
Notes de l’épisode
Janis a appris la mécanique vélo en travaillant 6 ans au Chat Perché, un atelier d’auto-réparation bien connu à Lyon. Je n’ai pas vu son atelier mais l’intérieur de sa tente, plantée au camping municipal pendant la durée de son stage chez Pierre Taillefer.
Le soir les grenouilles croassent et Janis lit des bouquins à la lueur de sa frontale. Elle n’a pas froid aux yeux ni aux guiboles ; le Loire-et-Cher, en mai, ça pelle.
Un temps coursière à vélo, puis investie dans un atelier participatif au sein duquel elle bricole et transforme des bicyclettes et autres remorques, elle passe aussi un CQP en « soudure industrielle ». Dernièrement, elle a suivi la formation de cadreuse organisée par l’Afpa.
Je vois Janis, comme un savant mélange à la fois doux et relevé, typhon placide qui s’agite mais avec calme et toujours dans le bon sens.
Dernier épisode de cette série consacrée aux cadreurs et cadreuses, et petite passerelle entre l’univers des artisans et le monde un peu plus do it yourself des ateliers vélo.
© Camille Veillard
Référence :
Concours de Machin / VELUTILE
→ date : les 22 et 23 septembre à Redon !
Les Circaciers : @lescircaciers
How to Build a DIY Cargo Bike (Plans available!) Phil Vandelay : https://youtu.be/SDlnDEXlfm8
Bike wars 2022 (autopromotion)
→ La prochaine bike war 2023 aura lieu le week-end du 11 novembre, certainement à Aubervilliers
Musique :
Générique d’intro : Andriy Mashtalir – Changes
Interlude : $lumber – Piyush Gupta / TypeBeats
THYLACINE – Olatu
Bushwick Bill – Renewed Mind
Générique de fin : Hamlet Minassian – Al Elnim
Transcription
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L'objectif de cet ouvrage est de mettre en lumière le potentiel d'épanouissement humain offert par les métiers manuels.
On pourrait appeler ça les cyclistes illégitimes. Non, le cadre. Si lui il le fait, pourquoi toi tu n'y arriverais pas ? Sophie, garçon, on s'en fout du genre. On s'intéresse ici à l'expérience de ceux qui s'emploient à fabriquer ou à réparer des objets. Vous écoutez Dans le cadre, un podcast sur les cadreurs et cadreuses vélos destiné à tous les monomaniaques et passionnés de la bicyclette.
Janice a appris la mécanique vélo en travaillant 6 ans au Chaparcher, un atelier d'autoréparation bien connu à Lyon. Je n'ai pas vu son atelier, mais l'intérieur de sa tente, planté au camping municipal pendant la durée de son stage chez Taillefer. Le soir, les grenouilles croissent et Janice lit des bouquins à la lueur de sa frontale. Elle n'a pas froid aux yeux ni aux guiboles, Loire et Cher en met sa pelle. Un temps coursière à vélo, puis investie dans un atelier participatif au sein duquel elle bricole et transforme des bicyclettes et autres remorques, elle passe aussi un CQP en soudure industrielle.
Dernièrement, elle a suivi la formation de cadreuses organisées par l'AFPA. Je vois Janice comme un savant mélange à la fois doux et relevé, typhon placide qui s'agite mais avec calme et toujours dans le bon sens. Dernier épisode de cette série consacrée aux cadreurs-cadreuses et petite passerelle entre l'univers des artisans et le monde un peu plus do-it-yourself des ateliers vélo.
Bonjour Janice. Bonjour Camille. On n'est plus à mon double haut, on est allé voir des copains. Ça a dérivé un petit peu au bord du noir. En ce moment, t'es en stage chez Taillefer parce que tu fais la formation à la FPA préparée par Victoire. De cadreurs-cadreuses cycle. Dure 6 mois avec 6 semaines de stage. Et c'est un peu toi qui as choisi chez qui tu voulais aller.
J'avais des petites idées. Et c'est vrai que je connaissais juste son travail, pas la personne. Mais juste de ce que je savais de son travail autour du vélo utilitaire, vélo cargo, ça me branchait bien. Parce que c'est un peu ce que toi tu fais déjà. C'est ce que j'ai pas mal fait dans les ateliers vélo. C'est par là que j'ai commencé à bedouiller des trucs, bricoler, couper des vélos, les rallonger. C'est plutôt de là que ça vient, dans l'idée de faire des choses utiles.
Il y avait un petit espace construction dans l'atelier que je fréquentais. Et dans les deux personnes qui avaient monté ça, c'est vraiment des gens férus de soudure bricolage qui fabriquaient des remorques, des toll bikes, des triporteurs, plein de trucs. Il y a eu un moment où on m'a montré comment marchait le poste à souder. C'est à Lyon, l'atelier du chat-perché. Et tu as travaillé là-bas pendant quelques années ? D'abord, j'ai été bénévole et ensuite, j'ai fait un service civique.
Ça s'est enchaîné sur un contrat de travail. Ça restait là-bas à combien de temps en tout ? Il y a 6 ans. Le début du poste, l'atelier était un peu jeune encore, c'était un peu consolider le fonctionnement associatif.
Donc un peu réfléchir à comment est-ce qu'on organise l'atelier, quelles sont les activités qu'on porte, comment faire en sorte que des personnes s'investissent dans l'atelier, qu'elles se sentent à l'aise, qu'elles y reviennent, qu'elles s'en emparent. Voilà, donc c'était un peu ça. Et après, il y avait toute la partie récupération de vélo, auprès des particuliers, des déchetteries, des révis. Et après, soit ils sont démontés et finissent en pièces détachées dans des caisses, et il y a une partie à la benne, soit remontées pour l'assaut.
Et donc là, on réparait des vélos pas mal. Du coup, j'ai passé le CQP en quittant l'atelier vélo. Le CQP, contrat de qualification pro. Et du coup, cet endroit où les gens pouvaient faire de la soudure, il y avait des permanences dédiées à ça, ou comment ça fonctionne, ou comment ça fonctionnait ? De façon très informelle, et c'est plus du... « Ah, je vais faire ça, tu peux regarder. » Et puis après, ça a été le recyclage, le réseau des ateliers vélos organise des formations.
Le recyclage, c'est le réseau qui fédère les ateliers vélos participatifs et solidaires de France. Et un atelier vélos participatif, c'est un lieu où les gens viennent apprendre à réparer leurs vélos. Dans un atelier vélo, on trouve des outils, des pièces détachées, parfois neuves mais souvent d'occasion, des lirves du café, des chocolatines, et des bénévoles qui s'affairent à prodiguer si besoin, encouragements et conseils à viser. Oui, il y avait ça qui se passait à Nancy quelques mois plus tard, et il m'a dit, ah bah tiens, en fait avec l'atelier, on peut proposer aux bénévoles de participer à des formations.
Il y a cette formation, initiation à la soudure, Fonce, on t'envoie au nom de l'atelier du chef Herger. Voilà, c'était le début. C'était trop chouette de participer à ça, et de rencontrer le réseau par la même occasion. Quand tu vas en formation, il y a des gens qui arrivent de plein d'ateliers différents. On devait être une petite dizaine avec les deux personnes qu'animaient. Ça a duré une semaine à Nancy. Je n'avais jamais mis des pieds à Nancy ou dans un autre atelier vélo. C'est un peu le... Et hop, c'est parti !
Est-ce que toi, tu as été la formatrice plus tard de cette même formation ? Beaucoup plus tard. Entre-temps, j'avais fait un contrat de qualification professionnelle en soudure. Et j'avais fabriqué un peu plus des trucs entre-temps. Et puis, le recyclage, il y a quand même une grosse attention à ce que les formateurs formatrices ou animateurs animatrices des formations soient... Enfin, qu'il n'y ait pas que deux mecs, surtout en formation soudure. Déjà, quand t'es plutôt une meuf, c'est pas forcément évident de se dire, tiens, je vais aller faire de la soudure.
Donc si, en plus, les deux personnes qui animent sont des mecs, donc il y a une grosse attention à ça et ils cherchaient à mixer un peu.
Le polissage de pièces en aluminium. Un vieux cintre. Un yeux sain, plein de col et de lignes. Et t'as vu ce produit ? Le belgomme alu qu'il a utilisé tout à l'heure. C'est super efficace. Pas jamais essayé, mais j'ai hâte d'essayer ça. Ça a l'air bien chimique. Miam, miam. Fait briller et protège l'aluminium. Nox, les cuivres et les alliages.
Belgomme. Ça dégomme.
C'est vrai que ça rend débile le polissage. T'as vu, ça rend débile. Parce que tu diages pour obtenir ça. alors du coup tu continues alors qu'en fait bah ça suffisait mais non en fait ah non non ça rendait bien il suffit qu'il y en ait une tu t'es énervée et bien elle te plaît tu la mets à côté de l'autre et tu fais ah non et faut recommencer et tu refais tout ah mais ça va faire mal moi je ferais jamais ça jamais de restauration de vélo tu voudrais les freins jamais ?
euh oui j'ai jamais fait ça ah super le vélo de la fin les pattes elles sont sur les ansères enfin les freins sont sur les ansères bah oui sur les slides bah sur la fourche elle fait les bonnes pourquoi les fourches ? La formation, c'est la première édition, donc j'imagine que c'est quand même un coup d'essai.
À la fois, on assiste à un montage de formation, donc il y a des petits trucs où ce n'est pas complètement calé. Et en même temps, ça nous permet de voir des choses que peut-être les sessions suivantes ne verront pas. Dans la mise en place de l'atelier, il y a autres qui sont aussi très formateurs de voir ça. Comment on installe la machine, comment on monte un gabarit. Moi, j'aime beaucoup la posture d'Olivier, qui anime cette formation.
Il travaille chez Victoire, le responsable de production. Et là, il s'occupe de la formation. Il est très à l'écoute de tous les retours qu'on peut faire. Et c'est trop chouette de voir qu'une personne qui est la formatrice pour la première fois arrive à transmettre aussi bien sur une première session. C'est vraiment... C'est trop beau, quoi. En plus, il y a grave de moyens. On a chacun un petit poste. C'est assez exceptionnel comme condition d'apprentissage.
On n'est pas en train de galérer avec deux lits, mais non, on a vraiment un grand matos. Matos qui est arrivé au fur et à mesure de la formation, mais qui sera à présent pour la prochaine session dès le départ.
Il n'y a pas dans ta tête une finalité quelconque où il y a une idée à la fin de cette formation ou pour plus tard ? Je ne sais pas encore qu'est-ce que je veux en faire en sortant de là. Mais je crois que depuis quand même un peu longtemps, là je fais soit des choses en lien avec du métal, soit des choses en lien avec du vélo.
Alors ça peut être quand même, quoi de t'associer les deux.
Passer par là, je pense que ça permet d'acquérir un peu de légitimité, de se sentir en confiance. On parlait pas mal dans le week-end, on a parlé pas mal d'audace, d'oser faire des choses, de se sentir légitime à faire. Je pense que la formation, elle permet que c'est possible de se lancer même si on n'est pas le plus fort, la plus forte, ou qu'on sait tout absolument et c'est pas grave.
En fait, on va apprendre sur le tas puis on n'est pas obligé d'être directement excellent. On a le droit aussi à l'erreur, on a le droit de péter son premier cadre. Voilà. C'est vachement chouette d'entendre l'expérience de Pierre, par exemple. qui reconnaît qu'il s'est lancé. Et puis, il y a eu des petits trucs pas si simples. Mais voilà, quand même, ça avance.
Ça, ça a été fait avec une espèce de perceuse fraiseuse qui vibrait. J'ai pété plein d'outils. Mes deux premiers vélos étaient faits comme ça, sans marre. Avec un gabarit que j'ai fabriqué en... C'est plus ou moins douteux sur la ligne.
C'est là où je me suis payé pas mal d'outils. J'avais bien aimé aussi Soany. Je crois qu'elle met aussi pas mal en avant ce truc-là de... Ah mais moi, en fait j'avais envie de faire ça, je le fais, je ne me brite pas, je ne me limite pas, et puis c'est trop bien de le dire. Ça fait plaisir à entendre, parce que quand tu ouvres le catalogue du concours des machines, où tu vois tous les trucs complètement parfaits, exposés au concours, je me sens pas concernée du tout, avec les remords qu'on fait à base de vieux sommiers, qui fonctionnent très bien, qui tiennent des années, qui servent à transporter des centaines de kilos chaque mois, mais vraiment, ils ne sont pas concernés.
Vous faisiez ça au chat-perché ? Ah oui, on faisait toutes les récup à vélo. Donc on avait des énormes remorques en train de balai, tout à vélo. On passait un peu pour des extraterrestres, mais bon, nous on y croit. Que ça va, c'est ok, on n'est pas obligés de louer un camion pour aller faire des récup de vélo. Surtout s'il y en a 10 ou 15, ça va, ça passe. Et vous en avez fait pour d'autres personnes, des remorques ? Non, on en a fait une pour une vélo-école.
Ils mettent les vélos dessus pour aller sur le lieu de la vélo-école. Un vélo-cargo pour un restaurateur qui voulait aller au marché avec ses petites cagettes. Chose comme ça. J'imagine que comme c'est de la récup et que c'est un atelier associatif, c'est aussi un moindre coût pour les personnes qui viennent vous voir ? Pas forcément. Parce qu'en vue de la récup, ça prend du temps aussi.
Et après, il y a quand même le temps de travail qui est un peu incompressible.
Ce n'était pas notre activité principale. Donc, ce n'était pas un truc qu'on a cherché à développer ou à optimiser. Je ne sais pas quels sont les mots pour dire qu'on chercherait à réduire les coûts de ça. C'était un truc qu'on faisait en plus quand on avait du temps et qu'on avait des sollicitations qui nous faisaient plaisir. Et le premier vélo que tu as transformé, sans parler de remorque, le vélo que tu as adapté, que tu as transformé, c'était quoi ? Eh bien, c'est en rentrant du Cyclocan.
Cyclocan, c'est un rassemblement d'ateliers vélo européens. Le public est plutôt très punk avec l'idée de faire soi-même. Donc c'est faire soi-même au sens large, c'est faire de la sérigraphie, faire des lignes aux gravures, faire des vélos, se réemparer un peu de tous ces trucs-là et transmettre, partager. Donc il y avait eu un cycloquant où un garçon pour aller chercher les légumes à la ferme à côté avait transformé hyper rapidement un vélo tout classique en lui rajoutant une petite roue devant, en prolongeant la direction, en mettant une petite roue devant et en faisant un gros panier type mini-porteur.
J'avais vu ça, je me suis dit, ah mais c'est génial en fait, c'est assez simple à mettre en œuvre, ça va assez vite. Et donc en rentrant, j'avais fait ça en 2-3 jours. Il ressemble vraiment à pas grand-chose, mais ça a le mérite d'avoir très bien fonctionné. T'as parlé de concours de machines, est-ce que tu peux parler de concours de machins ? Concours de machins, c'est un rassemblement qu'on espère de personnes qui viendraient avec des vélos qu'ils auraient fabriqués eux-mêmes.
Cette année, on s'est dit que nous, ce qui nous intéressait, c'était les vélos cargos, les vélos utiles, les vélos qui servent à remplacer une bagnole. Et là, il y a un petit cahier des charges qui a été lancé. Et on espère qu'à la fois des personnes dont c'est le travail, des cadreurs, cadreuses, s'emparent de ça. Et aussi l'ouvrir à des ateliers participatifs, des collectifs, que ce ne soit pas forcément que des gens dont c'est le travail, mais aussi des collectifs qui ont l'habitude de faire ça, ou qui se décident à fabriquer quelque chose.
Ou des gens au fond de leur garage, ou dans leur cuisine, je ne sais pas. Et là le thème c'est vélo utile Alors l'idée c'est de pouvoir transporter Donc n'importe quel vélo qui pourrait Transporter soit une personne Soit deux énormes sacs cabas et une plus petite personne voilà, l'objectif c'est vraiment que les gens se rencontrent et échangent sur leur pratique ah t'as pas de gabarit, t'as pas de marbre chez toi mais comment tu fais pour faire un truc droit ah bah j'ai utilisé une vieille planche de contreplaqué, un bout de corde je sais pas, n'importe quoi on sera hyper content de voir ça et que ça inspire d'autres personnes à faire ça, il faut venir expliquer comment t'as fabriqué ton machin quels outils t'as utilisé et on encourage au maximum le réemploi de pièces et voilà on demande aux personnes de aussi compter un petit peu le nombre d'heures qu'elles y ont passé pour se rendre compte de qu'est-ce que ça implique de fabriquer quelque chose peut-être qu'est-ce que ça implique la récup parce qu'aller acheter une barre de 6 m ça peut être très rapide mais récupérer des choses ça peut être très long de voir un petit peu tout ça. Et donc les personnes qui ont tout le matos à la maison parce qu'elles sont déjà cadreurs ou cadreuses ça va sûrement leur prendre beaucoup moins de temps Mais elles vont peut-être passer du temps sur d'autres choses.
Enfin voilà, on est curieux de voir quelles sont les idées de chacun, chacune. Est-ce que si t'as pas de perces à colonne chez toi, comment tu te débrouilles autrement ? Et c'est où et quand ? Eh bien ce sera à Rodon le 22 septembre. On va être accueillis par une asso, les circassiers. Ça a l'air très chouette. Dans l'idée, la bande de quelques personnes qui a lancé ça cette année, Elle peut très bien refiler ce qu'on aura appris de l'organisation de cette première édition pour que d'autres personnes s'en emparent pour organiser une nouvelle édition de concours des machins dans les années suivantes, les décennies suivantes, avec un autre sujet, avec un autre thème, une autre forme.
Qui a la motivation, l'énergie, l'envie, peut s'emparer et organiser ça.
Concours de machins, ça sonne un peu comme un mélange de la Bike War et du Hack Bike Derby qui s'est tenue au Royaume-Uni en 2016. Je ne sais pas s'il y a eu d'autres éditions. Les cadreurs et cadreuses se rencontraient pendant tout un week-end, exhibaient leurs machines et faisaient la course dans la forêt gadoueuse du comté de Somerset sur des vélos construits rapidement et à bas coups. Mis à part que ce n'est pas très mixte, c'est assez rigolo à regarder.
Oui, j'ai l'impression que toi, au final, tu vas à pas mal d'événements différents. Tu m'as parlé du congrès de métallerie ou même aller à la Baïquoire. Tu découvres des gens qui font un peu la même chose que toi mais avec des pratiques différentes et ça c'est riche tu sors de là et t'as appris des nouvelles choses et t'as rencontré des nouvelles personnes et ça ouvre ton champ d'horizon oui carrément, c'est vrai qu'entre le concours des machines et la bikewire il y a un peu un grand écart qu'on a fait ensemble cette année entre Roubaix et Aubervilliers on est passé directement d'une ambiance très vélo bien finie, bien alignée à une ambiance complètement autre à une organisation plutôt impressionnante dans le vélodrome et d'arriver aussi dans une organisation impressionnante mais dans un squat par un collectif très dynamique des personnes viennent construire un objet un char, quelque chose qui sera ensuite détruit dans une grande joute, à un moment où on lance les chars et puis ils se rendent dedans, une sorte d'auto tamponneuse donc là tu viens X jours avant et tu construis sur place tu construis sur place ou tu le construis dans ton atelier puis tu viens avec mais bon il faut le trimballer et donc là nous on y avait été et on avait construit un char dans la semaine qui a précédé et je veux dire que la partie destruction n'est pas la partie qui m'intéresse vraiment j'ai plutôt tendance à sauter du char au bout d'une minute et à me carabater mais c'est plutôt la partie construction et la dynamique qu'il y a dans l'équipe de réfléchir ensemble, qu'est-ce qu'on veut faire « Ah, c'est quoi les matériaux qu'on a ? » « Ah bah tiens, on pourrait faire ça parce qu'on a trouvé ce truc. » Et de le faire ensemble.
Attention, petit point.
On soulève le boîtier de sorte à ce que ce soit au sol. Et on soulève juste le boîtier pour que ce soit comme si c'était un vélo.
Comme il y a le public qui va arriver bientôt, il y a des gens qui font des piles de ferraille et qui rangent tout ce qui traîne pour dégager le hangar qui est encore plein de merdouilles incroyables. Est-ce que tu as dû traîner un extracteur de manivelle ? non ? Si seulement. Maintenant l'autre ça va être du tout écouté parce qu'il faudrait l'attirer avec à peu près le même écartement et comme je disais justement c'est un peu le bâtard. C'est pour plus anguler. Plus à gauche, plus à droite.
C'est pour éviter que là ça fait... Jean-Pierre rentre en scène, il va te dire des conseils. À droite, à gauche, c'est un peu trop courbe, c'est un peu trop droit. Nous on est l'équipe d'observateurs qui commence l'inspection. C'est Oumarelle, Oumarelle. Je vous rappelle de toi ? En bolognée ça veut dire les gens qui regardent les travaux. C'est le début Oumarelle.
C'est long, je me suis fait une cintreuse sur une roue jante assier, jante assier serre-joint, donc j'ai cintré deux tubes, donc je suis repartie dans l'économie. Ah yes, merci beaucoup, et en plus ça va être trop beau.
Dans ce hangar, c'est rempli de trucs, c'est rempli de pièces de vélo, de carcasses de vélo, c'est rempli aussi d'outils. C'est chouette quand les équipes amènent aussi du matos, ont des petites idées, et voilà, après tu peux aussi débarquer. J'aime bien en fait quand il y a des gens qui débarquent, parce que c'est un peu les voisins, ou comme l'équipe qui était juste à côté de nous.
Finalement, ils n'avaient jamais vraiment soudé, jamais trop utilisé une disqueuse. Et pourtant, ils font un char. OK, le char tient avec la chambre air. Et alors, il fonctionne, le char.
Eux, on passait un bon jour. Bah, trop chouette. Un peu du... Il me semble, si on voulait travailler en novlangue, un peu du team building, quoi. C'est compliqué, quoi, parce que tu regardes ce qu'il tient et ce qu'il tient pas, du coup, c'est pas mal de... Bah, c'est ce que font tout le monde en sautant sur le truc, hein. En fait, c'est ça, c'est que c'est juste pour voir si les points de soudure, ils sont bien faits ou pas, quoi.
C'était trop chouette parce que ça a tenu super longtemps quand les gens ont commencé à vraiment vouloir les détruire. On pouvait continuer de rouler pendant longtemps, de faire tourner aussi un peu. Du coup, c'était chouette qu'il y ait une destruction qui dure. Que ce ne soit pas juste, boum, tu casses un truc, ça ne roule plus et c'est fini. Après, quand tu vois 200 personnes sauter sur des tenterailes, tu te dis, mais comment on en est arrivé là ?
Construire un char pour balancer.
Mais après tout, il y a des startups qui se montent où tu balances des haches dans des trucs Ou alors des zones où tu peux tout détruire C'est beau ce truc C'est des endroits où tu vas Et tu peux tout détruire pendant une heure Ah ouais, c'est une fury room Il y a plein d'objets et puis tu peux tout casser Je trouve que tu payes pour ça en fait Et puis tu le fais, c'est pas beaucoup plus stupide Finalement, c'est une version anticapitaliste C'est un écritoire pour les gens Tu vas à un endroit et puis tu casses des assiettes J'ai découvert ça récemment, j'avoue que ça m'a rendu très triste Et tu devrais faire un genre de compagnonnage Un peu comme Pierre a fait C'est marrant parce qu'on en a parlé la première fois au téléphone avec Pierre quand on a échangé la première fois.
Et il me parlait du compagnonnage qu'il avait fait et je lui avais répondu à... C'est pas évident de faire un compagnonnage, d'oser pousser la porte, d'aller toquer, de demander à passer du temps et de se sentir légitime à le faire. A dire tiens je vais aller apprendre auprès de ces gens et peut-être je vais leur apporter des choses ou pas et de se sentir légitime à le faire. Clairement, avant cette formation, je ne pense pas que j'aurais osé toquer à la porte d'un atelier.
Je ne me serais jamais sentie légitime à faire ça. Donc peut-être cette formation, ça permettra plus facilement d'aller faire toc-toc, ne serait-ce que pour voir, rencontrer les personnes. Et c'est marrant, moi j'ai quand même l'impression que c'est hyper ouvert. J'ai l'impression que les cadreuses déjà installées, elles sont plutôt ouvertes, même super ouvertes à accueillir des gens. mais ça revient encore à ce qu'on disait de l'audace oser se sentir légitime maintenant je pense que ça irait mieux mais avant d'avoir jamais vu certaines choses ou de pas savoir braser ou de jamais avoir utilisé une fraiseuse en fait les gens parlent de trucs puis tu comprends juste pas de quoi on le cause alors c'est difficile d'avoir un échange parce que maintenant d'avoir vu un peu des choses les questions seront plus précises ça aide un petit peu et de moins être perdue en poussant la porte d'un atelier de comprendre ah tiens cet outil il sert à ça je l'ai jamais utilisé mais c'est bon je vois à peu près quand t'as jamais utilisé l'outil ou même vu l'utilisation de ce truc tu te dis mais c'est quoi ce machin est-ce qu'il y a des personnes dont t'adores le travail ou vers lequel t'aimerais aller quoi mais ce qui m'inspire le plus je crois c'est les voilà des gens qui ont une approche un peu globale peut-être enfin de vélo plutôt utilitaire qui ont fabriqué des choses ensemble de la démarche aussi que c'est pas juste une start-up qui fabrique des cargos elle m'envoie pas du rêve même si le travail l'objet est fini, oui c'est magnifique, c'est chouette et tout ça, mais peut-être l'ambiance start-up ça va pas me causer on a parlé de ça un petit peu hier à vélo d'avoir des connivences qui sont pas juste le vélo avec oui toi j'ai l'impression qu'il y a aussi beaucoup d'ambition de partage ou sociale oui mettre du sens en fait dans tout ça dans ce monde qui n'a pas trop de sens de remettre vraiment du sens dans qu'est-ce qu'on fait, comment on le fait en vrai monter une start-up de vélo cargo en ce moment j'imagine que c'est le bon moment quoi je vais pas parler en off-langue exprès pour faire marcher le truc je crois que c'est trop dur et tant mieux si des gens arrivent à faire ça et que ça marche pour eux mais je ferai pas ça bah merci Janice merci Camille on va aller manger nos petits chocolinettes, brioches chocolinettes à l'extérieur au bord du boire et on va peut-être se baquer aussi on va se baquer ouais merci à Janice d'avoir accepté l'exercice de l'interview et de m'avoir embarqué dans un monde d'itinéraires bis et de chemins alternatifs enjoués cet épisode est certainement le dernier alors je finis par cette incroyable chanson de Hamlet Minassian