
Notes de l’épisode
Après avoir poncé les routes de la capitale et sillonné les chemins de France et d’Europe avec le PCR Gravier, Arthur a choisi de vivre sa passion au Brésil. Dans cet épisode, Arthur nous emmène dans ses sacoches, à 9000 km de Paris. Il va nous parler, bien sûr, de la situation sanitaire là-bas, mais aussi de la pratique du vélo dans ce pays-continent. Il reviendra aussi sur son expérience du bikepacking en France.
Prêt pour le voyage ? Alors, c’est parti !
Instagram : @arthur_frd
PCR Gravier : http://pcrgravier.cc
Ridy : https://www.ridy.fr
Casabeta : https://www.casabeta.com.br
Bicitrip : https://www.bicitrip.com
Musique : Artyom / David Kiledjian \ Miguel Atwood-Ferguson – © 2020
Photo : Julien Sommier © 2016
Transcription
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À travers mes différentes activités liées au vélo, j'ai eu la chance de rencontrer de nombreux cyclistes au parcours singulier. Des voyageurs, des coureurs, des artisans, des passionnés. De ces rencontres est née l'envie d'enregistrer ce podcast, l'envie de partager leurs récits, leurs aventures, leurs expériences. Alors il faut bien avouer que cette période de confinement a un petit peu accéléré les choses, car s'il y a bien un trait commun avec tous ces cyclistes, c'est cette même envie d'enfourcher leur vélo, de prendre la route et de découvrir de nouveaux horizons.
J'ai donc voulu savoir comment eux vivent le confinement, comment ils s'entraînent et quels conseils ils peuvent partager avec nous. Je suis Laurent Bellando et aujourd'hui je vous emmène dans la route d'Arthur Ferro.
Après avoir poncé les routes de la capitale et sillonné les chemins de France et d'Europe avec le PCR gravier, Arthur a choisi de vivre sa passion au Brésil. Dans cet épisode, Arthur nous emmène dans ses sacoches à 9000 km de Paris. Il va nous parler bien sûr de la situation sanitaire là-bas mais aussi de la pratique du vélo dans ce pays continent.
Il reviendra enfin sur son expérience du bikepacking en France. Prêt pour le voyage ? Alors c'est parti ! Bom dia Arthur, comment vas-tu ? Je dis bom dia, mais je ne me trompe pas, c'est ça ? Ouais, bom dia Laurent, bon allez, on va dire un petit peu. Au Brésil, on a trois façons de dire bonjour en fonction du moment de la journée.
Bom dia c'est le matin jusqu'à midi, après on passe sur Boa Tarde. Moi c'est l'après-midi là pour moi, donc on peut dire Boa Tarde, et le soir on dit Boa Neuch, mais bom dia c'est très bien. Quel est ton humeur musical aujourd'hui, Arthur ? Mon humeur musical, c'est un peu sur le thème du Brésil. J'écoute pas mal de bossa nova en ce moment. C'est un thème musical que j'aime bien. C'est assez relaxant dans cette période qui est un petit peu oppressante et anxiogène.
J'aime bien écouter ça. Ça me fait travailler mon portugais. On travaille à la maison. Du coup, on a un petit peu moins de vie sociale. Et du coup, c'est bien pour affiner mon portugais. Il y a des artistes que tu peux nous conseiller ? Un des plus connus, je crois, c'est Tom Jobim, qui est assez cool. Sinon, il y a une playlist super sur Spotify qui est Bossa Nova, tout simplement. Il y a une soixantaine de titres hyper connus, hyper fameux.
C'est de la musique brésilienne, on va dire un peu traditionnelle, mais c'est assez cool, c'est assez enjoué, c'est doux, c'est motivant, j'aime bien.
Du coup, est-ce que tu peux te présenter un petit peu, nous dire d'où tu viens, quel âge tu as, ce que tu fais aujourd'hui, par où tu es passé et surtout comment t'es venu cette passion pour le vélo ? Ouais, c'est un problème. Du coup, moi, c'est Arthur Ferro, j'ai 30 ans. J'habite au Brésil, dans l'état du Minas Gerais, dans la ville de Belo Horizonte, plus précisément.
Je me suis expatrié il y a à peu près deux ans et demi. Avant, j'habitais à Paris. J'ai vécu sur Paris pendant 7-8 ans. Je travaillais en agence de publicité. Et après ça, j'ai monté une société avec trois autres amis slash collègues. Une société qui s'appelle RIDI, qui existe toujours, qui est une solution de réparation de vélo à domicile. L'idée, en fait, c'était de simplifier la réparation de vélo, en fait, pour offrir une solution un petit peu différente aux gens qui faisaient du vélo dans Paris Au lieu de, on sait que faire du vélo en ville, ce n'est pas forcément simple.
On a déjà le côté un petit peu jungle de la circulation. Et puis, dès que le vélo a des problèmes, ça peut être vite un frein à l'usage du vélo. On voulait du coup aider les Parisiens à se remettre en selle. Et en quoi cette solution est-elle différente ? Alors aujourd'hui, elle n'est pas trop différente. Mais avant, elle était assez différente parce qu'on a été dans les premiers à se lancer. On a été la deuxième société à se lancer sur ce créneau-là en France.
Et à l'époque, c'était assez, à l'époque, c'était il y a cinq ans, mais c'était assez différent, c'était assez nouveau et les gens aimaient beaucoup en fait. C'était au même moment que les plateformes, par exemple, de livraison de repas se sont développées sur Paris. D'accord, mais en fait, vraiment, pragmatiquement, ça se passe comment quand on fait appel à RID ?
Alors, dès qu'un client a besoin, par exemple, de changer une chambre à airs suivant que tu as une crevaison ou changer une chaîne, il se connecte sur le site RID, il choisit son créneau horaire et sa disponibilité, il renseigne ce dont il a besoin ou alors il a sa message si ce n'est pas la raison de la panne. Et ensuite, un réparateur RID prend contact avec lui et se déplace sur le lieu qu'il a choisi. Donc, ça peut être soit le domicile, soit le lieu du travail ou soit dans la rue pour faire la réparation.
C'est très simple. C'est un système de mise en relation offre et demande. Tu n'en fais plus partie ici aujourd'hui ? Non, aujourd'hui, du coup, du fait de la distance entre le Brésil et la France, j'ai décidé de me retirer de la société, de laisser mes anciens collègues travailler dessus à 100%. C'est très dur quand on est entrepreneur de faire partie d'une société tant dans le day-to-day de l'activité et aussi sur la réflexion stratégique de l'entreprise.
Et autre chose, moi, j'ai développé d'autres activités ici et du coup ça devenait très compliqué d'être un petit peu partout donc j'ai décidé de m'en éloigner un petit peu de ride mais ça fonctionne toujours et les gars sont toujours aussi cool et ils travaillent beaucoup avec des entreprises maintenant et c'est assez chouette et du coup ils peuvent faire vraiment tout type de réparation c'était la question que j'allais te poser ouais ouais il n'y a pas trop de restrictions ça va de la simple chambre à air sur un vélo classique jusqu'à la révision d'un moteur électrique Bosch sur un vélo électrique il y a eu des formations de fête ils peuvent faire des purges sur des vélos avec des freins à disque hydrauliques ils peuvent faire de la transmission électrique enfin voilà ils se sont mis beaucoup à jour sur toutes les formations qui sont nécessaires pour travailler sur des vélos un petit peu plus haut de gamme ou un petit peu plus complexes type les vélos électriques les vélos hollandais les vélos urbains donc non il n'y a pas de problème là-dessus sur les types de réparations nous on s'est connus à Paris à peu près à cette époque-là parce que tu bon tu fais partie du Paris Chill Racing et puis tu fais partie surtout du PCR Gravier tu peux nous en dire un peu plus Oui, écoute, c'est vrai que pour revenir un petit peu sur ta question, mon attrait pour le vélo, ça vient de pas mal de temps, depuis l'enfance, mais c'est vrai quand je suis arrivé à Paris, avant je faisais beaucoup de sport, je faisais beaucoup de kayak, du kayak salome, ce qu'on voit au JO, on ne les verra pas cette année, mais on les verra en 2021.
des sportifs qui passent sur de l'eau vive dans les portes vertes et rouges. Je faisais ça beaucoup et quand je suis arrivé à Paris, c'est un petit peu compliqué. Du coup, je me suis mis en quête d'une autre activité. C'était l'émergence du vélo à pignon fixe, du vélo urbain, single speed et tout ça. C'était aux alentours de 2000 mois. Ça m'a un peu touché, ça va vers 2008-2009.
2013, non ? Quand j'étais un peu lié, quand je suis arrivé à Paris sur 2011-2012, c'est là où je me suis acheté un vélo sur Paris. un motobécane que j'ai été acheté sur l'avenue Foch. Et je me souviens avoir fait l'avenue Foch jusqu'à l'avenue de la République, là où j'habitais, sur un vélo avec des pneus de course en 1923, un motobécane des années 70. C'était assez drôle et j'étais trop content. On est venu une passion pour les pièces, pour le vintage, essayer de transformer mon vélo, de lui mettre des roues flip-flop.
C'était assez drôle. Et on est venu à trouver des gens avec qui rouler. Et en fait, j'ai découvert le Paris Cheer Racing assez rapidement sur les forums, sur les réseaux. Et pour la petite histoire, j'hésitais entre le RDM et le PCR pour faire mon premier ride. Alors, le gros battle, tu peux peut-être t'expliquer, vas-y. En fait, à Paris, il y a deux grands rassemblements de vélos urbains le soir.
Et c'est le même soir, c'est le mercredi soir, c'est à 21h. À l'origine, le PCR partait de... Je vais peut-être dire une connerie. Bon, bref. Non, je ne veux pas le dire. Mais du coup, maintenant, le ride du mercredi, le RDM, part de Beaubourg et le PCR, le Paris Chill Racing, part de République. Et en fait, voilà, c'est deux rides avec, à la base, le même positionnement, c'est de faire du vélo, se rejoindre ensemble et puis faire un ride 20, 30 kilomètres dans Paris.
Et du coup, j'avais hésité. Je suis allé au RDM en premier. En fait, j'ai pas trop aimé l'ambiance, j'ai pas trop aimé le ride, c'était assez saccadé, il y avait des gens qui savaient pas trop rouler, je dis pas que je savais rouler, mais au moins les trucs de sécurité, de pas trop se coller, de pas trop faire les débiles, même si on peut faire les débiles de façon assez contrôlée. et du coup la semaine d'après le mercredi d'après je suis allé au PCR et ça a été différent j'ai plus apprécié le ride j'ai plus apprécié les gens j'ai plus apprécié aussi l'après après le ride en fait on se retrouve dans un bar du 12ème qui est le Penti et bah ouais c'est assez cool on partage, on échange et puis j'y suis revenu et ainsi de suite et puis au fil des ans c'est devenu des copains il y a eu plein d'événements qu'on a fait sur Paris qui se font encore les gens les gens viennent les gens repartent mais il y a toujours un noyau dur en fait qui est constitué d'anciens d'anciens qui sont partis maintenant il y a des néo-anciens enfin voilà c'est assez cool et on retrouve toujours les mêmes valeurs et c'est toujours un plaisir en fait d'y retourner et dès que je retourne à Paris j'essaie de toujours me refaire un petit ride le soir le dernier en date c'était cet hiver vers Noël c'était assez cool et oui du coup on s'est rencontrés via le Paris Chill Racing dans ces années-là 2010-2012 et ensuite est venu un petit peu vous étiez en avance là-dessus est venue la mode du gravel bike, du backpacking clairement vous étiez avant l'effet de mode et vous avez créé vous le PCR gravier ouais alors moi je n'y suis pas je ne suis pas à la base de la création mais c'est vrai qu'on faisait beaucoup de cyclocross c'est vrai que le cyclocross en milieu urbain et on était assez adepte de ça, donc on chiait des cyclocross en alu, en acier, puis on faisait des circuits autour de Paris, on a fait des manches de cyclocross, il y a toujours un événement qui se passe en Saint-Onge, où il y a une petite course de cyclocross, il y a surtout pas mal de fêtes,
et le gravier, c'est venu en 2016,
je dis pas de bêtises, et c'est Renaud, Pierre, Julien, et Antoine, qui sont partis tous les quatre, faire le parpaillon, monter le parpaillon, donc un des cols les plus hauts, qui est tout en gravel et qui se finit par un tunnel qui est assez mythique. Et du coup, ils sont partis avec leur vélo type cyclocross. Antoine, je crois, de mémoire, il avait une cassette, genre une cassette route 11-28, des gros plateaux.
C'était dans l'esprit PCR, un peu à l'arrache. Il y a un super article sur le site du Paris Tiller Racing, sur le parpaillon. Renaud avait oublié ses chaussures chez lui, ils ont dû faire demi-tour. Donc voilà, c'était assez épique. Suite à ce trip, en fait, ils ont décidé de partir un petit peu plus loin l'été et ils m'ont convié. J'étais sur le Turanis, en fait.
James avait créé le Turanis Challenge pour le mois de septembre. Sauf qu'en fait, personne ne pouvait trop se déplacer au mois de septembre de nous, en fait. Il en a été décidé de faire ça au mois d'août, un peu en éclaireur du challenge qu'il allait avoir en septembre. Donc, on est partis faire Turanis, on était six, et voilà, on est partis un petit peu comme ça, par les Grandes Alpes, par les chemins de gravier, et ça, c'était fantastique.
Moi, c'est des souvenirs qui sont mémorables et qui ont pas mal mis gravier sur ce qu'est aujourd'hui, partir entre copains, à l'aventure, de façon autonome et dans des endroits qui sont assez beaux et assez différents. Les oiseaux ont disparu dans le ciel. Le dernier nuage s'est évanoui. Nous sommes assis ensemble, la montagne et moi, jusqu'à ce que, seule, la montagne demeure.
Aujourd'hui, ça ne paraît pas si extraordinaire, mais c'est vrai qu'à l'époque où vous l'avez fait, c'est pas mal parce que même les premières sacoches, Il n'y avait pas un choix incroyable dans l'équipement ? Non, c'est vrai. Et en fait, on y est allé vraiment un peu à l'aveugle. On ne savait pas trop où on allait. Je me souviens, on a fait un petit week-end d'entraînement sur le week-end du 14 juillet.
On est parti dans les Alpes. Moi, personnellement, je n'avais jamais monté un col avant. Je n'avais jamais fait de vélo en montagne. Je suis originaire de l'Indre-et-Loire. Je fais du vélo à Paris. Ce n'est pas là où on… Moi, je n'avais pas d'expérience là-dessus. on n'avait pas trop d'expérience sur le bikepiking dans des endroits un peu reculés. Moi, j'ai fait beaucoup avec Hugues, qui fait partie du PCA Gravier maintenant aussi.
C'est un copain d'enfance et on vient de la même petite vie. Et avec lui, en fait, on a pas mal bourlingué en Europe avec des grosses sacoches hors-libres et tout. Du coup, moi, le côté camping et tout, ça ne me faisait pas trop douter ni peur. Mais c'est vrai que rétrospectivement maintenant, quand on en reparle et qu'on reparle de ce trip-là, on se dit, putain, on était vraiment en mode insouciant.
Et voilà, le truc du débutant, on part en jouet à l'aventure et on ne savait pas trop ce qui nous attendait. Au sujet des sacoches, on a eu la chance d'avoir un partenariat assez sympa avec un contact de Julien qui avait un magasin qui avait lancé un site e-commerce d'un peu de bikepacking, d'accessoires. Et il avait notamment la gamme Apidura. Tu peux citer, si tu... Alors, je crois que le magasin n'existe plus.
Ça s'appelait Vélocop, avec deux eaux. On avait, pareil, dans l'article du Turanis, qui est sur le blog du Paris City Racing et du site du PCA Gravier, on a dû le mentionner. Mais je crois que le shop n'existe plus et le compte Instagram n'existe plus. Et du coup, on avait pu, ils nous avaient gracieusement envoyé des sets de sacoches à Pidura. Alors, pour la petite histoire, on a reçu les sacoches la veille de partir, le vendredi soir.
Et on partait le samedi matin à 6h, gare de Lyon pour Turin autant dire on était un peu tous flippés moi j'avais déjà une sacoche arrière à Pidura, je l'avais remplie, j'avais pas de sacoche de cadre, j'avais, donc du coup c'était l'enfer quoi, on avait pas trop pu tester le matos. Ouais c'est un intérêt de fitter là. Ouais du coup en fait ça arrive à la bicyclette le vendredi fin d'après, on y croyait plus en vrai. Qui est une boutique à Paris qui est une boutique à Paris, qui est la meilleure boutique de vélo au monde je pense tenue par la famille Savarino et du coup on était comme des gamins, on avait nos sacoches et puis voilà c'était notre premier trip bikepacking effectivement et puis oui à l'époque il n'y avait pas beaucoup de gens qui en parlaient, il n'y avait pas beaucoup de retours d'expérience il y avait on avait tous du matériel beaucoup moins technique qu'on a aujourd'hui si on regarde les photos, moi j'avais un oreiller décathlon, il fait des énormes ça prend vachement de volume les buvets les matelas et puis il fait le double de poids d'un situ-submit donc avec le temps on a un petit peu réduit tout ce qu'on prenait de toute façon on apprend de nos expériences même les vélos non ?
parce que vous deviez avoir des ratios surdimensionnés pour le Turanis c'était un peu Frankenstein des transmissions ce trip moi j'avais un vélo qui était devant 50-34 à la base et puis une cassette 11-32. Donc là, pour ce trip-là, j'avais acheté un pédalier de VTT SRAM double plateau. Je ne sais même plus combien c'était, mais ça devait être du 32-28.
Mais j'avais gardé ma cassette 11-32. Des choses qui, aujourd'hui, ne se penseraient pas du tout. Pierre, il est parti avec des pneus slick en 30 de section. Aujourd'hui, on est tous en 40-45. On est tous en tubeless, avant on était en chambre à air.
Par contre, on avait tous déjà installé trois portes bidons, voire quatre avec plein de gourdes.
On n'était pas si mal équipés, on était quand même plutôt bien équipés. On avait des vélos qui étaient plutôt bien. Moi, c'est toujours le même vélo. Julien a toujours le même vélo, Pierre l'a changé, Renaud aussi. Alexis a toujours aussi son vélo. Donc au final, c'est des montures qui tiennent bien dans le temps. qu'on a su faire évoluer pour nos besoins, mais c'est vrai que c'était assez folklorique. Et depuis, d'autres voyages avec ou même sans le PC à gravier ?
Ouais, alors beaucoup avec le PC à gravier. Moi, du coup, vu que je me suis expatrié, j'ai pas pu participer à l'édition 2018, qui était en Italie, parce que ça ne fitait pas trop trop avec mon emploi du temps des vacances. Mais j'avais réussi avec Hugues à faire la grande traversée de l'Ardèche un petit peu, on est partis tous les deux de Lyon et on est arrivés jusqu'en Ardèche de là nous a rejoints Renaud Julien et Simon pour grimper le Mont Ventoux par les graviers par le chemin blanc on a dormi dans la chapelle on s'est fait réveiller par l'aumônerie de Bédouin 6h du matin et eux ils sont montés à pied et on a fini avec Simon à 3 de Manosque jusqu'à... Julien, lui, il est rentré chez lui à côté de Saint-Saturnin-les-Avignons, à côté du Mont Ventoux.
Et Renaud nous a suivis jusqu'à Manosque. Il a pris un train pour Paris. Et Simon, Hugues et moi, on a fini jusqu'à Marseille chez Simon. On a fini par la Provence, c'est trop beau, par la montagne Sainte-Victoire. C'était vraiment génial. Du coup, un trip un peu on va dire mi-gravier mi-copain toujours le même groupe mais pas officiellement gravier après moi ici au Brésil je fais beaucoup de VTT parce que du coup le terrain s'y prête pas mal et aussi pas mal de gravel du vrai gravel on va dire avec des pistes de terre battue rouge à perte de vue qu'on a pas trop en Europe mais j'ai pas encore réussi à faire un trip bikepacking ici, c'est un peu compliqué, on est dans une région assez montagneuse et du coup pour sortir de le système routier brésilien est assez complexe c'est composé d'énormément de grosses voies type 4 voies, 6 voies avec un énorme accotement, il y a beaucoup de cyclistes quand même, donc ça m'a choqué un peu au début, maintenant ça me choque un peu moins et il y a un réseau secondaire énorme de pistes en terre qui connectent beaucoup de petits villages mais le problème c'est que on arrive vite à des dénivelés qui sont indécents il y a beaucoup de murs il y a beaucoup de donc c'est très difficile d'aller de faire par exemple 80-90 km pour connecter un autre village pour revenir donc là je roule avec pas mal de gars qui font du gravel on avait envie de faire juste un petit séjour de deux jours ça c'est pas trop fait il y a eu la saison des pluies donc voilà mais à venir bientôt en plus il y a bikepacking.com qui a lancé une initiative pour faire des...
Ils appellent ça les overnight. On sait juste partir de chez soi, partir deux jours, bivouaquer, revenir chez soi. C'est un peu la version bikepacking.com des Swift Campout. Ouais, c'est bikepacking.com qui a fait ça. Du coup, c'est assez cool. Donc ça, c'est un truc qu'on a prévu. On a une map ici pour le faire.
Manque juste un petit peu de temps et un peu d'organisation. Mais ouais, comme toujours, Des fois, c'est un peu compliqué de s'organiser pour mettre en place et voyager.
Du coup, avant qu'on développe un petit peu le Brésil, qu'est-ce qui t'a poussé à quitter Paris pour partir pour le Brésil ? C'est loin, ce n'est pas commun ? Non, ce n'est pas commun. En fait, moi, je n'avais aucun attrait pour le Brésil. Avant que je rencontre ma compagne, qui est brésilienne, et du coup, on a vécu pas mal de temps à distance entre Paris et Sao Paulo, là où elle habitait.
Après, elle a bougé en Italie, donc c'était un peu plus simple. Et après, en fait, ça est venue la question de on fait quoi ? On s'installe où ? Qu'est-ce qu'on fait ? Moi, du coup, je n'avais pas forcément l'envie de partir de Paris. J'étais très bien à Paris. Et en même temps, c'était un moment de vie où il faut faire un choix. Et je me suis dit, voilà, pourquoi pas le faire ? Et pourquoi pas s'expatrier ?
C'est une expérience qui est assez intéressante. et j'avais envie de découvrir une culture un petit peu nouvelle et j'avais cette facilité d'être déjà entrepreneur et de ne pas avoir trop de choses à quitter en fait. Ma société, je pouvais travailler un petit peu à distance et elle, elle avait un projet d'entreprise aussi qui m'a assez séduit et dans lequel je pouvais bien m'investir au niveau du travail.
Donc, ça a pris 4-5 mois de décision, de mettre les choses en place, d'en parler aux copains. c'est une décision qui est lourde c'est pas facile on s'en rend pas compte comme ça mais il y a beaucoup de choses à penser à mettre en place et puis bah à partir et donc du coup on a lancé un projet d'entreprise qui est un projet de e-learning créatif c'est une plateforme web où on réalise des on demande à des artistes des femmes qui font par exemple de la couture de l'aquarelle du dessin des arts créatifs et on leur demande d'apprendre c'est comme un tutoriel en fait, en une heure qu'elles donnent un cours pour que des gens puissent apprendre à faire quelque chose de leur main et je trouvais le projet super intéressant dans une société où en fait tout devient de moins en moins réel de pouvoir revenir à quelque chose de manuel, d'artistique c'est un projet qui a pas mal de sens dans cette période là d'ailleurs on le ressent sur les ventes, il y a pas mal de gens qui souscrivent et qui achètent des cours en ligne parce que les gens sont chez eux et doivent s'occuper donc c'est plutôt bien et donc c'est un projet qui s'appelle Casa Beta qui a vu le jour en 2018 ça fait deux ans et là c'est vraiment moi je travaille quasiment plus du tout dessus ma compagne elle travaille à 100% sur le projet elle a deux personnes qui travaillent avec elle et un pool de personnes qui font de la vidéo, du contenu des shootings, c'est un projet qui roule qui n'est pas encore on aimerait qu'il soit un peu plus rentable mais aujourd'hui c'est quelque chose qui est bien et puis moi à côté de ça je réenforce le truc pour revenir sur du vélo parce que moi je me suis expatrié au Brésil et au début on a travaillé sur ce projet vraiment à deux pendant un an à fond et j'ai commencé à faire du vélo au Brésil, c'était assez dur parce que du coup je suis arrivé avec mon gravel et le terrain, il est assez compliqué.
Je ne connaissais pas là où aller faire du vélo. Je ne peux pas faire du vélo dans la ville. Il y a trop de circulation. Les routes sont défoncées. Il y a des grosses bouches d'égout. Tu vois, ce n'est pas safe. Et pour aller dans la nature, il faut un peu savoir parce que c'est vaste. Il y a beaucoup d'animaux assez dangereux. Il y a pas mal de serpents, il y a pas mal d'araignées.
Il y a plein de trucs. Tu peux vite te perdre. Tu peux vite te retrouver perdu, c'est arrivé dans certaines montagnes. Il n'y a pas forcément de réseau, donc je n'ai pas pu faire du vélo tout de suite et je n'étais pas super rassuré. Quand j'ai commencé à rencontrer des gens qui faisaient du vélo et qui on s'entendait bien et tout ça, je me suis rendu compte que le vélo était un sport assez élitiste au Brésil, alors qu'en France, on est vraiment sur un sport qui est très populaire.
Au Brésil, ça ne l'est pas du tout, c'est un sport qui est très cher. Tout le matériel est beaucoup plus cher qu'ailleurs dans le monde. Toutes les pièces sont taxées à peu près 60%. Donc, un vélo, il faut ajouter 60% au prix par un Specialized. En France, il est 60% moins cher qu'au Brésil. Donc, en général, c'est des gens qui ont pas mal d'argent. Beaucoup de gens aiment beaucoup la France. Et tout ça, j'ai eu l'envie de connecter le Brésil avec la France et avec, comme dénominateur commun, le vélo.
Et j'ai créé une agence de voyage qui fait voyager des Brésiliens en France à vélo pour leur faire découvrir une autre forme de voyage, un petit peu plus doux, on va dire, pour éviter de découvrir un pays à 100 à l'heure. On les fait découvrir une région à vélo pendant une grosse semaine. Donc, pour bien s'immerger dans la culture locale, on travaille avec des petits hôtels, des restaurants.
Voilà, tout est à échelle humaine. Et ça, c'est un projet que j'ai lancé en 2019, l'année dernière, et 2020 était notre première année, parce que je vais continuer à parler au présent, malgré la situation. Du coup, on a annulé beaucoup de voyages à cause du coronavirus, mais on garde le cap pour que ce projet aboutisse et qu'on arrive à faire voyager des gens cet été.
Parce que j'imagine que tu avais déjà des premières commandes, ça s'est passé comment du coup ? Alors déjà la question avant qu'on continue là-dessus, c'est que comment ça se passe au Brésil ? Est-ce que vous êtes confiné ? Est-ce qu'il y a des cas de virus ? Quelle est la situation actuellement chez toi ? Alors la situation, elle est assez disparate. Vu que le Brésil c'est un pays continent, c'est très compliqué d'avoir une...
Enfin, il n'y a pas une situation, il y a plusieurs situations. Un peu comme ce qui se passe en Europe, il y a eu des foyers très, très importants et il y a toujours des foyers très importants, type Sao Paulo et Rio de Janeiro, qui sont les deux grosses mégapoles. C'est là où il y a les deux plus gros aéroports internationaux, forcément. Donc, eux, la situation a été très, très critique très vite.
Le reste du pays est moins impacté. Par contre, tu vois, près de l'Amazonie, il y a une ville qui s'appelle Manaus et Manaus, ils sont beaucoup impactés, ils ont beaucoup, beaucoup, beaucoup de cas, donc ils ne savent pas trop ce qui s'est passé là-bas.
Le sud, il y a un climat qui n'est pas très loin de l'Argentine, de l'Uruguay, il y a un climat qui est assez européen et il y a beaucoup moins de cas. Ici, nous, dans notre État, il y a des cas. On est confinés, donc nous, on s'est auto-confinés parce qu'on juge que c'est comme ça, que ça permet d'éviter de répandre le virus et d'essayer de participer à l'effort collectif pour lutter contre ça.
Le Brésil n'a pas une politique à l'échelle du pays. C'est une politique à l'échelle, et heureusement on va dire, c'est une politique à l'échelle de chaque État. Donc chaque État est dirigé par un gouverneur, un préfet quoi, et c'est eux qui prennent les décisions pour leur État. Donc nous, on a de la chance parce que le préfet est plutôt bienveillant et le maire aussi de notre ville, Belo Horizonte, il est hyper, hyper carré là-dessus.
Il a fermé les bars, les restaurants, les lieux de rassemblement. Il a conseillé à la population de se confiner. Et chose qui est très respectée, on a une des populations du Brésil qui respecte le plus le confinement pour éviter justement l'explosion des cas. Donc aujourd'hui, il y a des cas. Tu vois, hier, je crois, il y avait 200 morts en 24 heures. On est encore loin de la situation en Europe, ce qui se passe en France, l'Italie, l'Espagne, Et puis, ce qui se passe encore sur un autre niveau, UK et US.
Mais voilà, il y a des cas. Et ce qui est problématique, c'est qu'on n'est pas sur les mêmes pays. On reste sur un pays en développement. La médecine, elle est vraiment à deux vitesses. Il y a beaucoup de lits en réanimation. La majorité sont quand même dans des hôpitaux privés. Donc, si on n'a pas de bonne mutuelle ou d'assurance santé, ça va être compliqué.
Il y a des déserts médicaux, il y a des endroits dans le Brésil, il faut faire 100-200 kilomètres pour aller à l'hôpital. Il y a une souffrance sociale qui est très forte. Par exemple, en France, on ferme les écoles, on ferme les écoles. Au Brésil, on ferme les écoles. Ça veut dire qu'il y a des enfants qui ne mangent plus l'école et la cantine, pour certains, pour une bonne partie, et leur repas unique de la journée.
C'est-à-dire que les parents ne peuvent pas subvenir à leurs besoins. Il y a des zones où il n'y a pas d'eau potable. Enfin, tu vois, même nous, on n'a pas l'eau potable. On a une eau qui est filtrée, qui n'est pas super potable. Et encore, on est privilégié. Tu vois, on a de l'eau et du savon. Il y a des gens, ils n'ont pas d'eau et de savon, et ils viennent. Enfin, voilà, c'est... Il y a des... Donc, c'est très dur de comparer. Et j'espère que les grandes mégapoles qui se confinent et qui vont faire en sorte que ça ne va pas se généraliser à l'ensemble de la... à plus grande échelle.
Après, le problème, c'est qu'on a un président d'extrême droite qui est dans le déni complet de la crise sanitaire qui multiplie les bains de foule
qui sort il a dit l'autre jour non non mais moi j'étais athlète quand j'étais jeune du coup c'est bon je peux pas l'avoir donc ce genre de choses donc c'est pas évident alors après par chance les gouverneurs se dressent contre lui et adoptent leur propre politique le ministre de la santé était très plutôt bon en ce moment il fait ce qu'il faut et ben forcément il résiste à Bolsonaro mais il y avait des rumeurs comme quoi Bolsonaro allait l'évincer du gouvernement et mettre un si je dis pas de bêtises un pseudo scientifique mais plutôt évangéliste que scientifique en tant qu'un ministre de la santé mais ça n'a pas été fait donc on va dire ouf mais voilà c'est par chance on a les gouverneurs qui font du bon boulot à vivre au quotidien ça doit être ça doit être quelque chose pour vous alors en fait Twitter a supprimé plusieurs de ses tweets et en fait ils se sont basés sur le... ils ont dit ok non l'OMS suggère 10 et du coup tous les leaders d'opinion qui vont à l'encontre de ça pour des règles sanitaires on supprime parce que ça va pas faire aider la chose et on a un droit de regard sur l'influence que peut porter ce genre de tweet donc oui il a eu de ses tweets supprimés et tant mieux parce qu'il relaie trop de fake news, en fait c'est Bolsonaro et sa famille et ses enfants c'est le genre par exemple dire ah Bolsonaro Bolsonaro a été testé positif au coronavirus il balance ça à toute la presse la presse fait un article et après en fait ils refont une déclaration non non on n'a jamais dit ça vous sortez des fake news pour décrédibiliser la presse en fait tout le temps donc c'est fatigant depuis le début de la crise il y a ce qu'on appelle les panellassans donc panella ça veut dire poil donc les Brésiliens se mettent à la fenêtre à 20h, prennent une poêle une cuillère en bois et ils tapent dessus en signe de mécontentement ok donc c'est pas la même chose que chez nous chez nous c'est pour soutenir les personnels médicaux là-bas c'est plutôt en signe de rébellion quoi ouais exactement, alors il y a des applaudissements pour le personnel soignant mais en ce moment il y a beaucoup de panélassants contre Bolsonaro ça vient des années des années d'Ilma Rousseff qui était plutôt à gauche et en fait elle, elle a été destituée et en fait le peuple était contre elle. Le peuple était contre elle, soi-disant corruption bon on va pas rentrer dans le débat politique et du coup il manifestait énormément avec les panélassants et là aujourd'hui c'est contre Bolsonaro. Pour te dire en fait moi j'habite dans un quartier, en fait on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup de, on les appelle les bolsominions tous les fans de Bolsonaro Et en fait, nous, on n'est pas beaucoup à taper sur les poils.
Donc, nous, on le fait quand il y a... Ce n'est pas tous les soirs. On le fait quand il y en a. Et en fait, juste après, on entend les pro-Boltunaro qui crient. Et en fait, ils crient mytho, comme un mythe, en fait. Et c'est très triste parce qu'en fait, on est face à quelqu'un qui est un semi-dictateur, qui ne sait rien à rien, qui est, je ne vais pas dire de gros mots, mais c'est très triste d'avoir une personnalité politique comme ça à la tête d'un pays comme le Brésil.
Et aujourd'hui, croissance en berne, le taux réals, dollars qui s'est effondré, en fait, ça va être un carnage pour la classe moyenne qui commence à émerger, qui va retourner dans une extrême pauvreté, et d'entendre ça dans son voisinage de gens qui l'adulent. Et du coup, la surtaxation du vélo, c'est récent, C'est Bolsonaro ou c'est encore antérieur à ça ?
Non, non, non, c'est super vieux, je pense. Ça a toujours été, lui, il n'a rien fait là-dessus. Par exemple, tu vois, je ne sais pas si on s'en souvient, mais Marine Le Pen, elle avait comme proposition dans son programme pour l'élection, la dernière élection, une sorte de protectionnisme intelligent.
elle parlait de protectionnisme intelligent c'est qu'en gros on favorise les entreprises françaises au lieu de tout importer d'ailleurs et du coup tout ce qui est importé vu que ce n'est pas pensé et produit sur le territoire national et bien on le taxe alors au Brésil en théorie ça peut être cool pour défendre des intérêts nationaux mais tu vois par exemple en France on a très peu de marques qui font des téléphones portables il y a peu de grandes marques, grand public qui font des vélos, on a de la chance en France il y a des Catalan mais au Brésil par exemple il y a très peu de marques donc en fait eux ce qu'ils font c'est que toutes les marques qui ne sont pas produites au Brésil elles sont taxées à un taux énorme donc et ça pour tous les produits tu vois un iPhone ça vaut en France ça vaut 800 euros au Brésil ça doit valoir 1200 1200 euros un max pareil un max c'est un produit de luxe tu ne peux pas t'acheter les choses là-bas donc les gens pour accéder à des biens de consommation qui sont de mass market ils doivent débourser des sommes pas possible, pas possible, pas possible.
Et tout cet argent-là, forcément, va dans les caisses de l'État. Et du coup, je crois qu'il y avait une étude. En fait, le Brésil, c'est un pays qui est autant taxé que la Suède, par exemple, en termes de taux de taxe. Et ça, par contre, on n'a pas du tout les mêmes retours sur taxe avec des équipements publics ou autres, tu vois. Donc, ouais, l'équipement vélo, c'est dur. Moi, j'achète que du consommable ici.
Et encore, j'évite, quoi. Par exemple, les plaquettes de frein, les chaînes, les cassettes, j'essaie d'avoir un stock que je récupère d'Europe parce que sinon, tu te fais assassiner dans les magasins. Et le home trainer ? Est-ce que tu avais un home trainer avant le confinement ? Écoute, non, je n'en ai jamais eu et je n'en ai pas en ce moment. Et ça va peut-être paraître étrange, mais ça ne me manque pas trop.
Je n'ai pas trop... ça ne me dérange pas. J'ai fait beaucoup de home trainer l'année dernière pour me préparer pour la Born to Ride, une épreuve de longue distance à vélo. Et j'ai fait beaucoup de home trainer pendant deux mois avec des plans d'entraînement assez spécifiques, assez centrés sur l'entraînement qualitatif. Et en fait, ça m'a un peu dégoûté du truc.
Et ce n'est pas trop ma vision du vélo. Je préfère, dans une période comme ça, faire d'autres exercices plutôt que passer du temps sur un home trainer. Ok. Et du coup, tes clients, ils réagissent comment aujourd'hui face à cette situation ? Est-ce que tu as eu des retours déjà ? Oui, on a eu pas mal de retours. Donc, on a une clientèle qui est assez premium.
Donc, il y a un bon niveau de vie, un bon pouvoir d'achat.
Et ces gens, il y a deux types de réactions. Il y a des gens qui ont déjà perdu leur travail, qui n'ont plus de salaire, qui sont de profession libérale. Donc, ils nous ont demandé un remboursement, on a pu rembourser. Après, on a un autre cas de figure, c'est qu'on essaye au maximum de replacer les voyages pour ne pas… Nous, déjà, pour la trésorerie, c'est juste obligatoire parce qu'il y a eu des coûts énormes pour des réservations d'hôtels, pour du paiement de fournisseurs, il y a beaucoup d'argent qui a déjà été investi.
Et ce n'est pas possible de rembourser tout le monde. Là, on avait une vingtaine de clients et on avait une autre vingtaine quasi sur le point de signer. Donc, on était en train d'atteindre notre objectif pour l'année. Donc, ce qu'on fait, c'est qu'on essaye de dire aux gens, pas de problème, écoutez, on va trouver une solution. On déplace le voyage fin d'année, vers octobre ou alors 2021. Et en dernier recours, on propose le remboursement.
Et du coup, c'est des gens qui sont assez compréhensifs et qui acceptent le report. Donc, il y a déjà eu trois personnes qui ont reporté pour 2021. On a remboursé trois personnes qui étaient vraiment dans une situation problématique. Et après, le reste, on est en attente parce que c'est des voyages qui ont lieu au mois d'août, au mois de septembre. Donc, pour l'instant, on n'a pas encore de visu dessus.
Mais voilà, c'est des gens qui suivaient l'actualité de près, qui étaient déjà au courant de la situation internationale. C'est des gens qui voyagent. Donc, c'est des gens qui sont au fait de ce qui se passe. mais qui comprennent aussi la situation pour des petites entreprises comme la nôtre. Et la France, c'est une terre, pour eux, c'est vraiment une terre de vélo ? C'est vraiment une thématique qui les pousse à venir en France, le vélo ? Alors, je dirais que ce qui pousse, nous, nos clients à venir en France, c'est le côté magnifique de la France.
Par exemple, tu vois, la Loire à vélo, les châteaux, la Provence, les Champs-de-Lavande, les cigales, la culture méditerranéenne. On a un voyage à Bordeaux, ça va être les Grands Crus, Ça va être le terroir et le vélo devient, comment dire, une excuse pour voyager différemment. Et après, à côté de ça, tous les gars qui font du vélo à fond, tu vois, de la route, du VTT, en fait, ici, sur ce travail, il y a énormément de cols qui s'appellent le Tourmalet, l'Alpe d'Huez, le Ventoux.
donc c'est drôle parce que des fois tu fais un ride et tu regardes ton Strava, les segments et t'as Mont Ventoux parce que les gars ils sont tellement chauds la France c'est le Tour de France c'est les Alpes, c'est les Pyrénées ça fait rêver les gros fanats de vélo ils regardent beaucoup la France et du coup un peu partout il y a même l'étape du Tour au Brésil sur l'état de Sao Paulo donc tous les ans il y a une étape du Tour au Brésil Et ouais, non, la France a un rayonnement sur le vélo qui est incroyable, incroyable.
Ok, en tout cas, je te souhaite que les frontières se réouvrent rapidement pour que tu puisses emmener tes premiers clients en France. Est-ce que tu as des conseils un petit peu à donner ? Comment tu occupes, toi, ton confinement, du coup ? Alors, pour être totalement honnête, mon confinement, il n'a pas trop changé par rapport à la vie normale.
On travaille depuis la maison, on a la chance d'avoir un grand appartement. Ici, au Brésil, c'est assez facile d'avoir des logements grands sans pour autant vendre un rein. Et on a un bureau qui est assez confortable, donc on travaille à la maison, donc ça ne change pas beaucoup. Après, là où ça change, moi, je ne peux pas aller faire de vélo, et ça, c'est très compliqué. Je n'ai pas ma dose de nature et de montagne hebdomadaire. la vie sociale donc ça c'est pénible et du coup le confinement ce qu'on fait c'est que le matin on s'astreint quand même à une routine assez assez stricte pour justement essayer de garder un peu le cap et de ne pas trop se perdre donc on fait un peu de sport le matin en se levant il y a une sorte dans la cour de l'immeuble il y a une zone où on peut mettre des tapis on peut faire un peu de sport et de gainage de gym au sol c'est assez agréable pour se vider la tête prendre un peu le soleil le matin et puis les week-ends on essaye de se dire ok c'est samedi dimanche on travaille moins et c'est pour essayer de garder un rythme je pense que c'est le plus important pour pas perdre la tête après moi cette période de confinement ce que je trouve bien c'est que ça nous a ouvert les yeux ça nous a ouvert les yeux sur pas mal de choses d'un point de vue de ce projet de BC Trip de faire voyager les Brésiliens en France c'est quelque chose qu'on a moi je trouve ça un beau projet après c'est un projet qui est délicat parce que tu travailles avec deux pays qui sont loin, il y a une empreinte carbone il faut faire voyager les gens bon voilà c'est quelque chose qui pose un petit problème à moi mais on travaille dessus pour compenser après sur le voyage en lui-même pour le rendre moins un peu plus éco-responsable et on est venu l'idée aussi de se dire ok le reste de l'année comment faire pour trouver des revenus et pour avoir de l'activité donc là je suis en train de développer quelque chose autour du VTT au Brésil qui s'appelle Brazil Bike Trip et qui va permettre de créer des voyages centrés sur le VTT, le cyclotourisme et le gravel au Brésil, pour les Brésiliens en fait.
Je sens que ça va être très dur de voyager à l'international. Les gens vont quand même avoir envie de voyager. Le Brésil, c'est un pays qui est magnifique. On pense souvent à la plage, mais c'est juste ouf. Il y a tellement d'endroits et de natures différentes. Et les Brésiliens ont un petit problème avec le tourisme et ils le reconnaissent eux-mêmes. Ils voyagent plus en dehors de chez eux que chez eux. Donc du coup, les faire voyager chez eux en découvrant des nouveaux horizons, des nouveaux endroits, c'est ce qu'on s'est dit.
Donc là, on est en train de développer ça avec un ami ici sur place qui est brésilien, qui fait du vélo, qui a pas mal de contacts avec des guides, avec des gens. Donc mon confinement, je m'occupe en développant ça pour essayer de, je vais utiliser un mot un peu dur, mais pour essayer de survivre, pour que l'année qui se termine, se termine un petit peu mieux que ce qui se passe maintenant. En fait, tu ne t'arrêtes jamais de créer des projets, des sociétés ?
Oui, en fait, c'est un peu problématique parce que c'est dur d'entreprendre des choses et c'est dur que les choses arrivent à terme. Et ça fait un an et demi qu'on bosse sur ce projet-là et j'ai un peu l'impression d'avoir fini de construire une maison et on ne peut pas y habiter, il faut en reconstruire une autre. Et ça, c'est pénible parce que j'avais vraiment envie que la saison 2020 se fasse. Là, tu vois, on est le 15 avril.
Notre vol était censé être le 17 avril et on était censé avoir un premier groupe le 24. Donc voilà, c'est frustrant parce que tu as envie de faire les choses et du coup, ça ne se passe pas et il faut trouver des solutions parce que sinon, moi, je n'ai pas d'autres sources de revenus. Et j'ai l'opportunité d'être sur place, d'aimer le vélo, d'aimer le voyage et d'aimer la nature. Et je me dis, pourquoi pas essayer de... Pareil, il n'y a aucune invention là-dedans.
On n'invente rien. Il y a déjà des agences existantes. C'est juste de rendre le truc peut-être un peu mieux, un petit peu différent avec d'autres choses et faire qu'on profite pas mal du pays. Et tu vois, je rebondis là-dessus. C'est un peu ce qui se passe en France avec la mouvance Shilohé, voyager, prendre le train, voyager à deux pas de chez soi en France, redécouvrir son territoire.
redécouvrir des régions, des endroits qui sont magnifiques et qui sont à portée de chez soi. Au Brésil, c'est un peu plus compliqué parce que tout de suite, les distances sont plus grandes, mais c'est un peu ça l'idée. Et tu as déjà imaginé un match-up entre les deux projets ? Peut-être faire venir des Français pour rouler au Brésil ou pas ? Non, en fait, au début, je voulais faire ça, mais comme je le disais tout à l'heure, le problème, c'est la situation internationale et comment les pays vont se réouvrir.
je pense qu'il va y avoir une sorte pas de peur mais un peu de voyager à l'étranger et est-ce que les pays vont s'ouvrir facilement je regardais l'allocution de notre cher Manu l'autre soir qui disait l'entrée sur le sol européen de personnes non européennes et ils ne savent pas quand les frontières externes de l'Europe sont maintenues et du coup jusqu'à quand ça va se En gros, c'est dur de miser sur l'ouverture de toutes les frontières, que tout le commerce touristique mondial, les échanges avions se reprennent comme ça du jour au lendemain.
Mais effectivement, c'est une idée que j'avais au début de faire venir des Français pour découvrir le Brésil. C'est une destination qui est complètement sous-estimée pour le tourisme. Les gens vont beaucoup à Rio et à une ou deux îles à côté de Rio, tu vois. Mais c'est tout. Ou alors les chutes d'Iguassu à la frontière avec l'Argentine. Mais il y a tellement de beauté à avoir ici.
Et puis, quand on est européen, avec l'euro qui est assez fort, voyager pour le Brésil, du coup, c'est une destination qui est assez abordable. Le billet d'avion, il n'y en a pas. Ce n'est pas déconnant non plus. À 600 euros, tu as un aller-retour. Et puis après, sur place, ce n'est pas non plus déconnant. Donc, on a envie de développer un segment un peu gravel et un peu bikepacking. Il y a des super routes. Il y a une sorte de compostelle brésilien qui va jusqu'à une grande église.
Ce n'est que du chemin de terre, donc c'est assez cool. Il y a l'estrada real aussi. C'est une route qui connectait Rio de Janeiro avec le Minas Gerais parce que nous, là où on habite, c'est là où il y avait les mines, les extractions de métaux précieux. Donc, il y avait beaucoup d'extractions d'or, de bijoux. à l'époque, si je ne dis pas de bêtises, au 16e siècle. Et en fait, les Portugais ont pas mal pillé les ressources de l'État.
Et en fait, ça a donné une route qui connectait du coup l'ancienne capitale du Brésil, Rio, jusqu'à cet endroit. Et en fait, c'est une route qui est magnifique. Il y a beaucoup de gens qui la font en moto, il y a beaucoup de gens qui la font en vélo. Je crois que c'est 700 kilomètres et il faut 10 jours pour la faire. donc ça c'est une belle ça pourrait être une belle route ok cool bah bah écoute on arrive à la fin de notre interview un petit peu en tout cas je te remercie c'était passionnant c'est quoi la première chose que tu vas faire après le confinement alors si si je suis encore au Brésil je pense ça va être d'enfourcher mon vélo et d'aller me faire un gros ride dans la montagne voir un peu de nature et puis ouais ressentir l'air libre et après aller boire des bières avec ma nana en ville et si je suis en Europe parce que du coup on est censé revenir au mois de juin donc je ne sais pas trop comment ça va se passer et si je suis en Europe pour la fin du confinement voir des copains et puis voilà reprendre un petit peu la vie la vie normale aller au restaurant ouais ressortir quoi je pense c'est important mais vraiment je pense au Brésil ça sera d'aller rouler quoi ok et sinon un mot de la fin un mot de la fin je dirais rester positif avec une bonne dose d'optimisme même si c'est difficile et que c'est difficile pour tout le monde mais il faut se dire qu'il y a des choses qui sont plus difficiles pour des personnes qui sont touchées par la maladie directement et qui vont l'être et je me dis qu'il faut pas mal méditer sur la situation, se dire que il y a peut-être des bonnes choses dans ce qui nous arrive une petite claque pour l'humanité, ce qu'on a fait et j'espère qu'il va y avoir un élan humain, un peu plus humain de la part de nos gouvernants de choses qui étaient un peu latentes dans la société et voilà j'espère qu'il va y avoir un élan de nouveautés et pour ça gardons un peu d'optimisme et de fraîcheur sur l'avenir qu'on a besoin Merci beaucoup, alors comment on se dit en brésilien, en portugais au revoir on peut dire ciao et on peut dire à tes maïs, ça veut dire à bientôt ah t'as déjà pris l'accent brésilien c'est bien bon bah à tes maïs Arthur et encore merci d'avoir participé à cette longue interview c'était une demande un petit peu comment on avait fait on trouvait les premiers épisodes un peu courts donc écoute là je pense qu'on va être servis merci beaucoup bien sûr si vous avez aimé vous pouvez mettre des pouces en l'air mettre des étoiles tout ce que vous voulez vous abonner au podcast toutes les infos Arthur peut-être pour te retrouver ouais alors écoute déjà je voulais te remercier pour l'initiative du podcast parce que je trouve que c'est super cool de créer ce média et puis je te remercie pour l'invitation et ouais moi je suis sur Instagram et mon arrobase c'est Arthur avec le tiré du bas frd je publie beaucoup de photos de vélo beaucoup de stories et puis sinon vous pouvez suivre aussi le compte du PCR Gravier qui est un compte Instagram assez chouette on essaye de poster beaucoup de photos analogues et des petites vidéos sympas et tous nos trips en avant-première voilà et moi je vais rajouter donc RIDI.fr donc avec un Y et BICITRIP donc c'est B-I-C-I-T-R-I-P .com c'est ça je ne me trompe pas ouais et la plateforme de formation de tuto c'est tu me rappelles c'est casabeta.com.br bon voilà bah écoute on a toutes les infos encore merci à Maxime pour la musique de ce podcast et au conseil précieux que m'a apporté Mika au début et puis à très bientôt pour un prochain épisode de Dans la Roux au revoir