-être même pas mon âge aujourd'hui. Et c'était encore un type relativement jeune.
J'avais tellement lu de revues et de bouquins sur l'origine du VTT et ça me semblait déjà loin qu'en fait, je pensais que ces gars-là avaient tous passé la soixantaine et c'était loin d'être le cas à l'époque et c'est à peine le cas aujourd'hui. Voilà, donc c'était assez amusant. Et puis après, il y a surtout eu, lorsque j'ai terminé mon voyage et que je suis arrivé à San Francisco, bon, là, j'ai rencontré les frères Sissip.
Et puis, très vite, ça m'a ouvert à toute la communauté des cadreurs de San Francisco ou de la proche région, en tout cas de la baie. Donc, il y avait Curtis Inglis, qui est un grand copain de Jérémy. Il y avait tout un tas de cadreurs et on se retrouvait le week-end, on allait faire du vélo ensemble. Il y avait sûrement des animosités entre certains, mais globalement, il y avait une sacrée entrée.
il y en a un qui était plutôt usineur qui usinait beaucoup de pièces pour les autres un autre qui était plus spécialisé dans le cintrage donc quand il se lançait dans des cintrages il cintrait des tubes pour d'autres collègues qui n'étaient pas équipés pour ça même les marques de composants, je me souviens de Philwood qui était pas très loin moi je leur ai donné des pièces à usiner pour un vélo que j'ai fait quelques années après là-bas parce que chez Jérémy il n'y avait pas de tour assez sérieux pour faire ces pièces donc il y avait vraiment une entraide et d'ailleurs ils ont un beau salon et un beau stand sur les salons américains du North Handmade Bicycle Show où ils partageaient les stands il y a cette communauté qu'on commence à avoir en France grâce à l'association des artisans du cycle mais là-bas ça existait en 2000 Alors, un des sujets qui fait que j'ai voulu t'inviter aujourd'hui, c'est ce fameux livre Vélonomade que je viens de sortir.
Je t'ai initialement invité à faire partie de ce livre parce que j'avais eu vent de ton projet de voyage avec Sophie. Sophie t'accompagne qui, elle aussi, a un bon bagage en termes de voyage à vélo. Elle en fait de très jeunes comme toi.
Cette année-là, vous aviez décidé de vous faire la Transpyrénéenne en couple. Tout à fait. C'est une itinéraire sur laquelle je vous ai suivi un ou deux jours, je crois. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ce voyage ? À la base, la traversée des Pyrénées, c'est un peu une course contre soi-même qui est lancée par un club, je ne sais même plus lequel, mais je crois que ça part de Saint-Jean-de-Luz ou de Bayonne.
On s'y inscrit à l'avance, on la fait quand on veut dans l'année, On tamponne sa carte de route au départ et puis l'arrivée se fait à... Je ne sais plus, c'est à... À coulure, non ? Non, ce n'est pas à coulure, c'est en dessous. Donc, c'est soit à Cerbère, soit je ne sais même plus. On s'y perd parce qu'il y en a tellement des transpyrénéens maintenant. En tout cas, il y a un petit panneau à l'arrivée, une petite tolée maillée sur un hôtel.
Et en fait, c'est le point d'arrivée. Voilà, et donc ça passe par la plupart des beaux cols pyrénéens. Et donc, pour certains, c'est vraiment un défi et une course. Donc, Yann Aigne, dont je parlais tout à l'heure, qui est un grand randonneur rompu à Paris-Brest-Paris et qui est assez compétiteur dans l'âme, s'est amusé à le faire. Je me souviens qu'il avait fait son récit.
Donc, il y a 18 cols pyrénéens, pas loin de 900 kilomètres. Et lui était parti le samedi matin très, très tôt. Et il arrivait le dimanche soir à 10 heures du soir. Donc, du même week-end. c'est-à-dire en moins de 48 heures. Et il racontait ça. Donc bon, il n'avait pas dormi, il mangeait, il achetait de la bouffe dans des pharmacies pour avoir des trucs ultra. Voilà, il s'était fait un seul repas chaud.
Nous, ce n'est pas du tout notre trip. Oui, ce n'était pas votre idée. Non, non, non, du tout. D'autant que même à la fin, il y a des secteurs qui ne nous emballaient pas plus. On avait envie d'aller voir un peu les châteaux au Qatar. Donc on a un peu quitté les Pyrénées pour aller dans ce secteur. Et puis, on a quand même fini à Collioure parce qu'on a des copains à Collioure et que c'était une belle fin de notre voyage. On était partis de chez Antoine, qui est un copain et qui s'était lié à nous, avec toi, pour le départ.
Donc, on a quitté la plage de l'Atlantique pour arriver aux plages de Méditerranée, tout ça en moins d'une semaine. Et nous, en prenant notre temps, puisqu'au milieu du parcours, on a croisé Joël, au milieu des Pyrénées, qu'on a passé une nuit près de chez lui. Et quelques illuminés aussi, tu as croisé, je crois. Oui, c'était sur la fameuse montagne de Bugarach, qui est prétendue par certains comme étant un vaisseau martien ou avec une base dessous.
Il y a eu un paquet de sacrés perchés dans cette région-là. Et on a dormi face à cette montagne et on a été accueillis d'une manière ultra sympa par des gens. On allait planter la tente dans le champ, ils nous ont apporté des bières fraîches. Le voyage, c'est ça. C'est qu'il y a des moments où ça peut être dur. On a eu beaucoup de pluie, du mauvais temps. Vous étiez en autonomie, vous aviez les tentes.
On était en autonomie, on avait la tente, le réchaud. Alors en autonomie, c'est toujours un truc qui me... Quand on parle de voyage en autonomie, en effet, on a notre couchage, de quoi nous faire du chaud quand on a envie d'un peu de confort. Mais on n'est pas en autonomie puisqu'en fait, on achète à manger quasiment tous les jours. On fait le plein d'eau partout où on peut. Donc, c'est une relative autonomie.
L'autonomie, quand on en a vraiment besoin à 100%, qu'on doit transporter sa bouffe pendant une semaine et avoir des stocks d'eau conséquents, là, ce n'est plus du tout la même chose et ce n'est plus de la randonnée légère. Donc, nous, on était dans une relative autonomie. Voilà, on avait notre couchage, nos vêtements et tout ça pour la semaine avec un bon réchaud. C'est le premier voyage que vous faisiez ensemble ? Alors, ensemble, on avait déjà fait un beau voyage.
On était parti de Grenoble, on était descendu jusqu'à Nice par les Alpes et puis on était remonté ensuite l'année d'avant.
Donc non, c'était déjà le deuxième. Et puis après, c'est des petits voyages d'une semaine, mais c'est très chouette. Et puis d'être dans le milieu de la montagne, c'est toujours assez magique d'enchaîner l'école comme ça. Au bout d'un moment, au début, c'est toujours un peu dur quand on s'y remet, d'autant qu'on voyage plus chargé que d'habitude. Donc c'est toujours un peu dur les deux premiers jours. Et puis au bout d'un moment, ça va très vite, le corps s'habitue.
Et puis on se met à avoir un bon rythme, même dans l'école, alors que le vélo fait 6 ou 7 kilos de plus que d'habitude.
Et oui, quelle était ta question, pardon ? On était dedans, je ne sais pas, je l'ai oublié tellement. Je disais qu'une semaine, c'est malgré tout des petits voyages, c'est des petites vacances, mais malgré tout, quand tu vis dehors et que la seule chose que tu as à faire dans la journée, c'est de te promener, d'avancer et de découvrir des paysages.
C'est très plaisant. Tu n'es plus connecté à des horaires, à des impératifs. Ton téléphone est coupé et puis tu es vraiment dans autre chose. C'est du voyage. Tu traverses les territoires et puis tu avances. Et c'est la seule chose qui te tient à cœur. C'est d'avoir avancé dans la journée et d'avoir de nouveaux horizons le soir venu.
D'ailleurs, on parle de voyage là vraiment en mode c'est les vacances. Et moi, j'ai vu que tu... En fait, c'est régulier. Tu prends le vélo pour aller aux quatre coins de la France comme ça parce que récemment, tu avais un cadre à livrer. Donc, tu prends le vélo. Finalement, c'est devenu quelque chose de vraiment habituel pour toi de faire des grandes distances comme ça à vélo. Ça le devient de plus en plus.
Bon, il faut dire qu'on avait beaucoup trop de voitures pour nous, mais c'était un peu particulier. On avait quatre voitures pour deux. parce que j'ai eu pas mal de pannes de voitures ces dernières années, donc le temps d'en réparer une et tout. Et là, on a évacué le parc. Donc, il n'y a plus que le Pick-Up 504, qui est un peu mon véhicule de boulot et de restauration de bâtiment, mais qui est estampillé pêche-trégon. En plus, je viens de lui faire repeindre la galerie. Elle est magnifique, toute orange. Ça a dû se voir sur certaines photos.
Il y a même Johan de Meniercy qui a fait un petit commentaire là-dessus. Et en fait, c'est Fred Paulet de Cévenna Vélo qui m'avait commandé un vélo pour un client à lui, enfin un kit cadre, et qui a dit mais avec les 100 kilomètres, là on pourrait, j'ai regardé, j'ai tracé deux cercles à Sainte-Afrique, c'est à 100 kilomètres des vents, c'est à 100 kilomètres de Bruniquel, donc on pourrait se retrouver là pour faire la transaction de ce cadre et on a trouvé que l'idée était bonne, on a attendu que la météo soit à peu près stable et puis on a fait ça, donc nous on est parti au petit matin pour gagner Sainte-Afrique le soir On a retrouvé Fred et Lucie et on a passé la soirée là-bas dans un lieu de bivouac génial.
Ça a été une rencontre, tu connais en plus, le Cabanon à Picelle-Ci, le restaurant. Oui, en plus on mange bien là-bas. Il se trouve que Martin et Clara, lui, est à Véronais. On l'a retrouvé par hasard sur le parking d'une supérette à Sainte-Afrique. Dieu, mais qu'est-ce que vous foutez là ? Et en fait, ils viennent d'acheter un lieu incroyable où nous avons bivouaqué, dans l'espoir tôt ou tard d'y monter à un restaurant en plein milieu de la campagne, à côté d'une petite chapelle.
Enfin, un lieu vraiment que j'avais déjà repéré en y passant un vélo il y a quelque temps, qui est vraiment magnifique. Et en fait, nous sommes allés bivouaquer là. Donc, quand je disais que le vélo, c'est souvent des surprises et des petites aventures. Voilà, donc on a fait la transaction de ce vélo. le lendemain matin Fred et Lucie sont repartis de leur côté et puis nous d'une autre ça fait deux petites journées d'aventure à vélo le prétexte de repartir avec la remorque moi à part faire les courses avec la remorque aujourd'hui je ne voyage plus du tout comme ça on a sacrément réduit la voilure au niveau du matériel alors on reste en relative autonomie mais cette remorque c'est une remorque que j'avais conçue pour faire ma traversée des Etats-Unis quand je suis parti au début j'avais 40 kilos remorque comprise parce que c'était complètement aberrant En mode cyclotouriste avec les sacoches des deux côtés ?
Alors non, non, j'avais que la remorque. Pour le coup, j'avais fait le pari, à part un tout petit sac de guidon, tout était dans la remorque. Et ça me permettait surtout, quand je m'arrêtais, de déterler la remorque instantanément et d'avoir un vrai vélo. C'était un vélo tout-terrain à l'époque. De pouvoir vraiment profiter d'avoir un vrai vélo tout-terrain, pas avoir les portes-bagages. Et le pari, c'était surtout... J'avais été sponsorisé par beaucoup de marques françaises à l'époque.
pour faire ce vélo. Et le pari, c'était de faire un vélo autotypé compétition. Donc, Mavic m'avait fourni des roues très légères à l'époque. C'était les premières roues complètes, donc les Crossmax et les Crossland. Moi, j'avais eu les Crossland.
Voilà, mais de partir avec un vélo qui j'aurais mis des portes bagages et des sacoches, les roues auraient pété au bout de deux mois. Et le fait d'avoir une troisième roue qui répartissait le poids faisait que je pouvais avoir un vélo très léger.
qui n'étaient pas du tout adaptés au voyage. Mais c'était un peu le pari, c'est que la remorque permettait ça. Et donc, c'est cette remorque qui, de nouveau, m'a permis d'aller transporter ce cadre.
Voilà, mais en tout cas, des 40 kilos du départ, au bout de, je ne sais plus, même pas 10 jours, je suis passé à 20 kilos parce qu'il y a des trucs que j'avais pris qui étaient complètement aberrants. J'avais beau partir en hivernal avec de la neige, j'avais limite pris des chaussures. Enfin, j'avais pris même des chaussures de montagne. En plus, vraiment, j'étais surchargé et j'ai très, très vite écrémé, fait un colis et je l'ai envoyé à San Francisco chez un copain qui était là-bas à ce moment-là.
Et de ces 20 kilos-là, j'ai continué à écrémé tout au long de mon voyage. Et à la fin, j'avais 13 kilos, remorque comprise. La remorque fait pas tout à fait 7 kilos, un peu moins. Donc, j'avais 7-8 kilos de matériel grand maximum, un peu plus quand il y avait l'autonomie d'eau. Et depuis, c'est resté à peu près le volume et le poids de bagages dont j'ai besoin quand je pars plus d'une semaine.
C'est souvent ce qu'on lit dans les récits de voyagères à vélo, c'est que bien souvent, ils partent très chargés, puis au fil des kilomètres, ils laissent des choses soit dans des bureaux de poste, soit ils les donnent tout simplement. Moi, je me souviens, mon premier voyage, c'était en Italie avec une amie qui avait pris les talons aiguilles, elle a fait un gros premier arrêt. Premier arrêt à un bureau de poste, elle a fait un gros paquet à sa maman. Allez, on allège.
En fait, c'est comme en randonnée à pied quand on porte un sac à dos. Le poids, c'est l'ennemi. Et à la fois, c'est ce qui va nous apporter un petit peu de confort. Et en fait, ce qui va faire le paquetage du voyageur, c'est sa capacité à accepter d'avoir moins de confort et à être heureux avec ça. Et du coup, bon, il ne faut pas se cailler. mais il y a des gens qui sont de plus en plus endurants.
Quand on vit deux mois dehors, au bout d'un moment, les petits caprices de la météo, ça commence à ne plus nous faire grand-chose. On sait qu'après la pluie, vient toujours le beau temps, qu'on va toujours sécher, qu'il y aura un moment, le petit rayon de soleil miraculeux qui fait qu'on va sortir le duvet, qui commence à être humide, ou la toile de tente. Ça peut être des fois compliqué sur l'espace d'une semaine. Moi, ça m'est arrivé à travers les Etats-Unis. J'ai fait trois hôtels en quatre mois et demi, Parce que vraiment, là, je commençais à ne plus en pouvoir.
J'avais les doigts gonflés par la pluie, comme en sortant du bain, tellement ça faisait des jours et des jours qu'il pleuvait en continu. Au bout d'un moment, il n'y a plus rien qui sèche. On finit par se dire, allez, on retrouve un peu la civilisation et le confort moderne. Mais sinon, quand on part quelques jours, on va toujours un peu se prendre le crachin, un peu de pluie. Et puis l'après-midi, il fera beau. Et voilà, ce n'est pas si important que ça.
Et en tout cas, quand on est prêt à renier un peu sur le confort alors il y a des gradations la vidéo que je regardais Yvonne avant-hier sur sur l'Atlas Mountain Race et Sofiane bon bah là pendant ça dure 57 heures sa course donc 57 heures c'est c'est un peu moins de 3 jours bon bah il prend pas une douche il se caille la nuit il roule en doudoune et à la fin il dit je rêve c'est son rêve le plus profond c'est de prendre une douche le reste tu n'importe peu avoir un lit tout ça, peu importe, mais avoir de l'eau douce pour se rincer le corps, c'est son rêve, son souhait le plus important.
Donc, on peut renier un peu sur le confort. Moi, quand je suis parti, ça m'est arrivé pendant 5 jours de ne pas me doucher, mais c'était l'hiver. L'hiver, on sut très peu, on ne sent pas. On peut avoir une hygiène minimum.
Et ce n'est pas un problème. Par contre, si on est dans un pays très chaud et qu'on perd du sel, rien que l'autre jour d'aller à Sainte-Afrique, mon t-shirt était blanc de sel le soir tellement il s'est monté à 36 degrés et voilà le confort et puis quand on part à voyager longtemps on se met dans cet inconfort là et on s'y habitue là où quand on est à la maison on va vouloir prendre une petite douche tous les jours et ça c'est quand on est capable de s'habituer à ça en voyage on se démunit peu à peu de tout ce qui n'est pas indispensable et c'est un vrai plaisir de se dire j'ai été capable de lâcher ça parce qu'en fait ce n'est pas indispensable à la vie j'ai encore un peu de confort à n'avoir plus qu'une fourchette pour manger et je n'ai pas besoin d'avoir une assiette parce que je pourrais manger dans ma popote et donc je supprime ça et je supprime ça et plus on réduit son matériel et plus c'est plaisant et on sait que dans l'effort ce sera plus plaisant qu'on pourra rouler de manière plus rapide plus confortable que le vélo sera moins lourd à porter quand on aura, je ne sais pas moi, un tout terrain à franchir des barrières ou à passer au-dessus d'un tronc.
Et c'est très marrant. D'ailleurs, c'est à cette époque-là qu'on s'est rencontrés quand la Frenchiva, il est passé à la maison il y a maintenant trois ans. On voyait les premiers qui étaient vraiment des coureurs. Il y avait Ben Langlais. Après, il y a eu David Souster qui est passé. Maxime Barat. Voilà, et tous ont des pactages. On a vraiment du mal à croire qu'ils sont partis pour dix jours.
Ils n'ont quasiment rien avec eux. Au niveau couchage, on se demande un peu ce qu'ils ont. Alors, il se trouve que le matériel a énormément évolué ces dernières années.
Moi, pour Paris Bray, j'ai acheté un sac de couchage. C'est déconcertant à la fois de performance thermique et de compacité et de réduction du poids. Moi, aux Etats-Unis, j'avais un sac de couchage North Face qui faisait deux kilos, qui était énorme. Alors, j'y dormais bien, mais c'était énorme et pas compactable. Là, je suis passé à un site où Sumit, on va leur faire un peu de pub, c'est un duvet qui fait 400 grammes, une fois compacté, honnêtement, il fait la taille d'un bidon d'eau de 800 millilitres.
C'est un duvet en plume d'oie ? C'est un duvet en plume, oui. C'est vrai que ça a un coût, mais du coup, on y gagne énormément en termes de poids. C'est un truc, honnêtement, tu pourrais, maintenant, l'hiver, par exemple, quand je pars à vélo, j'ai toujours une petite sacoche de sel derrière, je mets une petite doudoune dedans. Parce que ça m'est arrivé tellement de fois, la nuit qui arrive, il y en a un qui crève, et puis t'es là, grelotté au bord de la route, et je me dis, mais ça pèse tellement rien une doudoune, pourquoi pas la prendre ?
Et voilà, tu vois, c'est la petite dose de confort qu'on s'attribue ou pas, et c'est pas la doudoune qui va me gêner pour faire du vélo. Et là, quand on part maintenant, entre les matelas gonflables, c'est pareil. Moi, à l'époque, j'avais un thermareste qui devait faire 700 ou 800 grammes. Aujourd'hui, c'est toujours un thermareste. Il fait 340 grammes. Il est trois fois plus petit. Et on s'aperçoit. Alors, au final, on a toujours trop de matériel et on trouve que c'est toujours trop.
Mais la chance qu'on a par rapport à des explorateurs d'il y a 40 ou 50 ans, voire d'un siècle, c'est que tout s'est compacté d'une manière faramineuse. Et à tel point que j'avais une discussion avec Philippe Marguet des cycles Berthoud il n'y a pas très longtemps, c'est qu'à voir, on discutait des sacoches surbaissées, lui, il ne comprend pas le bikepacking aujourd'hui et le fait que tout le matériel soit mis si haut sur le vélo, que c'est une aberration et tout.
Il n'a pas tort. Sauf qu'autrefois, quand on avait des sacoches surbaissées, elles étaient surremplies et on rajoutait vite 15 ou 20 kilos au poids d'un vélo. Aujourd'hui, quand on a tout le matériel de bikepacking, Et si on rajoute 5-6 kilos, c'est le maximum. Donc 5-6 kilos mis en haut sur un vélo, de toute façon, ce n'est pas très gênant. Alors quand on commence à avoir trop de poids sur du matériel de bikepacking, oui, c'est pénalisant. Mais si on étudie bien son matériel et qu'on accepte de voyager avec peu, en effet, c'est haut, mais ce n'est pas un problème.
Et ça, ça a été des glissements qu'on fait que la pratique du vélo évolue et qu'on peut aujourd'hui voyager de manière très légère. Et donc, tu vois, moi, quand j'ai commencé à voyager et que j'avais 14-15 ans, je suis parti avec un sac à dos, ce qui était, je pense, la pire bêtise qu'on puisse faire. Ça a été la seule fois de ma vie, je crois, que j'ai fait ça. Alors, il ne faut pas, pour ceux qui ne sauraient pas, il y a beaucoup de gens qui écoutent et qui sont au cyclisme, et d'autres qui écoutent parce qu'ils sont juste intéressés par le sujet du voyage à vélo.
C'est vrai que le sac à dos, il va tenir la transpiration dans le dos, pile à l'endroit où il ne faut pas, en fait. Et c'est vraiment l'accessoire de ne pas prendre. Moi, j'adorais en tout terrain avoir toujours un petit sac, ne serait-ce que pour mettre l'eau, trois outils. Et je considérais que c'était un peu ma protection de colonne vertébrale. Donc, j'aimais avoir ce sac à dos sur le dos. Et puis, avec le concours en 2016, on avait interdiction de porter quoi que ce soit dans un sac.
Il fallait que tout soit sur le vélo et que même nos poches de maillot soient vides. Et puis, je me suis aperçu du plaisir que c'était de ne rien avoir sur soi. Et depuis, je n'arrive plus à rouler avec un sac. Et en effet, parce qu'on me ventile mieux que dès qu'on met un sac à dos, on a le dummy et c'est imparable. Et puis ça tire sur les épaules. Voilà, alors quand il n'est pas très chargé, ça va. Mais dès qu'on dépasse 3-4 kilos dans un petit sac à dos, tout de suite, ce n'est plus le même confort.
Voilà, donc c'est l'un des intérêts du bikepacking. C'est qu'on accroche très rapidement le matériel sur n'importe quel vélo. Alors ça aussi, c'est un inconvénient, c'est que ça abîme un peu les vélos, c'est que des systèmes avec des velcros qui frottent et voilà. Donc, il y a plein de choses à faire progresser. Mais en tout cas, ça a été une évolution récente de la pratique du vélo et du voyage qui fait qu'aujourd'hui, on peut presque prendre n'importe quel vélo et partir avec.
Alors justement, en parlant de bikepacking, Mathieu, et comme tu l'as très bien dit, on s'est rencontré sur la French Divide. Non, on s'est même rencontrés avant, on s'est rencontrés au concours de machine à Bruniquel, un an avant. Non, c'était après. La première rencontre, c'était après. Le concours a eu lieu l'année d'après. D'accord. Je ne sais plus, en fait.
Et c'est là où je t'ai parlé de mon projet de livre, où je t'ai proposé justement de te suivre sur ton aventure à Transpyrénéenne. Et à ce moment-là, il y a un autre cadreur qu'on connaît bien qui m'avait proposé, qui m'avait dit « Ah, j'avais adoré ton premier livre ». On peut le citer, c'est Julien des Cycles Victoire. Il m'a dit, ça ne te dirait pas qu'on fasse un vélo pour la couverture ? Alors moi, sur le coup, je n'y avais pas pensé. J'ai trouvé l'idée vraiment hyper intéressante. Et puis, il se trouve que malheureusement, Julien n'a pas pu faire ce vélo parce qu'il avait d'autres projets en cours.
Et tout connaissant, je me suis dit, tiens, je vais proposer à voir si Mathieu est partant là-dessus. Et on peut le dire, tu as accepté de suite malgré les conditions du coup hyper compliquées parce qu'il fallait faire ce vélo assez rapidement. On s'est mis autour d'une table, comme tu fais avec tous tes clients. On a réfléchi à faire un vélo à la fois de voyage, mais adapté au bikepacking.
Et c'est ce fameux vélo de la couverture que moi, j'ai nommé Charlie parce que durant toute la période où j'étais dans ton atelier à faire les photos, J'ai vraiment eu l'impression d'être comme dans Charlie, la chocolaterie. J'avais l'impression d'être au milieu de tonnes de friandises qui étaient en train de se fabriquer devant mes yeux. Ça a été une expérience proprement unique.
Du coup, j'aimerais bien que tu nous parles de ce vélo, ce que tu en as passé, comment tu as abordé cette problématique. La problématique, c'était de dire qu'on fait à la fois un vélo qui va être performant, un vélo qui va être agréable à rouler, qui peut tout à fait fonctionner sans sacoche, mais aussi un vélo sur lequel on va pouvoir mettre du chargement en mode bikepacking, c'est-à-dire juste des sacoches accrochées au vélo. Et aussi avec l'option éventuellement de mettre, je t'avais dit, moi pour développer mes photos, j'avais besoin d'un ordinateur.
En bikepacking, ce n'est pas facile. Et donc, on a trouvé cette solution. On peut mettre aussi des sacoches, ce qu'on appelle cavalier, des sacoches de pare et d'autre du vélo. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ce vélo ? Alors ce vélo, c'est pour moi un peu ce qui est un peu nouveau. Alors je ne dirais pas que c'est nouveau, ça existait. Daniel Catin faisait ce qu'il appelait des mules de voyage, des cyclos muletiers ou des choses comme ça, qui sont un peu les ancêtres du tout-terrain.
Mais en tout cas, c'est avec le gravel aujourd'hui, des vélos ultra polyvalents. Donc moi, j'appelle ça des gravel tours, parce que justement, ils permettent de faire des tours et du cyclotourisme. En même temps, ils peuvent aller sur les chemins sans être des vrais vélos tout-terrain. Mais c'est un vélo avec lequel, si un jour tu voulais t'aligner sur la freine Jivaille, tu pourrais partir. Donc, ils peuvent porter du bagage, mais du bagage relativement léger. Ils ne sont pas conçus pour porter 20 ou 30 kilos de sacoche.
Les tubes ne sont pas poisi pour ça.
Ça marcherait, mais ça nuirait à leur longévité. Les roues ne sont pas dimensionnées pour ça non plus. Mais en tout cas, ça va permettre de faire ce que j'avais prévu de faire cet automne, l'Italie, le Turanis à vélo.
Tu en reparlais avec Jeanne, la Smontagnes Macias en Espagne, de faire des voyages où on est en relative autonomie, en gravel, avec un pactage qui est un campement complet avec un petit réchaud, un tarp ou une tente. mais qui ne dépassera pas 8, maxi 10 kilos. C'est très facile à porter sur n'importe quel vélo, puisque tu n'es pas un immense gabarit, tu n'es pas obèse du tout.
Ça permet que tu puisses avoir vite des bagages sur un vélo. Un autre client avec à peu près la même configuration pourrait faire 30 kilos de plus que toi et le vélo tiendrait. Donc, c'est ce qui montre un peu ce qu'on peut faire avec un vélo et ce que supporte un cadre et des roues. Mais donc, ce vélo, le programme, c'est de pouvoir aller sur les pistes et les chemins, de faire du gravel. Donc, il a un passage de dimensionnement de pneus qui est assez conséquent.
C'était une de tes demandes et moi, je t'ai fortement poussé à tester le 650B. Tu roulais avec du 700, je crois que tu étais en 35 ou 38 et tu disais c'est génial. En 42. 42 sur ton 700. Mais tu disais c'est génial, je n'ai pas besoin de plus. Et je t'ai dit, mais si, si, si, si, il faut vraiment que tu essayes ça. Donc, tu es passé à du 150B par 48 ou 50. En tout cas, ton vélo l'accepte sans problème.
Et l'intérêt de ces vélos aujourd'hui, c'est qu'avec les freins à disque, tu peux très bien remettre des routes 700 dessus avec des pneus de 23 si tu en as envie pour aller faire de la route. Un même vélo permettra aujourd'hui d'avoir plusieurs usages. Alors moi, c'est ce que je m'étais dit en faisant le mien. Aujourd'hui, je n'ai jamais remis de route 700 avec des pneus de route. Mais je vais quand même le faire parce que les roues, je les avais montés. Je me suis dit, quand je pars faire vraiment de la route sur 2-3 heures avec des copains et qu'on se tape la bourre, je vais me mettre à armes égales avec eux.
Je pense à Aubin, entre autres, qui me fout la mine en ce moment dans toutes les montées avec son petit vélo de route quand moi, j'ai mes gros pneus de gravel.
Voilà, donc c'est un vélo très polyvalent, très simple mécaniquement. Il n'y a plus qu'un dérailleur, c'est un monoplateau. Il y a en frein à disque. Je ne sais plus, on avait tout mis en externe sur ton vélo. Oui, on a tous les serres en externe. Tout en externe. C'est un vélo vraiment un peu d'aventure, facile à entretenir.
Voilà, un vélo assez simple et avec par contre tous les ancrages pour mettre une sacoche permanente en sacoche de quatre. Parce que pour moi, c'est un peu la sacoche magique. Et de plus en plus, je pense que je vais aller vers des sacoches complètes. Tout le triangle avant sera rempli pour... Voilà, c'est-à-dire que la sacoche, en fait, il n'y a plus de strap, en fait. Elle est vissée, il y a des œillets, elle est vissée au cadre.
Voilà, alors c'est... Moi, à ma connaissance, le premier qui a commencé à faire ça, en tout cas, qui a communiqué là-dessus, c'était Rob English. Mais Rob English, c'est un peu la référence des cadreurs. C'est un anglo-américain qui est très en avance sur énormément de sujets. C'est un gros freiner, un gros bosseur.
Je me souviens avoir vu les premières fois des sacoches de backpacking vissées sur les cadres chez lui. Aujourd'hui, il y a justement Victoire qui le fait sur des vélos. Moi, je l'ai fait sur le concours de machines. On l'a fait sur ton vélo. Là, je le fais de plus en plus sur des vélos de clients. Ça permet de garder un cadre assez épuré, de ne pas avoir les velcros qui ne passent pas au-dessus des tubes. Oui, ça ne pense pas à la peinture.
Après, les autres sacoches s'accrochent sur les périphériques, donc sur le guidon. Donc, c'est pareil, ça ne va pas être trop nuisible au cadre. Et puis après, il y a la trust qui est un point très particulier puisque tu as une petite plateforme à l'avant pour accueillir un sac de guidon, que ce soit un sac de guidon de randonneur classique ou un sac de guidon de bikepacking.
L'intérêt de cette plateforme, c'est qu'elle l'empêchera à coup sûr le sac de frotter au pneu et puis après on a rajouté la petite option du mini porte-bagages de sa coche latérale puisqu'en fait sur une truss avec 140 grammes on rajoute un porte-bagages qui fera le même job qu'un tubus à 500 grammes c'est à dire que c'est ça c'est que la fourche truss a deux tiges au lieu d'une c'est ça deux bras au lieu d'un de chaque côté et juste avec l'ajout d'un tube de métal d'un tout petit tube de métal, ça fait un porte-bagages.
Exactement. Il n'y a pas besoin d'acheter le gros porte-bagages qui, en plus, on le sait, casse souvent. Là, on a fixé directement le porte-bagages à la fourche. Ça fait partie de la fourche. Il est amovible, mais en effet, c'est deux petits inserts à prévoir dans la fourche. Et puis, à partir de là, on vient connecter de part et d'autre ce petit tube de chromolybdène. Et puis, ça devient un accrochage tout simple de sacoche qui porte libre.
D'ailleurs, la plateforme aussi est amovible. Également, elle est amovible ou rabattable. Mais c'est l'intérêt de la truss, c'est qu'en fait, étant une forme triangulée qui prend beaucoup plus de volume qu'une fourche classique, ça offre des possibilités en termes de connexion, de porte-sac et de tout ça, qui sont bien plus simples que sur n'importe quel autre type de fourche.
Donc à la base, on aurait tendance à se dire que ça fait quand même une construction un peu compliquée, tout ça, pour avoir un freinage plus performant puisque c'est le vrai intérêt de cette fourche en premier lieu. Et puis de là, il y a plein d'effets collatéraux bénéfiques qui font que, alors que c'est une fourche en acier, elle devient, une fois qu'on a rajouté toutes ces options, bien plus intéressante pour moi que plein d'autres types de fourches.
La Columbus, récemment, a sorti une fourche carbone pour le bikepacking avec l'insert trois points de part et d'autre. Mais une fois qu'on a rajouté The Anything Cage et tous ces trucs-là, on arrive vite au poids d'une truss sans en avoir tous les avantages. Oui, c'est ça. Parce que moi, ce que j'ai trouvé avec ce vélo, je ne l'ai pas encore beaucoup roulé parce que c'est un vélo qu'on devait exposer pour la sortie du livre et qu'on s'est reporté, on ne sait pas encore trop quand.
Mais c'est vrai que ce vélo, il a une direction qui est d'une précision que je n'avais encore jamais eue sur un vélo. cette fourche, elle ne recule pas sur les chocs qu'on pourrait avoir sur un caillou ou sur un freinage par exemple, tu en parlais tout à l'heure, c'est vrai que j'ai une sensation de sécurité avec cette direction. C'est la particularité, c'est que c'est une construction qui est, bon, un vélo est fait comme ça, un vélo classique, à une époque au début du carbone, on a fait plein de choses exotiques et puis on en est revenu, mais je ne sais pas si tu te souviens des vélos Corima de pistes, qui étaient des espèces de grosses formes molles, monocoques.
On a tenté ça parce que le carbone était plus raide et puis à optimiser, on en est revenu à un double triangle parce que c'est la forme la plus évidente et la plus parfaite pour faire un cadre de vélo.
La Truss, c'est un peu pareil. Une fois qu'on connaît les contraintes d'un vélo moderne, c'est-à-dire d'un vélo équipé de disques puisque avec l'arrivée du VTT, ça a été une des forces d'évolution dans le milieu du vélo. On y vient tardivement avec le gravel et la route, mais à mon sens aujourd'hui, même si les cantilevers sont encore une très belle solution,
vouloir partir faire des longues épopées à vélo en se passant d'un disque, aujourd'hui c'est un peu casse-gueule.
Donc la truss permet, très très efficace, et je pense que c'est la fourche la plus efficace quand on parle de freinage à disque,
c'est qu'elle reprend la même construction qu'un vélo. Donc, des petits triangles couplés les uns aux autres, des entretoises entre le côté gauche et le côté droit pour assurer une bonne agilité. Et c'est un peu... Alors, ce qui est très, très chouette, c'est que moi, j'avais observé ça à la base sur les vélos de Jeff Jones. En fouinant un peu, je me suis aperçu qu'il y a pas mal d'autres cadres américains qui en faisaient.
Il y a Auditi qui en faisaient, Tom Richie en avait fait, Curtis de Retrotech en fait Rob English en a fait aussi aujourd'hui c'est devenu une façon de faire une fourche qui est assez évidente moi quand j'ai fait mes premières c'était des fourches de tout terrain qui étaient très grandes mais qui permettaient de faire des fat bikes ou des sections plus de pneus et puis c'est pour le concours en 2016 que j'ai fait la première truss sur une randonneuse et puis l'année suivante elle a eu des améliorations parce que je me suis aperçu que, enfin en 2016 j'avais fait ça pour pouvoir accrocher les revues de 200 qui étaient notre charge sur une des épreuves donc je les reliais dans des sacs étanches et je les pluguais sur les deux gouttières qui sont formées par les deux tubes sur la fourche et il suffisait d'un petit sandot pour accrocher tout ça et ça tenait super bien. Et puis à partir de là je m'étais dit bon ça m'étonnerait qu'on m'en demande beaucoup parce que c'est un look très particuliers, que c'est une fourche qui est relativement chère par rapport à une fourche unicrone en acier ou même une carbone industrielle.
Et puis, je me suis dit, moi, ça me plaît, mais je ne pense pas que j'en ferai beaucoup. Il a fallu un an pour que Jeff, un très bon copain, commande un vélo avec une truss. Ça a été le premier client à qui j'en ai fait une. Et puis, il y a eu la victoire au concours en 2017. Et puis, à partir de là, ça a été le déclic. Tout le monde a vu l'intérêt que ça avait. Et je crois que depuis, j'ai dû faire Alors, j'ai eu qu'un client qui a voulu une fourche en acier qui n'était pas une truss.
Non, deux, de deux. Mais sinon, depuis, c'est... Alors, je ne dirais pas que c'est ma marque de fabrique, mais un pêche-trégon a une truss. Et ce n'est pas moi qui l'impose au client. C'est que les clients veulent systématiquement une truss quand ils viennent me voir. Donc, elle a beaucoup évolué depuis la première. J'en fais encore certaines comme la première. Toi-même, tu as voulu des petits détails particuliers sur la truss au niveau des cintrages. Donc, ça permet énormément de choses.
En tout cas, sur les photos de vous qu'on peut trouver dans le livre ou que ce soit sur les photos de ce fameux vélo, on voit vraiment l'intérêt. C'est vrai qu'à la fois, on peut mettre du dry bag hyper facilement. Ça fait du portage hyper léger. J'ai encore testé ce week-end. C'est incroyable. En fait, le dry bag, c'est vraiment hyper étanche. Enfin, il n'y a rien de plus étanche. Même une sacoche, une bonne sacoche, elle ne va pas être aussi étanche qu'une dry bag. Et c'est très léger. Et ça se monte vraiment très facilement sur ce type de fourche.
Il y a une autre contrainte que je t'ai imposée suite au Turanis. Parce que Turanis, c'est des murs très longs, 15 kilomètres, 2000 d'AD plus. Et je t'ai dit, moi, il faut que je monte aux arbres avec ce vélo. Et on a eu ce partenariat, d'ailleurs, sur ton initiative. On a contacté la société Hop en Angleterre, qui nous a fourni un superbe pédalier.
Et là, on est en 36-46, je crois. 36 avant et une cassette 11.46 à l'arrière.
Donc oui, en effet, ça permet... C'est trop pour une pratique de gravel courante, mais quand on est en bikepacking un peu chargé et qu'on monte très longtemps, c'est un bon choix.
Parce qu'aujourd'hui, la plupart des vélos du commerce, les gravel estampillés. Gravel, c'est vrai que celui que j'avais jusqu'à présent, c'était un 40.42. Clairement, c'est sous-dimensionné pour du bikepacking. Oui, complètement. À moins d'avoir des cuisses de mutants. Mais on s'aperçoit aujourd'hui que monter en force, comme les vieux forçats de la route qui avaient des braquettes complètement aberrants, on s'aperçoit qu'en fait, en moulinant, on monte tout aussi vite et on s'économise.
Et on prend surtout beaucoup plus de plaisir à ne pas être dans le dur en permanence. Donc, c'est un très bon choix. Et c'est là que la pratique de gravel se retrouve un peu à la frontière entre plein de pratiques du vélo. C'est qu'elle emprunte... C'est un vrai vélo tout terrain, sans être extrême. Mais il faut que ça puisse passer partout. Mais du coup, ce que font beaucoup de personnes, c'est qu'ils mettent un pédalier de VTT sur leur gravel.
Mais il y a ce fameux problème, et que moi, j'ignorais complètement, de cet alignement de lignes de chaîne. et c'est vrai que Hop est arrivé là-dessus avec une solution pour nous c'était génial quand on a appelé Laurent Lecor et qu'en plus il a répondu favorablement et qu'il t'a fait un open bar sur le choix de tes composants merci beaucoup pour le café mademoiselle c'était très chouette d'autant qu'on a eu en primeur leur nouveau pédalier usiné creux recollé maintenant il faut qu'ils optimisent la fabrication parce que c'est énormément de temps d'usinage et de main d'oeuvre mais en fait ils s'avèrent être plus solides, plus résistants que leurs pédaliers monobloc usinés tout simplement parce que les corps creux sont souvent plus performants que des corps massifs au niveau de la répartition et de la diffusion des contraintes donc tu as eu ce pédalier en exclusivité Mais c'est quoi cette histoire d'alignement de chaîne ?
Est-ce qu'en deux minutes, on peut faire comprendre à quelqu'un qui veut s'appuyer un vélo ? En fait, on a un pédalier qui a un plateau monté sur un axe. Depuis le centre du vélo, qui est la référence quand on construit un cadre ou qu'on réfléchit à une transmission, on part toujours du centre du vélo, de la ligne un peu de démarcation qui doit être une vraie ligne droite, un vrai plan.
Et à partir de là, il y a ce qu'on appelle la ligne de chaîne. c'est l'écartement entre cet axe central du vélo et le point par lequel passe la chaîne. Donc ça peut être de 40 mm, 42, 45, 47, peu importe. Et derrière, si on était en monovitesse, en pignon unique, il faut que le pignon soit parfaitement dans l'axe de la chaîne. Dès qu'il ne le sera pas, on aura une usure prématurée. Et en fait, quand on a une transmission à vitesse, on a la ligne de chaîne qui serait idéalement le milieu de la cassette.
et à partir de là, quand on descend vers les petits pignons on tord un peu la chaîne et quand on monte vers les gros pignons, on tord un peu la chaîne et il faut que cette torsion soit relativement maîtrisée si la ligne de chaîne parfaite est sur le petit pignon ça veut dire que quand on a une transmission de vitesse quand on monte sur les dix autres on est de moins en moins aligné et à terme ça pose des problèmes à terme ça pose des problèmes parce qu'il arrive sur certaines transmissions moi j'ai un fatbike où j'ai joué justement avec la ligne de chaîne au maximum quand on est sur le gros pignon Si on pédale en arrière, la chaîne redescende deux, trois pignons.
C'est très gênant en tout terrain. Donc, j'essaie de trouver des solutions, mais il n'y en a pas toujours. Et donc, ça, c'est la ligne de chaîne. Et le gros, gros problème, je dirais que c'est un peu la seule vraie difficulté dans la fabrication d'un vélo, c'est le conflit entre le pneu et les plateaux. Donc, entre le pneu et la ligne de chaîne. Plus on a un pneu de section importante, plus il prend de place entre les bases. Et plus la transmission cherchant à être étroite va rentrer en conflit, sauf qu'entre les deux, il y a ce qu'on appelle un tube qui s'appelle une base.
Et la base fait qu'elle, on ne peut pas l'écraser à l'infini, ça ne peut pas être une feuille de papier à cigarette, sinon elle transmettra mal la compression de la base due à la transmission. Donc sur certains vélos, on n'a pas le choix, on fait des yokes, donc c'est des pièces de tôle, de chromo qui permettent de remplacer le tube à cet endroit-là, parce que le tube, si on l'écrase trop, il ne fait plus son boulot de tube. Donc, ça devient deux pâtes. Ou on voit aussi, quelquefois, sur certains vélos, que justement, ce tube-là, il descend beaucoup plus bas et puis il remonte d'un coup.
Alors oui, ça a commencé à se faire sur les vélos carbone et c'est une solution acceptable sur des vélos faits avec des matériaux ultra raides.
Puisqu'en fait, la forme induite,
en fait, le rôle de la base est principalement de la base droite, c'est le côté transmission. Quand on appuie très, très fort sur le pédalier, On tend la chaîne d'une manière phénoménale qui, elle, tracte les pignons qui font tourner la roue. Donc, le bras de levier qu'on applique là-dessus est phénoménal. Et en fait, ce qu'on cherche à faire quand on fait ça, ce n'est pas notre volonté, mais c'est pourtant ce qu'on fait, c'est qu'on cherche à comprimer la base entre la patte de fixation de roue et le boîtier de pédalier.
Donc, la rigidité de ce tube est très importante et aura une grande importance dans le rendement du vélo. Dès lors qu'on en fait un chewing-gum, c'est-à-dire qu'on le cintre dans tous les sens, soit pour faire passer des pneus, soit pour des raisons esthétiques, soit pour je ne sais quoi d'autre, on induit de la déformation.
Et cette déformation, le seul moyen d'y remédier, c'est soit de surdimensionner l'objet, soit de prendre un matériau qui se déforme très peu. Donc avec le carbone, ça ne se passe pas trop mal. Donc c'est ce qu'il y a sur les vélos de la marque Open. Monsieur Lise a fait un système, alors au lieu que ça passe qu'en bas, ça passe en bas et en haut. Ils ont fait, je crois que c'était le fuse qui était fait comme ça. Donc chacun y va un peu de sa façon de faire que le plateau peut presque toucher le pneu.
Il n'y a plus de tube à cet endroit-là entre les deux. Et par contre, il y a des fabricants de vélos acier qui se sont mis à faire la même chose. Du coup, la base ressemble à un fourreau de fourche. Elle est un peu cintrée de la même manière. Et elle arrive, elle contourne le pneu et le plateau pour arriver un peu sous le boîtier pédalier. Et là, bon alors, ça marche, les vélos tiennent le coup. Mais pour moi, c'est un peu une aberration, c'est qu'on va induire une déformation sur un tube qui doit être le plus raide possible.
Donc ça se fait, j'ai vu des vélos qui étaient faits comme ça. Il y a la dernière génération des Genesis qui est produite comme ça. Il y a les origines aussi, mais les origines, c'est des carbones.
Mais voilà, en cadre acier, il y a quelques marques qui ont sorti ça. Et je me suis dit, mais ils ont tous fumé les ingés dans ces boîtes-là. Voilà, parce que ça fait des vélos qui marchent, qui sont solides, tout ça. Mais pour moi, c'est nuisible en termes de rendement. Et d'ailleurs, quand on passe d'un vélo fait comme ça à un vélo qui est fait de manière plus cohérente, on va dire qu'on sent tout de suite la différence.
Voilà, donc c'est... écoute super forcément on est pris par le temps parce que là on a un podcast qui déborde un peu du temps juste pour ramener ça parce qu'en fait c'est des c'est des phases dans le milieu du vélo il y a des expériences pas au tout début du VTT mais je pense que c'était dans les années 90 à une époque ça a été la grande folie des bases hautes donc ce qu'on appelait les bases hautes c'est que la liaison entre les pattes arrière et le boite-uptelier n'existait plus et en fait on venait depuis les pattes arrière rejoindre le milieu du tube de sel ce qui fait que c'était des vélos parfaits pour mettre des courroies ce qu'on ne faisait pas à l'époque mais en tout cas la chaîne ne venait plus taper sur un tube il n'y avait plus rien et en fait très vite on a abandonné il y a eu un paquet de vélos produits comme ça j'en ai un pendu dans l'atelier là il y a eu un paquet de vélos produits comme ça et on les a même utilisés en championnat du monde mais sauf que c'était des vélos qui étaient mous ça ne pouvait pas bien marcher donc vu qu'il y a plein de gens qu'essayait. On a essayé de faire des vélos très rigides comme ça, en ajoutant des tubes énormes, mais c'était une aberration. Très vite, on a abandonné, mais il y a eu pendant 2-3 ans pas mal d'expériences de Basel Road dans le milieu du VTT.
C'est pour moi aussi con que ce qu'on fait aujourd'hui avec la base cintrée, pour le dire un peu crûment.
Les choses sont dites. Écoute, j'aurais tellement aimé pouvoir parler plus longtemps de toi. Je pense qu'on se fera, Mathieu, si tu es d'accord, on se refera un épisode de ces quatre où vraiment on parlera on choisira un thème, peut-être on choisira les roues en 650 ou les types de base etc. Parce que là malheureusement sinon on va dépasser, on dépasse déjà un peu. Moi je suis juste très déçu, c'est que quand Maxime, Marie m'a appelé, il m'a dit bon moi c'est un format 3 quarts d'heure 1 heure on est arrivé à 2h23, là tu m'as dit 3 quarts d'heure 1 heure, on est à 1h49 et 50 secondes. Je me dis ah j'aurais poussé un peu en l'endormant on sera arrivé à deux heures mais c'est pas grave tu vas couper un peu non mais attends le problème Mathieu c'est que je n'ai pas fini je sais bien c'est ça c'est que le problème c'est quand même qu'il faut qu'on dise deux mots sur notre partenariat avec Mavic qui nous a alors on a parlé avec Maxime Poisson qui nous a fourni ces fameux speed release donc ces axes traversants qu'on peut retirer comme un axe rapide en fait c'est ça et les roues en 650 ont été fournis par Mavic.
Si tu as un mot peut-être à dire là-dessus. Alors oui, ça a été, pour moi, pour le coup, ça a été une belle découverte. Je suis très heureux, peut-être trop tardivement, vu leurs difficultés du moment. Mais en tout cas, Mavic a un peu fermé la porte aux artisans pendant quelques années. Et là, depuis justement notre collaboration sur le vélo de ton livre,
est de nouveau ouvert à travailler avec les artisans et nous a fourni, donc déjà, tu as fourni une belle paire de roues pour ton vélo, nous a envoyé l'outillage pour faire les... pour usiner nos propres pâtes avec les standards du speed release. Et moi, ça a été une belle découverte, c'est que les axes traversants, j'y suis... Ça a un intérêt sur certains types de vélos, mais pas sur tous. Ça a surtout de beaux inconvénients, surtout sur des vélos de voyage et d'aventure.
C'est qu'on a toujours une chance d'oublier son axe traversant quelque part quand on a démonté la roue et qu'on charge le vélo dans un moyen de transport, un train, une voiture. Et eux, ils ont un peu inventé le meilleur des deux mondes, c'est-à-dire que la broche de serrage de roue, à savoir l'axe, reste dans la roue, qu'on le dévisse un tout petit peu avec un double filetage, une double hélice qui fait que ça se dévisse très vite.
Là, ça libère... C'est un peu compliqué. Ceux qui sont intéressés, je les invite à aller voir les petites vidéos très compréhensibles sur le site de Mavic. mais en tout cas ils ont un peu rassemblé le meilleur des deux mondes et d'ailleurs j'ai fini de monter un vélo avant-hier qui fait appel à ce procédé et j'espère que ça va se développer un peu je sais que Cannondale l'utilise maintenant sur pas mal de ses vélos mais en tout cas c'est un beau procédé qui allie l'extraversant et la même facilité d'usage que le serrage rapide c'est toi aussi qui as choisi les roues du vélo, alors on avait le choix on avait Open Bar aussi chez Mavic on les remercie vraiment, et tu as choisi toi de rester sur l'aluminium alors j'ai choisi de rester sur l'aluminium parce que je pense que dès lors que tu n'es pas dans la performance absolue, ça ne sert à rien de faire appel au composite voilà, tu n'es pas à 20 grammes près, d'autant que les roues carbone ne sont pas toujours plus légères que des roues aluminium, ensuite l'aluminium apporte plus de confort que le carbone sur des roues c'est pas vrai sur un cintre mais sur des roues il y a plus de souplesse avec de l'aluminium et sur un vélo de gravel qui va dévaler des pentes et en plus t'aimes bien dévaler assez vite en plus avec des deux sections assez importantes tu vas y aller assez fort ben voilà faut pas faut pas chercher à faire des formules 1 systématiquement et et je pense qu'en termes de fiabilité c'est pareil des roues aluminium de ce type si un jour t'as allé changer à changer la jante tu pleuras moins qu'avec des roues carbone voilà c'est plus cohérent je trouve sur un vélo de ce type on a fait le choix c'est pareil on a versé une tige de sel carbone de chez Hope mais bon tu risques de régler monter des sentes à tiges de sel régulièrement une Thompson allait mieux dans l'univers de choix de pièces qu'on avait fait de ton vélo donc c'est la seule petite entorse qu'on a fait à Hope même si Leur tige est absolument magnifique.
Mais la Thomson correspondait mieux à ton montage. On a fait deux entorses, en fait. On a fait aussi une entorse à Columbus qui nous a fourni les tubes pour ce vélo, qui nous avait proposé une fourche carbone. Bon, on ne va pas revenir sur le coût de la fourche trusses, mais c'est vrai qu'eux aussi, on leur a dit, c'est gentil, mais on ne va pas la prendre.
Tout à fait. Alors, l'une des raisons, c'est qu'en effet, tu souhaitais avoir une trusses pour toutes les raisons qu'on a évoquées juste avant. Ensuite, je trouve qu'il y a une certaine aberration à mettre une fourche carbone sur un vélo moderne en acier parce qu'une fourche carbone va être plus légère qu'une fourche en acier.
C'est vrai sur une fourche acier disque d'aujourd'hui, parce que c'est très difficile de faire une fourche à moins de 900 grammes ou un kilo, tant les fourreaux routes en acier sont surdimensionnés et très lourds. Mais c'est un peu ce qui permet d'être sûr qu'ils ne vont pas plier. Donc, le carbone est devenu assez imparable, puisqu'ils ont tout de suite eu des formes qui permettent d'encaisser un freinage disque.
Mais par contre, c'est des fourches qui sont très raides. Tu as ça sur ton bombe track aujourd'hui. C'est des fourches qui sont très raides, qui ont zéro souplesse, puisque c'est des fourreaux entièrement droits. Ce n'est pas la sensation que j'ai. Vraiment, moi, j'ai l'impression qu'il y a... C'est plus tes pneus qui vont apporter un confort que ta fourche. Une fourche en carbone de ce type, il y a zéro flex dessus. Alors, il y aura une légère oscillation avant-arrière sur sa longueur.
C'est ça, c'est ce que je reproche, en fait. Mais qui fait qu'au freinage, elle reculera un peu. Par contre, en transfert de choc, c'est zéro, il n'y en a pas. Alors, je dis pas que sur une truss, il y en a beaucoup plus. Mais il y a quand même les cintrages en haut de fourreau qui en amènent un petit peu. qu'ensuite c'est de l'acier, c'est des faibles sections, donc il y a quand même une diffusion de l'onde de choc qui va s'opérer. Et puis ensuite, je t'ai mis des pneus encore plus gros que ceux à quoi tu avais l'habitude.
Et moi, je considère qu'aujourd'hui, le pneumatique... Et alors oui, puisqu'on parle de pneus, tu m'as surpris, tu m'as dit, non, non, on ne prend pas de crampons. Je me suis dit, on va aller sur les chemins, on ne prend pas de crampons. Et en fait, c'est vrai, comme les pneus ont des grosses sections, Ils sont beaucoup plus souples et en fait, ils collent à tous les terrains, même à des cailloux. Même à des cailloux. Alors, en fait, c'est une croyance qu'on a avec l'arrivée du tout terrain.
C'est qu'on s'est dit, il faut absolument des gros crampons pour passer en tout terrain. Alors, c'est très vrai quand vraiment on roule dans du caillou, dans de l'éboulie, dans des trucs qui ne se tiennent pas. Mais même avec un FAT, avec des pneus qui sont complètement usés, à faible pression, ça adhère. Et c'est le principe d'un quad, il y a très peu de crampons proéminents sur un pneu de quad. Et pour autant, vu que c'est des pneus basse pression qui ont beaucoup de contact avec le sol, ils adhèrent très très bien.
Alors je ne fais pas l'apologie du quad, je suis assez farougement opposé à ces engins. Mais dans le principe, l'idée est là. Et la seule raison pour laquelle il est nécessaire d'avoir des crampons, c'est la boue. c'est dès que c'est un peu gras, que c'est mouillé, que voilà. Et c'est la seule raison d'avoir des crampons en tout terrain et en gravel, c'est les périodes un peu humides de l'hiver.
Il y a le swag aussi. Voilà, mais sinon, c'est vraiment pas utile. Et donc, les pneus qu'on a monté, de mémoire, c'est des 47 mm sur des jantes de VTT qui sont assez larges, donc ils prennent un beau ballon. Vu que c'est des sections importantes, on est bien moins gonflé que des sections un peu plus réduites. Donc, je ne sais pas, tu n'as pas trop, trop, trop pris en main encore ton engin, mais tu vas rouler entre 2, 3 et 2, 8 de pression et tu verras du coup que tu as une bonne adhérence dans la plupart des cas.
En fait, ce qu'on peut voir, et là, c'est un très bon cas d'école, c'est que quelqu'un qui vient chez un cadreur, quel qu'il soit, mais chez toi en particulier. En fait, vraiment, il profite de toute ton expertise, toute ta passion pour le vélo et ta connaissance de toutes ces choses-là. Moi, je serais... Enfin, si ça avait dû être à moi de choisir, je serais parté avec un vélo en 700, avec des petits pneus et des crampons et une forge carbone et plein de choses qui, finalement, sur tes conseils, en fait, ça coule sous le sens.
En fait, c'est très humain, on a tendance à aller vers ce qu'on connaît. Donc, tu avais un vélo comme ça, tu en étais content. Dans l'absolu, il suffisait et tu prenais du plaisir avec. Tu te dis, autant repartir de ce modèle-là pour refaire la même chose. Et j'ai certains clients qui sont comme ça, qui veulent le vélo qu'ils ont déjà. Et je leur dis, pourquoi vous l'échangez ? Alors, si vous l'avez déjà et que vous en êtes content, Alors certains, c'est pour avoir un vélo un peu plus performant, un peu plus typé, un peu plus leur vélo.
Mais dans les grandes lignes, ils ne vont rien changer dessus. Et moi, en fait, c'est pour ça que je tiens absolument à avoir un entretien long qui est préparatoire à la conception de leur vélo. C'est vraiment comprendre leurs besoins et les accompagner pour faire un vélo qui correspondra encore mieux à ce qu'ils attendent dans leur pratique. Et vu que je roule quand même beaucoup et dans plusieurs pratiques, j'ai ma façon de voir les choses qui évolue régulièrement.
Malgré tout, je suis conscient que je n'ai pas la parole divine et n'étant pas très croyant de toute façon. Voilà, donc mon avis évolue, s'affine. Des fois, je remets en question des choses que j'ai faites parce que je me dis je ne suis pas l'inventeur ni des bases hautes ni des chewing-gum mou aujourd'hui avec lesquelles on fait les bases mais j'ai fait des conneries en concevant des vélos avec le recul des fois je me dis mais vraiment t'es débile d'avoir fait ça alors souvent c'est bien c'est sur mes vélos de test perso ça m'arrive d'avoir de la casse et la plupart du temps c'est sur des trucs quand je les ai faits je me suis dit bon c'est un peu osé ton truc c'est bancal mais ça vaut le coup de le tester et alors des fois ça casse puis des fois ça cassera jamais et je me dis finalement tu as bien fait de le tester parce que tu t'aperçois que même si tu n'y croyais pas plus que ça c'est une bonne solution moi il n'y a qu'un truc sur lequel je n'ai pas suivi ton conseil tu ne m'as pas conseillé c'est plus que en fait moi je roule depuis des années avec une salle Gilles Berthoud et pour moi il n'y a que ça il n'y a que ça de vrai donc c'est vrai que j'ai mis aussi bien Guy Dolin que celle Berthoud en tout cas Mathieu encore une fois tu as aussi l'open bar chez Berthoud t'es très opérant comme garçon.
Je suis hyper honoré, ça me fait hyper plaisir, puis je me sens même un peu gêné par rapport à tout ça, mais c'est vrai que le projet de ce vélo, à la fois gravel et bikepacking, les a emballés, direct. Je pense que, alors je dis souvent ça, mais c'est très vrai, c'est qu'un cadre artisanal comme ça, c'est vraiment alors il n'y a eu aucune phase d'accouplement dans l'atelier je vous l'assure mais c'est un peu le bébé de Laurent Bellando et de Mathieu de Pêche Trégon un vélo artisanal c'est vraiment ça c'est à la fois ça transpire les gènes de son futur propriétaire et il faut que ça transpire les gènes de son fabricant et ça je crois que c'est primordial et c'est ce qu'a manqué un petit peu à l'artisanat du vélo des années 80-90 et c'est aujourd'hui ce qui doit transpirer vraiment dans l'artisanat, c'est que quand on vient voir un artisan et qu'on aille voir Andréas de La Fraise ou Victoire ou moi ou Julien Fritsch de Jolie Rouge, on va le voir parce qu'on aime sa façon de faire des vélos.
Exactement. En tout cas, c'était ma démarche. Moi, je voulais vraiment, en venant chez toi,
d'autant que c'est un vélo de présentation, ce n'est pas un vélo non plus,
ce n'est pas un vélo commun, c'est un vélo qui doit montrer ton savoir-faire. Il fallait qu'ils te ressemblent au maximum. Et c'est pour ça que j'ai essayé au maximum d'être dans l'écoute et de te laisser t'exprimer sur ce vélo. Moi, je trouve que le résultat, il est vraiment hyper réussi. Et j'invite vraiment tout le monde à aller voir. Alors, tu n'es pas le pro d'Instagram, mais tu t'y mets petit à petit, d'aller voir tes créations sur Instagram. Tu as un vieux site, je crois que tu es en train de travailler sur un nouveau site.
Donc, allez voir ton travail. Allez voir les vélos de concours parce que tu as quand même gagné une fois le concours de machine. Tu as fini deuxième une autre fois. Et troisième, encore une autre fois.
Donc, il y a au moins trois beaux vélos à aller voir sur le site de l'Association des artisans du cycle. Enfin, voilà. Écoute, si tu as un mot de la fin, maintenant, il est pour toi, Mathieu. Un mot de la fin. Alors, j'aurais tendance à dire que,
vu que ton blog est un petit peu quand même orienté autour du voyage,
n'allez surtout pas voir un artisan pour vous faire un premier vélo. Ça n'a pas de sens. Commencez par faire du vélo. Enlevez les roulettes, mettez des bagages et partez rouler. Partez à l'aventure avec n'importe quel vélo. Alors, ne prenez pas une rogne qui ne tiendra pas la route, mais partez avec n'importe quel vélo, partez avec ce que vous avez, renseignez-vous un peu, améliorez les choses. Mais aujourd'hui, il n'y a pas besoin d'avoir un vélo incroyable pour partir se faire des petites aventures, ne serait-ce qu'un week-end.
Partez avec ce que vous avez, faites-vous déjà une expérience et venez voir un artisan le jour où vous voulez vraiment avoir votre vélo vous savez ce que vous attendez de lui il vous accompagnera pour l'imaginer mais moi à chaque fois qu'on est venu me voir des gens qui n'avaient jamais fait trop de vélos, qui voulaient partir faire un long voyage et qui me disaient il me faut un vélo artisanal je leur ai toujours fait des recyclettes c'est à dire que tant qu'ils n'ont pas vraiment décidé de quel voyage ils allaient faire sur quel revêtement sur quel continent avec laquelle on en parlait, la compacité, le poids des bagages.
Tant qu'on n'a pas fait l'expérience de ça, c'est une aberration de se faire faire un vélo sur mesure. De même que se faire faire un vélo de route, si on n'a pas fait déjà de la route et qu'on n'est pas convaincu qu'on veut un vélo de route qui est une vraie fusée, il y a plusieurs façons de faire des vélos de route. Et certains vont vouloir un vélo de route pour faire Paris-Brest-Paris où il leur faudra beaucoup de confort. Là où d'autres, le confort, on n'a rien à faire.
Ce qu'ils veulent, c'est un vélo à 6,5 kg et qu'il soit une vraie fusée quand on appuie dessus. Et ça, il n'y a que la pratique qui peut l'amener et c'est une fois qu'on aura pratiqué qu'on saura ce qu'on voudra. Moi, partir d'une feuille blanche, de quelqu'un qui n'a jamais fait de vélo, être capable de le placer correctement dessus pour qu'il ait de bons points d'appui et pas de douleur, alors qu'il n'a jamais fait de vélo, j'en suis incapable, mais incapable.
Donc, c'est vraiment un travail en commun. Et j'aurais tendance à dire aux gens qui nous écoutent et qui se disent un jour je me ferais bien faire un vélo artisanal, réfléchissez vraiment avant et partez d'une base qui est votre expérience. Ne partez jamais de la feuille blanche. Donc voilà, l'aventure du vélo artisanal, moi je suis très très content de l'avoir partagé avec toi parce que c'était une chouette aventure et je suis très content du résultat.
Ça c'est un point qui est très important. Demander à un cadreur de faire un vélo qu'il ne sent pas. Moi, maintenant, c'est pareil, je botte en touche. Quand vraiment j'ai des vélos à faire et que je n'ai pas envie de les faire ou que je n'ai pas une bonne accroche avec le client, ce qui est très, très rare, je dois vraiment avouer que j'ai du bol à ce niveau-là.
Quand on ne le sent pas, il faut l'envoyer vers un confrère.
On se dit, avec lui, c'est plus le type de vélo qu'il fait, il y aura un meilleur feeling. Mais il vaut vraiment mieux faire ça que faire un vélo pour lequel on n'a pas un ressenti très favorable.
Voilà, mais en tout cas, le vélo artisanal, ça doit être vraiment une alchimie. Quand on ne trouve pas ce qu'on veut dans un magasin, on a vraiment des envies très particulières, qu'on adore le travail d'un artisan. Comme dans le surf, ça va te parler, mais je sais qu'il y a des surfers... Oui, d'ailleurs, je dois surfer à midi là, Mathieu. Ça y est, on a dépassé nos deuxières.
Je sais que dans le surf, il y a des surfers, ils vont voir tel shaper, parce que ce shaper les comprend bien et leur a toujours fait les planches qu'il voulait parce qu'il arrive à comprendre comment il les a déjà vus surfer, il sait qu'ils aiment tailler des trucs assez courts au contraire, ils aiment des longs boards il y a ce truc là dans le surf alors j'en parle comme ça, j'y connais rien je ne suis pas du tout surfeur, j'habite trop loin des vagues mais voilà, en tout cas dans le vélo il doit aussi y avoir ce ressenti qui fait que si on n'arrive pas à comprendre son client on va tomber à côté et ça c'est une des particularités qui fait qu'il faut prendre le temps un vélo artisanal, on ne commande pas pour l'avoir dans deux mois il faut qu'on en discute il faut qu'entre le moment où il y a le rendez-vous et le moment où je vais commencer le vélo il faut que le client se pose encore des questions parce que j'aurais soulevé plein de questions en lui il va y avoir des allers-retours souvent au téléphone parce qu'il y a des clients qui habitent dans d'autres régions il va y avoir des allers-retours moi je vais leur reposer des questions au moment que je dessine le cadre et puis à partir de là ça va ça va maturer et bon voilà c'est je vais m'arrêter là tu comprends pourquoi je t'ai dit de bien t'installer confortablement au début du podcast c'est que là tu en perds la voix Mathieu il va falloir que tu bois un verre d'eau parce que tu commences à avoir un petit peu la voix cassée en tout cas merci beaucoup c'était comme à chaque fois qu'on s'appelle c'est passionnant et je pense que tu reviendras parce que t'as encore plein de choses à dire, là je vois bien que t'es sur le frein tu voulais toucher les deux heures de podcast mais non Mathieu donc comme toujours, si vous êtes arrivé jusqu'à la fin de ce podcast, c'est génial ça veut dire que sans doute vous avez apprécié n'hésitez pas à vous abonner le podcast est disponible sur toutes les plateformes et si en plus vous mettez des bonnes notes du coup j'aurai encore plus d'auditeurs donc je vous en remercie bon ben voilà dans la roue c'est fini pour aujourd'hui merci Mathieu pour te suivre c'est Pêche Trégon sur Instagram peut-être un petit peu Facebook tout à fait alors je ne m'appelle pas Mathieu de Pêche Trégon je dis souvent Mathieu de Pêche Trégon parce que c'est le nom de la marque mais je ne suis pas un deux quelque chose voilà donc Mathieu Cholet tout à fait et si j'ai un deuxième mot de la fin ah merde Mathieu je vais le faire très vite c'est qu'en fait bah aujourd'hui on a tendance un peu mais comme dans tous les univers de la consommation à consommer les objets, que ce soit les téléphones portables, les fringues et tout le reste, à le faire beaucoup trop et il va falloir que nos sociétés évoluent à ce niveau-là. Je pense que le vrai intérêt d'un vélo artisanal, c'est quand on se le fait faire, on n'a pas envie d'en changer deux ans après.
Parce que c'est vraiment notre vélo et je pense que c'est un des points qui est primordiaux dans le choix d'un vélo artisanal. Alors certains considèrent qu'ils le paieront un peu cher, je pense que c'est faux. Un cadre artisanal démarre à peu près à 1300 euros en France un cadre nu voilà mais sachez que si vous investissez dans ce vélo et que vous le gardez 10-20 ans voire plus parce que ça peut durer bien plus longtemps ça se répare mais regardez surtout et puis ça peut évoluer aujourd'hui on peut en transformer un cadre qui était en cantilever en frein à disque ça peut évoluer donc regardez surtout si vous achetez un vélo pour les 10 ou 20 ans à venir ce que ça vous coûte par an et on devrait faire ça sur tous les objets qu'on acquiert penser à leur pérennité et à leur durabilité voilà c'est mon dernier mot de la fin c'est promis bon merci beaucoup Mathieu dans la roue c'est fini pour aujourd'hui non me déplaise à Mathieu qui veut encore dire quelque chose merci à toi Laurent c'était un plaisir rendez-vous rendez-vous la semaine prochaine et donc le livre Vélonomade est disponible dans toutes les bonnes librairies il est édité chez Tana et petite cerise sur le gâteau il a été imprimé en France sur du papier recyclé, donc ça, ça me tenait à cœur, voilà.
Ah, c'est fini ! Merci, au revoir. Bon, et ben, à bientôt, Laurent, tu m'en dédicaceras un, et puis, M. Cina, tu dois déjà me dédicacer les anciens, pour information. Ah, putain, mais on n'avait pas le stylo.
Non, mais pas de problème, je viendrai faire une séance de dédicaces spécialement chez toi, Mathieu. Bon, en tout cas, merci beaucoup, Laurent, à très bientôt, et bonne continuation !