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Visuel de l’épisode « Yoann Loncle »
Dans le cadreNº 1

Yoann Loncle

Yoann Loncle

1 h 01Par Camille Veillard

Notes de l’épisode

Dans ce 1er épisode, je rencontre Yoann Loncle, jeune cadreur plus connu sous le nom de Menhir.

Peut-être vous souvenez-vous de son vélo présenté à Bruniquel lors du Concours de machines 2018 : un VTT téméraire avec air comprimé stocké dans le cadre, petit couteau subtilement caché dans le cintre et l’irrésistible pelle à caca sur le top tube.

L’été dernier, j’ai passé une semaine entre son atelier et La Paillette, coloc’ bouillonnante située dans la Drôme.

Pour arriver jusqu’à son atelier, prendre l’itinéraire bis avec option gravier ; s’arrêter au Poët Laval puis devant le portail où on peut lire « Vente de patate ». C’est là, vous pouvez entrer !

Une fois arrivé, on est au frais. Le bruit des cigales se mêle au ronronnement des machines. Yoann pianote sur sa fraiseuse aussi vite que sur sa calculette Casio.

Le rapporteur et le compas sont posés sur son plan de travail où trônent ses dessins de vélo à échelle 1:1.

Derrière ses airs flegmatiques, Yoann est exalté lorsque du monde traîne dans son atelier : le partage c’est ça qui le fait vibrer !

Si vous passez le voir, il sera ravi de tout vous montrer, certainement pas rebuté par votre niveau inexistant en matière de mécanique avancée.

Dans ce super épisode, vous découvrirez son amour inconditionnel pour les wishbones et sa théorie révolutionnaire sur l’inutilité du filetage BSA.

© Camille Veillard

Références : MILC : http://www.milc-industry.com/
FESTKA : https://festka.com/

MATTHIEU CHOLLET / PECHTREGON https://pechtregon.tumblr.com/ et https://vimeo.com/361832023
YANN THOMAS SALAMANDRE : http://www.salamandrecycles.com/wp-salamandre/
PIERRE GLOTTIN TAILLEFER CYCLE : https://cyclestaillefer.fr/

Association des artisans du cycle : https://www.associationartisansducycle.com/

HUNTER CYCLES : https://huntercycles.com/
ENGLISH CYCLES : https://www.englishcycles.com/
FRANCES CYCLES : https://www.francescycles.com/

MORPHO-LOGICS : http://www.morpho-logics.com/

Tubes :
DEDACCIAI : http://www.dedacciai.com/website2016/index.php/en/
ULM TECHNOLOGIE https://www.ulmtechnologie-shop.com/
THE BICYCLE ACADEMY : https://thebicycleacademy.org

Musique :

Générique d’intro : Andriy Mashtalir – Changes

Générique de fin : Le Collectif À Bernard featuring Driss ! https://lesiteinternetabernard.com/

Transcription

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L'objectif de cet ouvrage est de mettre en lumière le potentiel d'épanouissement humain offert par les métiers manuels. On a toujours envie de progresser, quoi. Dans le cadre. Si lui, il le fait, pourquoi toi, t'y arriverais pas ? Sophie, garçon, on s'en fout du genre. On s'intéresse ici à l'expérience de ceux qui s'emploient à fabriquer ou à réparer des objets.

Dans le cadre. Camille Industries, Jampail et Cargo à la fois. Vous écoutez Dans le cadre, un podcast sur les cadreurs et cadreuses vélos destinés à tous les monomaniaques et passionnés de la bicyclette. Dans ce premier épisode, je rencontre Johan Longle, jeune cadreur plus connu sous le nom de Menhir. Peut-être vous souvenez-vous de son vélo présenté à Bruniquel lors du concours de machines 2018. Un VTT téméraire avec air comprimé stocké dans le cadre, petit couteau subtilement caché dans le cintre, l'irrésistible pelle à caca sur le top tube.

L'été dernier, j'ai passé une semaine entre son atelier et la paillette. Cologue bouillonnante située dans la Drôme Provençale. Pour arriver jusqu'à son atelier, prends l'itinéraire bis avec option gravier. S'arrêtez au Poitlaval, puis devant le portail où on peut lire « Vente de patates ». C'est là, vous pouvez entrer. Une fois arrivé, on est au frais. Le bruit des cigales se mêle au ronronnement des machines. Johan pianote sur sa fraiseuse aussi vite que sur sa calculette Casio.

Derrière ses airs phlegmatiques, Johan est exalté lorsque du monde traîne dans son atelier. Le partage, c'est ça qui le fait vibrer. Si vous passez le voir, il sera ravi de tout vous montrer. Certainement pas rebuté par votre niveau inexistant en matière de mécanique avancée. Dans ce super épisode, vous découvrirez son amour inconditionnel pour les wishbones et sa théorie révolutionnaire sur l'inutilité du filetage BSA.

Salut Yoann. Salut Camille. Ça fait une semaine que je suis dans ton atelier, qui se trouve à Poitlaval, à côté de Biolophie, dans la Drôme. C'est ça. Mais mire, je croyais que t'étais breton. Qu'est-ce qui s'est passé ? Eh bien, les Bretons, ils sont voyageurs.

Donc là, je suis dans ma période transitoire où je vais, où le vent me porte. Du coup, avant d'arriver en Drôme, j'ai d'abord fait un saut dans les Pyrénées. J'avais rejoint l'équipe de Milk. Donc Milk, c'est made in le coin. Des gens formidables qui fabriquent des châssis tubulaires légers dans les Pyrénées. Et donc, j'ai passé deux ans là-bas à travailler en partie pour eux.

Et voilà, maintenant, je suis de retour à mon compte en indépendant, dans mon petit atelier, cette fois en Drôme. Et du coup, je vois que tu as plein de machines. Ça veut dire que tu as déplacé tes machines ? J'ai déplacé pas mal de choses. Donc, à l'époque, quand je suis parti de Rennes pour les Pyrénées, j'ai déplacé ma fraiseuse et mon tour.

Plus une grosse table de soudure que je n'utilisais pas encore.

Et là, cette fois-ci, j'ai revendu la fraiseuse et mon tour sur place. Et j'en ai racheté d'autres en arrivant ici. Et j'ai quand même fait venir une perceuse à colonne et une table de soudure. Les Pyrénées. Donc oui, je déplace mon atelier sur le dos. Est-ce que tu peux nous dire ce qui t'a amené à fabriquer des vélos ? J'ai toujours fait beaucoup de vélos. Je suis gamin. On va dire qu'à l'époque adolescente, j'ai fait beaucoup, beaucoup de BMX.

Avec mon frère, un frère jumeau avec qui on a fait du BMX tous les week-ends. Mon papa, il nous emmenait à la piste de B-Cross tous les samedis.

Cette passion a duré une bonne dizaine d'années. Donc, il n'y avait que le petit vélo dans ma vie. Et arrivé à l'âge des études, je me suis tourné plutôt vers la mécanique. Donc, j'étais assez manuel. Quand j'étais gamin, je jouais au Lego. Donc, j'adorais construire des trucs. La mécanique, ça me parlait bien. Et puis, quand on fait du BMX, généralement, on n'a pas beaucoup d'argent.

Du coup, son vélo, il faut se le réparer. Donc moi, j'ai commencé à mettre la main à la patte dans le vélo, dans le BMX, qui est beaucoup sollicité. Du coup, il y a pas mal de pièces qui cassent, pas mal de choses à changer. Donc j'ai découvert la mécanique vélo par là. C'est-à-dire un peu naturellement, j'ai suivi un cursus mécanique et une grosse révélation au lycée où j'ai découvert la science de l'ingénieur.

Donc je suis parti vers ce parcours-là. Donc une formation en génie mécanique et productique, l'IUT de Rennes. Là, on y apprend pas mal à utiliser des machines d'ateliers, des postes à souder, etc. J'ai passé ce diplôme-là, je suis allé passer un an en Angleterre, en Erasmus, où j'ai continué une formation en Bachelor en Mechanical Engineering. Et du coup, c'est en revenant en France, où j'ai commencé à m'ouvrir à d'autres pratiques du vélo.

Donc, je cherchais d'abord un vélo pour me déplacer en ville. Du coup, j'ai ouvert à d'autres pratiques, le pignon fixe, le cycle cross. Et du coup, à partir de ce moment-là, j'ai découvert qu'il y avait encore des artisans qui fabriquaient des vélos à l'étranger, mais aussi en France. Là, révélation, c'est génial ce qu'ils font, j'ai trop envie d'essayer de faire ça. Et ça a cogité dans ma tête, et les trois années que j'ai passées en école d'ingénieur, du coup en parallèle, j'avais ce projet-là.

Je faisais en sorte d'acquérir de l'expérience autant pratique que théorique pour se lancer dans cette aventure. Et du coup, en quoi ta formation va influer dans ta manière de fabriquer des cadres de vélo si tu la compares à d'autres cadreurs qui ont une formation complètement différente ou pas de formation du tout ?

On va dire qu'à l'Uté, ce qu'on nous apprenait, c'était d'abord on va vous mettre à l'atelier pour que vous compreniez comment on fabrique une pièce et dans le but derrière de réfléchir à comment tu conçois ta pièce en fonction des moyens qui sont à ta disposition ou des moyens qui seront à ta disposition dans l'industrie. Quand je me suis lancé, il y avait vraiment cette volonté de, je sais utiliser une fraiseuse, je sais ce que je peux faire avec, et pour moi c'était quasi essentiel de commencer avec ça.

Effectivement, le premier vélo que j'ai fait à l'ancienne, comme tout le monde, avec une scie, une paire de lits, un chalumeau dans un garage, on y passe beaucoup de temps, mais à échelle professionnelle, il y a quand même un sens à utiliser ça. Moi j'adore en gros fabriquer des outils et pouvoir fabriquer le maximum de pièces à l'atelier, et c'est intéressant d'avoir ce genre de machines industrielles qui sont des machines conventionnelles il y a 40 ans mais qui fonctionnent très bien et du coup ça élargit les possibilités et ça se reflète aussi derrière dans les réalisations parce qu'on va tisser des tubes ou des références qu'on ne trouve pas ailleurs parce que tu peux te permettre de créer tes propres pièces et tes propres outils qui te permettent de fabriquer le vélo d'une certaine manière après on a une tête de fourche Il doit faire 50 mm, déjà fabriqué, pour gagner un peu de temps.

Ce qui est fait beaucoup, par exemple, chez Milk, où ils font du prototypage, ils travaillent avec des plans en échelle 1, s'ils ont des formes de tubes complexes. Et du coup, ils s'en servent dans un premier temps pour faire le cintrage, qui est la seule solution rapide et peu onéreuse pour vérifier qu'un cintrage est bon. Et du coup, ils s'en servent aussi pour reporter les entrées de grugeage, pour être sûr d'être à la bonne cote. C'est trop utile, en fait.

Tu viens juste poser ton outil sur le plan et ensuite, tu as juste à reposer ton tube dessus et tata, et c'est trop bien. Et c'est fini. C'est vrai qu'avant, où je travaillais avec des plans qui étaient à plus petite échelle, j'ai tendance à vérifier deux ou trois fois que ma cote était bonne pour être sûr que je ne sois pas trop court. J'aime bien parce que tu as mis ton nom sur tes outils comme quoi on était au collège. On les marquait au type X.

Peut-être parce que je l'utilisais déjà au collège. Mais pas lui. Pas lui non, ça c'est parce que du coup j'étais chez Milk et j'avais marqué un peu mes outils pour qu'ils reviennent à leur place.

Est-ce qu'il y a un outil que tu as réalisé dont tu es super fier ? On a un qui était bien pratique, qui est dans une boîte là, qui servait à gruger les petits pontets qu'il y a entre les bases et les haubans. C'est juste un petit tube d'aluminium avec un trou et dans lequel on mettait le pontet. Une fois que j'avais réglé l'angle pour gruger un côté, j'avais plus qu'à le retourner et je le grugeais de manière symétrique. Je savais que les deux coupes étaient bien symétriques et en plus j'avais un petit guide pour percer le trou du pontet pour y braser un insert de garde-boue bien centré.

Je trouvais que ça me faisait quand même gagner du temps et c'était juste un petit outil vraiment tout con mais qui te dépanne bien. Maintenant je n'utilise plus trop parce que j'aime beaucoup faire des wishbone en banc et du coup je mets très peu de pontet sauf quand j'en mets sur les bases quand il y a un garde-boue. J'ai un outil un peu polyvalent qui me sert à la fois à gruger les bases, gruger l'auban ou du wishbone et gruger les fourches. Là, récemment, je l'ai utilisé pour fabriquer le wishbone, donc je m'en sers aussi pour souder.

On peut réussir à fabriquer des outils un peu polyvalents qui vont te servir dans plusieurs tâches. Il y a pas mal d'inspiration.

Généralement, j'ai l'impression qu'il n'y a pas une période geek où on va aller chercher beaucoup d'informations, comment ils font les autres, c'est quoi les outils qu'ils utilisent. Et du coup j'ai eu cette période là de tel cadreur utilise tel outil, il fait ça comme ça, machin et tout. Donc il y a pas mal d'inspiration et après de voir pendant mes expériences, donc entre autres chez CIFAC ou chez FESCA, de voir certains de ces outils en vrai, voir leurs défauts potentiellement.

Du coup derrière de partir d'une base existante qui marche et de l'adapter par rapport à toi, comment tu l'utilisais ou des moyens que tu as à ta disposition. Je suis rentré en école d'ingénieur, ma première année j'avais un peu ce rêve là de fabriquer des vélos.

J'ai commencé par les cadres qui avaient fissuré, faire des modifs pour ajouter des inserts, des petites choses comme ça, fabriquer des portes bagages pour me faire la main sur des petits travaux à apprendre à souder correctement avant de me lancer dans un cadre. Ensuite, j'avais des stages à réaliser donc j'avais bien compris qu'en étant en formation ingénieur, je ne pouvais pas non plus aller chez un petit artisan qu'il n'y aurait pas un travail assez technique selon l'école. J'avais visé un peu les plus grosses boîtes en artisanal donc j'ai visé Victoire, j'ai visé SIFAC, Vagabond parce que je savais qu'ils étaient deux et du coup ça a mordu chez SIFAC donc il m'avait pris en tant que stagiaire ingénieur et je travaillais surtout sur l'aspect méthode, process de fabrication donc là c'était plutôt orienté sur les gabarits sachant qu'à SIFAC ils ont une belle collection de gabarits différents qui ne se règlent pas pareil et du coup la manière de faire un cadre est différente d'un gabarit à l'autre Ça m'a permis de compléter le manque de théorie que j'avais sur l'aspect fabrication de vélo.

Tu as beau chiner des informations sur Internet, tu ne trouves pas tout. Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre si on ne te l'a pas expliqué.

Chez SIFAC, j'étais maître de stage, c'était Fabien qui a pris le temps de m'expliquer c'est quoi le postural, c'est quoi vraiment la géométrie sur un vélo, comment tu règles ce gabarit-là pour ce vélo-là, comment tu le règles pour le même vélo sur un autre gabarit, Et du coup, de me faire comprendre, en fait, les outils ont été pensés comme ça pour faire les vélos. Est-ce que tu peux expliquer ce que c'est un gabarit pour les gens qui ne savent pas ? Un gabarit, c'est un outil qui permet de tenir les tubes ensemble afin de les maintenir alignés dans un même plan et de configurer la géométrie du vélo qu'on souhaite.

Ça permet de maintenir les tubes pour préparer l'ajustage, l'usinage des tubes entre eux et ensuite les pointer, donc faire un petit point de soudure entre les tubes pour fixer la géométrie et on peut parfois même le souder dans le gabarit en fonction de l'accessibilité. Donc moi mon travail chez SIFAC il portait essentiellement là-dessus de remettre en route des vieux gabarits pour des productions de cadres et à l'époque il sous-traitait les cadres caminades c'était eux qui fabriquaient les premières séries de cadres caminades et il voulait dédier un gabarit qui était dans les cartons et le réadapter à des standards modernes pour fabriquer les caminettes.

Les gabarits qui sortaient d'où ? C'était des gabarits qui dataient de CIFAC avant qu'Emerick Lebrun reprenne la boîte, de Francis Quillon. Francis Quillon, lui, travaillait avant pour les cycles Méral, qui était une entreprise de fabrication de vélos aussi à l'affui, là où il y a CIFAC. Méral a fermé, Francis Quillon a continué dans son garage à faire des vélos sur mesure pour des coureurs pro.

Il a monté sa boîte et après que Le Brun a récupéré la succession de transition. Donc il devait avoir ça de l'époque mérale, on va dire, je pense. Après ça, j'étais au taquet sur les gabarits. Du coup, moi, j'avais le reste du temps, j'étais hébergé dans une caravane. Je n'avais pas d'internet, juste les lacs, je n'avais même pas le courant. Donc moi, sur mon temps libre, je faisais ma conception de mon gabarit à moi, que j'avais pensé un peu suivant mes contraintes et en fonction des capacités que j'avais pour le fabriquer.

Et quand je suis revenu en cours, jeudi après-midi, je visite mes pièces pour mon gabarit et j'assemble mon gabarit. J'ai pu négocier avec mon école, et donc ils ont accepté que je fasse mon projet de fin d'étude sur la fabrication d'un cadre de vélo. Ils voulaient quand même quelque chose d'un peu technique, donc je suis parti sur un vélo cargo et j'ai proposé un partenariat avec l'atelier associatif de Rennes pour construire ce vélo pour eux.

Une grosse phase de conception, calcul de structure pour vérifier la résistance. Comme ça, je mettais la dose de technique pour l'école et une fois le projet fini, j'avais deux mois pour fabriquer le cargo et après je partais en stage en République Cheque. Donc le vélo de cargo a été mon premier vélo. Deux à trois fois plus de tubes qu'un cadre classique, logé à la lime, avec un tout petit marbre, ça a été très long.

Mais bon, il faut y passer par là pour apprendre le métier. Je crois que j'ai mis deux mots à le faire. Et après, je partais en République Tchèque, donc chez Fesca. C'est un fabricant de vélo sur mesure, on va dire un peu à l'échelle Victoire, un vélo de gamme, plutôt en carbone et en titane. Là, étant passé par Cifac, c'est pareil, ça fait un peu effet, du coup, ils se sont dit, bon, ça vaut le coup, on va peut-être le prendre. C'était une marque qui démarrait, ça avait commencé dans un garage et là il commençait à être un peu populaire, il commençait à faire un peu des quantités de vélos et le process de fabrication n'était pas très bien réglé, il y avait quand même pas mal de défauts sur les cadres.

Et du coup j'ai eu carte blanche pour redessiner l'organisation de l'atelier, investir dans des outils, acheter des gabarits, concevoir et fabriquer des outils spécifiques pour leurs vélos, pour des modèles spécifiques, etc. Donc je suis reparti de là, je leur avais donné, on va dire, une sorte de bible de la fabrication, donc un dossier d'une centaine de pages avec toutes les étapes de fabrication d'un cadre, que ce soit un modèle sur mesure, un modèle de série, avec quelle machine, quel outil, quel paramètre de réglage de la machine, etc.

Pour qu'eux, ils puissent gagner du temps sur la fabrication et éviter qu'il y ait trop d'allers-retours au sein d'entreprise. Donc ça c'était une très très belle expérience, eux ils m'ont du coup en contrepartie offert une gratification qui n'était pas prévue dans le stage, les stages à l'étranger ils ne sont pas forcément améliorés, donc j'ai eu mon petit budget, petit début de trésorerie pour investir dans mon atelier.

L'argent m'a servi entre autres à m'acheter ma première fraiseuse. Donc je suis revenu en France, en 2016 j'ai ouvert mon atelier à Rennes. Régler l'angle à 70 degrés, départ de fourche à 153, longueur des bases à 436.

Et donc là maintenant je vais dessiner les roues qui vont définir la position de la fourche et de la douille de direction. C'est pareil en gros la douille de direction c'est la combinaison du postural avec la taille des roues, les épaisseurs de direction en fait qui conditionnent la longueur de la douille de direction. Donc souvent on fait la remarque que j'ai des punaises par terre pour fermer les roues.

Tu mets un peu d'animation.

Et là, qu'est-ce que tu fais, Gohan ? Je ramasse des punaises que j'ai faits en overtaire. C'est pas bon pour les vélos.

Souvent, on me fait la remarque que mes douilles de direction, elles sont vraiment grandes. En fait, c'est juste que si on me positionne confortablement sur un vélo, avec un cintre à peu près à la même hauteur que le basselle, ou avec très peu de drop, et que tu optimises les spacers qu'on met d'habitude beaucoup pour compenser, Et au final, ça fait des douilles qui sont plus grandes que la moyenne.

Ça paraît effrayant, mais au final, c'est comme ça qu'on est confort sur un vélo.

J'ai rencontré les gars de Milk, nager de l'association. À l'époque, c'était l'association du concours de machines, peut-être. Maintenant, elle est devenue l'association des artisans du cycle. Je leur avais proposé mon aide si jamais ils avaient besoin. Et en fait, eux, ils étaient en plein développement. Et effectivement, sur une période de rush, ils m'ont appelé. Ils m'ont dit, on a besoin de toi sur deux semaines.

Parce que là, on avait une grosse prod et en fait, je suis resté un mois. J'ai eu juste trop de travail. On faisait du 5h du mat, 5h du soir. On se faisait des sessions jusqu'à 1h du matin. Ça a été intense et ça ne m'a pas fait peur. Et derrière, ils m'ont proposé un poste. Donc, j'avais négocié de seulement faire un mi-temps chez eux pour pouvoir continuer mon activité et m'y venir à côté.

Et je suis arrivé dans les Pyrénées avec mes machines que j'ai fait transporter. J'ai vu que tu soudais au tig, c'est récent ou tu as commencé la soude aux brasures puis tu t'es mis au tig ?

J'ai commencé au chalumeau du coup de la soude aux brasures parce que c'est assez facile de trouver un chalumeau pour pas trop cher. C'est plus simple on va dire à prendre en main, il y a moins de paramètres à prendre en compte. Après c'est pas facile même plus, j'ai quand même fait beaucoup d'essais avant de commencer à comprendre ce qui se passait. Je m'avais pas vraiment formé à la soudure donc même la brasure c'est assez compliqué mais c'est plus simple à prendre en main qu'à la soude aux tigres. Et j'avais quand même trouvé un poste TIG aux enchères.

Donc j'avais quand même dans l'idée un jour de basculer vers cette techno-là. En arrivant chez Milk, eux, ils avaient des bons soudeurs. Ils utilisaient plutôt le TIG et j'ai pu me former là-bas auprès des soudeurs de Milk. À l'époque, il y avait Auln et maintenant toujours Pascal. Deux très bons soudeurs.

Donc maintenant, on va dire que j'utilise le TIG surtout pour les soudures principales entre les tubes. et que je garde la brasure pour les autres pièces qui vont être les inserts de porte bidon, les serrages de sel intégrés les assemblages tall tube comme les pattes de fixation de la roue donc maintenant je jongle entre les deux et vraiment j'utilise la technique qui est le plus appropriée pour ce que je veux assembler sachant que sur la soude aux brasures je m'affranchissais déjà du polissage des soudures j'avais un peu peaufiné la technique pour construire mes cordons de soudure comme au TIG et du coup d'avoir quelque chose de vraiment régulier on va dire sans trop de vaguelettes et derrière une fois sablé peint on ne voyait quasiment pas la différence Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui fait de la soudre brasure et qui voudrait peut-être potentiellement essayer le TIG pourquoi toi tu choisis le TIG ?

Tu gagnes du temps et au final on va dire que c'est moins sale c'est un peu l'inconvénient de la brasure c'est qu'on utilise un décapant, le flux qui est le produit qui permet de protéger la zone de la soudure pendant qu'on le soude qui crée une atmosphère neutre pour pouvoir souder le cas là où au tigre on utilise un gaz un gaz inerte qui lui chasse l'air et crée une atmosphère protectrice pour créer la fusion donc pour la soudure on a vraiment besoin d'avoir une atmosphère propre et sans oxygène pour éviter l'oxydation En brasure, on utilise ce décapant qui est une pâte un peu crémeuse qu'on doit appliquer sur les tubes avant de souder et ça c'est quelque chose qui va rester sur le cadre, donc le décapant on en met un peu partout ça salue le gabarit, il y en a sur le cadre une fois que c'est soudé, c'est un truc qui reste poisseux, on s'en met plein les mains et puis pour l'enlever, on est obligé de tremper dans l'eau parce qu'une fois refroidi ça redevient solide on ne peut pas l'enlever sans le dissoudre dans l'eau et le décapant de l'argent il fait un truc assez pâteux qui n'est pas très agréable à avoir en main, donc en fait soit tu passes ton temps à nettoyer ton cadre ou alors tu brasses tout et après tu le fais tremper dans une cuve donc ça, ça te demande déjà un peu plus de temps et c'est aussi que la brasure demande de préchauffer les pièces pas mal, dans la brasure il faut vraiment que tu montes les deux pièces à la bonne température avant de commencer à braser là où le tigre quand t'appuies sur la gâchette t'es au point de fusion et en fait tu soudes directement donc dans la fabrication du cadre la brasure en gros je vais pointer mon cadre du coup je vais devoir préchauffer pendant 5 minutes la zone le temps que j'arrive à température juste pour faire un pan donc je vais faire ça sur tous les tubes après en gros je vais le laisser refroidir je peux pas le manipuler parce que là il est trop chaud et ça va tirer un peu dans tous les sens donc faut laisser refroidir tu vas contrôler ton cadre le redresser et après rebelote pour la soudure donc tu rechauffes la partie Si tu veux souder pendant 5 minutes, tu fais ton cordon, après c'est trop chaud, il faut que tu le laisses refroidir pendant un quart d'heure.

Dans la globalité, ça prend plus de temps. Là où quand tu soudes au tigre et tu veux faire un point, tu appuies sur la gâchette en une demi-seconde, ton point est fait, tu relâches, le tube a eu à peine le temps de chauffer, tu peux manipuler ton cadre.

Et après, pour la soudure, c'est pareil, tu enchaînes ton cordon, tu peux le faire suivant la séquence. Les tubes y chauffent, mais tu peux quand même manipuler le cadre relativement facilement. Et si tu suis ta séquence, tu n'as pas trop de problèmes de désalignement. Et une fois que ta soudure tig est finie, tu n'as pas de nettoyage derrière. Là ou la brasure, moi je m'assure déjà que tout le décapant soit enlevé.

Et quelquefois il peut rester des résidus qui peuvent être difficiles à enlever au sablage. Donc potentiellement ça pourrait poser un problème sur la peinture, on pourrait voir un défaut. Donc moi je fais attention à ne serait-ce qu'enlever toutes ces aspérités et remettre un coup de brosse sur les soudures. Et puis après, tu peux aussi t'amuser à polir tes soudures. Donc, enlever toute la construction de ton cordon et vraiment lisser ta soudure pour avoir un aspect un peu monocoque, comme sur du carbone.

Mais ça, tu ne le fais pas trop ? J'ai dû le faire sur deux vélos. Et après, j'ai arrêté. Je trouvais que mes cordons étaient assez réguliers et que ce n'était pas nécessaire. Et d'ailleurs, tu fabriques quel type de vélo ?

C'est qui tes clients ? C'est des gens qui vont utiliser leur vélo plutôt quotidiennement. soit pour aller travailler mais aussi pour se faire une balade le week-end pourquoi pas partir en bivouac ou se faire des vacances et manger un peu plus de bornes j'ai pas de grands sportifs donc j'ai pas de gens qui vont se faire leurs 200 bornes dans la journée j'ai pas d'ultra, j'ai pas eu de demande de vélo de route on va dire que je fais plutôt des choses qui s'appellent gravel mais au final c'est plutôt des vélos polyvalents soit avec un profil un peu plus roulant avec un profil un peu plus VTT.

On n'est pas beaucoup à faire du VTT non plus. Donc, je suis bien content de pouvoir proposer ça.

Je sais que tu es un peu copain avec Mathieu Cholet, par exemple. Je voulais savoir si tu avais un ou plusieurs cadreurs dont tu étais un peu fan du travail en France et ou aux Etats-Unis ou ailleurs. Très copain avec Mathieu. J'aime beaucoup sa manière de travailler. Moi, j'avais un profil très ingénieur, très technique. Faire de l'usinage, de précision, des choses comme ça. et je mettais beaucoup de précisions fines sur des endroits qu'il ne nécessitait pas et lui il travaillait juste deux fois plus vite parce qu'il faisait les choses plus simplement il travaillait sur plan et il s'amusait pas à faire des réglages machines compliqués sur tout et n'importe quoi donc moi j'ai revu un peu ma manière de travailler après l'avoir rencontré j'aimais beaucoup aussi ce que faisait Yann de Salamand déjà il était un peu spécialisé dans le fatbike du coup il avait fait le choix de segmenter sur cette pratique là dans laquelle on a du mal à trouver des produits adaptés et lui il avait vraiment pensé sa manière de travailler en fonction de ses vélos donc il avait vraiment des outils qu'on ne trouvait pas ailleurs de faire des sortes de mix entre un gabarit et une grugeuse vraiment intelligent et ça lui permettait de fabriquer un cadre en deux jours et de proposer des cadres à 900 euros quoi donc plus abordables j'ai aussi très copain avec Julien de Jolie Rouge qui est aussi un geek de la machine outil Et Pierre Glotin de Taillefer aussi Qui s'est lancé récemment Généralement le milieu du cadre artisanal C'est vraiment des gens abordables Ouverts C'est des gens honnêtes Du coup on est tous un peu copains Surtout depuis que l'association a été créée On est plusieurs à avoir eu l'expérience D'aller voir l'ancien cadreur du coin Et de se faire mettre à la porte Parce qu'à l'époque, c'était la concurrence et il ne fallait pas voir comment ils travaillaient, leur piquer des idées.

Du coup, on va dire que la génération qui a suivi, ils ont un peu appris dans leur coin. Maintenant, surtout grâce au concours qui a rassemblé les artisans sur un même lieu et qui a permis des échanges, qui a ensuite permis de créer l'association, maintenant on échange beaucoup plus sur nos problématiques qui sont communes sur beaucoup de points et qui pourraient nous donner du poids auprès d'institutions un peu plus grandes. Le concours de machine, justement, tu y as participé plusieurs fois, une fois ?

Le concours de machine, j'ai participé pour l'instant en deux éditions. Je n'avais pas pu l'édition 2016 à regret parce que j'étais en République tchèque, mais j'ai suivi ça de long. Et l'année suivante, je venais d'ouvrir mon atelier. Et juste le concours de machine, c'est le meilleur endroit pour commencer sa communication quand on démarre son activité. Et moi, je pense que la moitié de mes clients, ils viennent suite à mes participations au concours de machine. Parce que les effets rebonds derrière, ils sont énormes. qui était paru dans des magazines, dans des sites en ligne.

Et les clients potentiels vont chercher ces informations à ces endroits-là. J'ai fait l'édition 2017, randonneuse en berre, où j'ai proposé plutôt un vélo quand même orienté pas mal VTT. Un vélo roulant, mais avec une transmission VTT, un cintre plutôt VTT aussi. Parce que moi, je n'avais pas une pratique routard. Et au final, je m'en suis bien sorti, parce que les parcours soi-disant gravel étaient carrément VTT, parce qu'on suivait des balisages VTT. Et j'ai fait l'édition suivante aussi, première édition VTT, Bruniquel, organisée merveilleusement par Mathieu Cholet et toute sa clique de copains.

Et aux Etats-Unis du coup, ou ailleurs, je dis aux Etats-Unis, mais en Angleterre, je ne sais pas où, est-ce que tu suis des gens ? Ouais, moi j'ai pas mal regardé ce qui se faisait à l'étranger, parce qu'ils ont beaucoup plus de cadreurs là-bas. Traditionnellement, le vélo sur mesure en France, c'est quand même plutôt du vélo de route et de la randonneuse. Là-bas, ils ont ouvert beaucoup plus tôt sur du VTT, du vélo utilitaire, du cargo. Ça sortait vraiment du lot.

Certains cadreurs, ils avaient vraiment des réalisations qui ont vraiment été différentes, je trouvais. Je me suis pas mal inspiré Hunter Cycle. Donc lui, il fait pas mal de choses en interne. C'est pareil, il a plein de machines outils. Il usine beaucoup de choses. Les pattes du vélo, des choses comme ça. Donc ses vélos, ils sont vraiment reconnaissables par sa manière de faire les choses. il a des fourches qui sont vraiment sa signature et puis il s'est amusé à faire des cargos VTT des choses comme ça un peu drôle ensuite en un peu plus léché mais bien tech il y a English Cycles c'est lui un ingénieur, je ne me trompe pas il travaillait à Bike Friday je crois c'est une marque de un vélo type Brompton en fait lui je l'aime bien parce qu'il a un profil ingénieur et qu'il va vraiment travailler dans les limites du matériau, dimensionner des tubes vraiment très très fins Il joue beaucoup sa carte sur le poids Il fait vraiment des vélos légers On va juste le dimensionner comme il faut Pour le poids de la personne Pour la pratique Il n'y aura pas un gramme de plus Il n'y aura pas un gramme de moins Et puis il a quelques fabrications innovantes Il a fait des vélos clients Donc je me suis aussi inspiré Quelques vélos atypiques Et après, en troisième petit chouchou américain Il y a Frances Cycles Qui lui, pour le coup, propose du vélo cargo De la remorque et pas mal de vélos utilitaires et du coup ça me branchait pas mal qu'en cadrage tu puisses faire ce genre de réalisation qui est quand même de la demande en France ça commence à venir mais la fois que j'ai commencé c'était compliqué d'argumenter le prix d'un vélo cargo en artisanal et sur ton vélo là t'as un genre de un genre de truss fork c'est pas vraiment une truss c'est pas ouais j'appelle ça peut-être une demi truss parce que la truss fork j'imagine que ça vient des vieilles fourges moto par lélogramme sauf que là y'a pas de par lélogramme Et là, pareil, la première fois que j'ai vu ça sur un vélo, c'était des cadreurs américains, forcément.

Ça avait anticipé un peu le truc. J'avais fait ça pour le concours, parce qu'effectivement, on n'en voyait pas encore en France. Et je m'étais dit, ouais, vas-y, super idée, je fais ça. Et Mathieu Cholesse, il s'est dit, ouais, vas-y, super idée, je fais ça aussi. En fait, en 2016, je m'attendais vraiment à un vélo pliant. Je ne sais pas pourquoi. Et en fait, personne ne l'a fait. J'ai cru que Milk l'avait fait, mais en fait, ce n'était pas un système pliant. Je m'étais dit, vas-y, en 2017, je propose un vélo pliant. Il n'y a encore personne qui l'a fait. Et je voulais proposer aussi une transport pour casser un peu l'esthétique du truc.

Et en fait, on se connaissait déjà avec Mathieu. Et je l'avais appelé parce que je cherchais un diamètre de tube particulier justement pour faire le système de pivot sur le vélo. Et je l'appelle et je lui ai dit, t'as pas un tube en 40x1 ou 40x1.5, un truc du genre. Il me fait, ah, t'es pas en train de fabriquer un vélo pliant là ? fabriquer tes bagues du coup sur ton boîtier de pédaler bah si ah bah on a la même idée ah bon d'accord bon j'en dis pas plus et on se voit au concours et on verra à quel point c'est différent ou si on a pensé à la même chose voilà et en fait on a débarqué tous les deux on avait deux vélos pliant et on avait deux transports donc ouais c'était drôle et d'ailleurs on a fait une démo tous les deux du pliage du vélo on utilisait le même système en fait on les bases étaient reliées à des bagues sur le boîtier de pédalier qui pivotait donc en fait l'arrière venait pivoter autour du boîtier, sauf que moi ça pivotait vers le bas et ça revenait dans le cadre et lui ça pivotait vers le haut et ça allait dans le cadre donc on le faisait pas dans le même sens et sinon c'était à peu près pareil Tu peux expliquer la différence entre ta demi-truss et ce qu'on a l'habitude de...

Les truss du coup normalement c'est comme si on avait des fourreaux classiques qui allaient de la tête de fourche jusqu'aux pattes, sauf que les tubes sont beaucoup plus fins, on triangule la fourche, du coup il y a un retour des pattes qui revient normalement au dessus de la douille de direction Et cette construction là en fait on est obligé d'avoir un pivot amovible Parce qu'il faut emmancher le haut et le bas de la fourche sur la douche de direction Puis faire glisser le pivot qui vient traverser du coup les deux colliers de fixation de la fourche et la douche de direction Donc on est obligé d'avoir un pivot démontable L'avantage de ça c'est qu'on peut s'affranchir d'un pivot en acier et mettre un pivot en alu voire en carbone Et pour le coup gagner beaucoup de poids sur une fourche en acier Sachant que les fourreaux, eux, comme c'est triangulé, les tubes sont beaucoup plus petits en diamètre Et du coup, ils sont plus légers Et moi, je faisais cette partie plutôt sur une construction où la partie qui remonte sur la fourche s'arrête en bas de la douille Donc là, on est obligé d'utiliser un pivot en assis La différence de poids avec une fourche classique est négligeable Par contre, on gagne beaucoup en rigidité sur du freinage disque et ça permet de s'affranchir de fourreaux spécifiques disques en fait ça a un intérêt si par exemple on veut faire du fatbike et qu'on trouve pas des fourreaux bonne dimension en fait bah du coup on peut le faire sur du tube en épaisseur constante du tube classique donc moi en gros j'utilise les mêmes tubes que j'utilise d'habitude sur les bases et les haubans pour faire la fourche donc je peux acheter des mètres de tubes et faire des fourches même si j'arrive pas à trouver de fourreaux disponibles pour faire une fourche classe tes tubes tu les achètes chez qui ?

En gros, le triangle avant, j'utilise beaucoup du Dédachai.

Après, j'achète de l'acier chromo, donc chromo pour chromoly. La référence exacte, c'est 25CB4. C'est de l'acier utilisé pour l'aéronautique et des châssis compétition automobile ou moto, par exemple. C'est l'acier qu'on utilise de base sur le vélo. Et ça, j'en achète pas mal pour faire de la douille de direction, du boîtier de pédalier, mais aussi pour faire le triangle arrière, donc faire les bases et les haubans.

L'avantage, c'est qu'on peut les cintrer assez facilement. Du coup, on peut vraiment dessiner le tube comment on veut, en fonction du passage du pneu, de la couronne, et pas d'être bridé par les dimensions que les fabricants de tubes peuvent fournir. Et tu les achètes où ? Ils sont en Angleterre ? Les tubes spécifiques vélo, c'est des Dacia, ils sont en Italie. Après, j'ai deux fournisseurs en France.

Il y a un 25CRMO4, un site en France et au Luxembourg, Ils vendent des tubes en 6 mètres, ou plutôt de la forte épaisseur, donc plutôt faire de la dos ou du boîtier de pédalier. Sur les tubes plus bas au banc, ça va être ULM Technologies, un site spécialisé dans la petite aviation ULM, qui vend cet acier aussi. Et après, on peut aussi en trouver chez un fournisseur en Angleterre, mais maintenant avec le Brexit, ça devient moins intéressant.

Tu mets aussi du flux sur ta baguette. Bah, ça aide. Ah ouais. Ça peut être capricieux, la brasure, et en fait, tu as un petit défaut, une petite impureté.

Quelquefois, la brasure, elle va s'oxyder, et du coup, après, tu n'arrives pas à rattraper le truc. Donc, pour m'aider, je mets toujours un peu de décapance sur la baguette, donc c'est vite qu'elle, elle s'oxyde de trop aussi.

Si moi, je viens te voir pour me faire faire un vélo, c'est quoi un peu les étapes ? Je dois me faire faire une étude posturale quelque part, et comment ça se passe ? Prise de contact, donc tu viens à l'atelier, moi je t'explique en gros toutes les étapes par lesquelles je passe pour faire rééquilé le vélo.

Donc on va parler études posturales, on va parler géométrie, on va parler composants, je vais te montrer comment les tubes sont usinés, comment je les soude, pourquoi j'utilise telle machine, etc. Et la première étape du coup c'est le postural. Du coup je préfère envoyer les gens faire une étude postural, soit dans une boutique cycle qui a été formée et qui a le matériel nécessaire pour le faire, ou carrément un bureau d'études posturales, il y a des personnes qui sont spécialisées là-dedans.

Moi je travaille avec Morphologix, eux ils sont à l'origine basés à Saint-Malo, et ils ont développé un système qui je trouve marche bien,

et ce système-là ensuite, eux ils le vendent à des boutiques cycles, ils forment les gens là-bas pour pouvoir réaliser leur étude posturale, ce qui fait que moi un client qui vient de Toulouse ou de Lyon, je peux forcément lui trouver une boutique qui peut faire cette étude, et qui sera la même de toute façon. C'est ma référence en gros dans la construction du vélo. Comme ça je reçois une YouTube, je sais qu'elle est bonne et je sais que je ne vais pas me tromper dans la position et que je peux m'y fier.

Ils conseillent aussi généralement une géométrie qui est plutôt là pour sélectionner un cadre industriel dans le commerce pour se rapprocher au milieu de ta position. Ils te donnent des préconisations. Après généralement je demande aussi si tu amènes ton vélo, je reprends les cotes de ta position et derrière je compare avec le posturel. Donc il y a des gens qui ont de l'expérience, ils vont arriver avec un vélo à 10 mm près, ils étaient bien réglés. Et il y en a d'autres auxquelles, effectivement, il y a un écart.

Moi, je vois d'où on part et je vois si on va vraiment en mieux ou si on n'était pas loin. Donc une fois qu'on a validé le postural, on passe sur la géométrie. Ce que j'appelle géométrie, ça va être, on va sectionner une longueur de potence, un angle de direction, un déport de fourche, qui vont définir le comportement de ton vélo dans la direction. Et pour l'arrière, longueur de base et hauteur de boîtier de pédail. Donc moi, dans la géométrie, on ne parle pas de hauteur de douille, On ne parle pas de longueur de cadre ou de hauteur de cadre.

Ça, c'est que du postural. Ça, c'est piloté par le postural.

Et ensuite, les composants. Donc, en fait, ça peut être seulement un cadre. Auquel cas, c'est quand même pas mal de savoir ce qu'on va monter dessus sur certaines pièces un peu critiques. Donc, de savoir quel type de transmission. Une transmission, un mono, un double, un triple, une courroie, la taille de roue, la taille de pneu. parce que c'est des choses un peu critiques pour dessiner les bases, pour être sûr qu'il n'y ait pas d'interférences.

Et ensuite, les différents standards, le type de frein, le type de fourche que tu vas mettre, qui va définir quel standard de douille on va mettre aussi, etc. Après, si c'est un vélo complet, généralement, je propose d'abord une première étape où on va valider le postural, la géométrie, donc vraiment toute la partie cadre. Une fois qu'on a validé ça, on va passer aux composants. Donc on va aller rechercher les composants qu'on va monter dessus en fonction du budget qu'on a et de ce que moi je peux avoir et ce que je recommande.

Donc ça, en gros, toute cette étape-là, ça dépend surtout du client. Donc en fait, combien de temps il va mettre pour faire son étude posturale, est-ce qu'il ne va pas changer d'avis sur ce qu'il veut faire de son élo. Donc moi j'ai des clients, ils sont venus une fois, j'ai des clients, ils sont venus deux fois, trois fois. Donc tout de suite, ça peut s'étaler. Donc en fait, toute cette période-là, quelquefois c'est trois à six mois. Sachant que derrière, la partie fabrication, une fois que j'ai tous les tubes, la partie fabrication d'un cadre, ça va être une semaine, un petit peu plus pour une fourche.

Et puis après, il y a deux semaines de délai pour la peinture, il faut être sûr d'avoir reçu tous les composants, etc. Donc, quelquefois, il y a des projets qui s'étalent sur huit mois. Si on prend, en fait, à partir de la prise de contact et de la livraison du vélo, quelquefois, en fait, c'est plusieurs mois. Est-ce que tu fabriques d'autres choses sur le vélo que le cadre ? Généralement, la fourche. Je fais aussi des portes bagages. On peut s'amuser à faire des potences, c'est à peu près tout, on pourrait s'amuser à fabriquer plein de trucs, mais ça devient vite compliqué.

Tu penses que cela pour l'instant c'est une activité qui est viable ou est-ce que tu penses qu'à terme c'est un truc qui sera viable pour toi ? J'ai l'impression qu'il y en a quand on vit bien, on a d'autres qui font ça plutôt par passion et c'est pas grave si on ne gagne pas trop d'argent. Moi, j'ai plutôt ce profil-là. Moi, ça m'inquiète plus d'avoir trop de clients et d'avoir un délai de fabrication à un an, deux ans, plutôt que d'avoir que quelques projets.

Mais par contre, je suis sûr de pouvoir les faire dans l'année. Des fois, je complète aussi. Comme j'ai un atelier, on va dire, de mécanique générale, je peux aussi dépanner sur l'usinage et de la soudure, sachant que trouver des entreprises qui font les deux et qui peuvent dépanner sur certaines pièces, ce n'est pas toujours évident. Donc, en fait, on peut aussi répondre à ce genre de besoin. Mais après, ça peut évoluer. je vais aller de plus en plus vers fabriquer des pièces, je vais sûrement faire une série de boîtiers de pédalier, peut-être intéresser d'autres cadreurs aussi, je sais pas, il y a d'autres choses à mutualiser comme ça par exemple et j'ai l'impression qu'il y a un engouement de fou par rapport à ce métier là ouais ça c'est impressionnant en ce moment là c'est en pleine ébullition puis qu'il y a le concours tous les ans et une nouvelle tête qui sort sur Instagram, sur un nouveau cadreur qui s'est installé à un endroit quelqu'un qui démarre Juste sur le tour, il y avait 4 personnes qui se lancent dans cette aventure-là.

C'est chouette, je pense qu'il y a de la place et qu'il y a des gens qui veulent vraiment se spécialiser vers un certain type de vélo et du coup ça diversifie un peu l'offre. Moi je pense qu'il y a de la place, il ne faut pas qu'on fasse tous la même chose mais en fait il y en a pour tous les budgets et toutes les pratiques. Mais c'est marrant parce qu'en France il n'y a pas de formation spécifique cadreur vélo tu penses que ça manque ou est-ce que c'est un truc qui va émerger dans pas longtemps ça pourrait en gros il y a une école qui s'était privée qui s'est montée en Angleterre The Bicycle Academy qui eux ils font des formations soit initiation soit professionnel tu peux orienter vers de la brasure ou du tigre, eux ils ont monté ce truc là qui a l'air de bien marcher pas mal de gens maintenant qui démarrent qui vont faire cette démarche-là d'aller se former là-bas, par exemple.

Mais il faut avoir quand même un certain budget. Et du coup, en France, non, ça n'existe pas. Donc, en fait, si tu as un profil soudeur, c'est bien que tu sais souder, mais derrière, il te manque une partie théorique qu'il faut quand même apprendre. Si tu n'es pas soudeur, il faut apprendre à souder. Et si tu n'es pas dans la mécanique ou dans l'industrie, c'est pareil. Tu as même beaucoup de compétences à acquérir, quoi, si tu veux faire ça un peu à échelle professionnelle. Donc, effectivement, ce n'est pas évident.

Il y aura peut-être une école un jour qui va se monter. C'est aussi des problématiques à l'association des artisans du chic sur lesquelles on penche. Je reviens sur Pierre de Taillefer. Lui, sa démarche était, je vais rencontrer des artisans, passer une semaine chez eux, voir comment ils travaillent et apprendre avec eux. Et du coup, pouvoir choisir ensuite derrière comment lui, il veut travailler. Lui, il a fait cette démarche-là qui est intéressante.

C'est vrai que moi, quand on me pose la question, je dis, moi, j'ai appris tout seul, j'ai trop galéré. Donc en fait, si tu as envie d'apprendre, il n'y a pas de souci, viens. Je ne propose pas non plus des stages comme peut le proposer François Coe de Edelbeck ou Andreas de La Fraise. Parce qu'accueillir quelqu'un vraiment en stage de fabrication de vélo, que ce soit juste de la découverte ou du point de vue plus professionnel. Mais après, si on vient me poser des questions, moi je suis ouvert.

Je retransmets tout ce que j'ai appris, les bons plans et filer un coup de main si besoin. Donc après, dans la mesure du possible, je peux éventuellement accueillir à l'atelier. Mais pour l'instant, c'est encore un peu compliqué. Je pense que j'ai la dernière question qui va être la super dernière question de Yohan. Quelle est ta pièce préférée dans un vélo ? Sur un cadre, j'adore les Hoban Wishbone. Il n'y en a pas beaucoup qui font ça.

Il y en a qui trouvent ça moche. Mais moi, j'adore. C'est trop pratique à fabriquer. Voilà.

Ce que je n'aime pas sur un vélo, et j'en ai pas mal parlé aujourd'hui au Lovetour, c'est le boîtier fileté BSA.

Et la Camille, elle m'attendait là-dessus. En fait, je ne comprenais pas l'intérêt technique aujourd'hui d'avoir un filetage dans le boîtier de pédaler. Donc je suis remonté un peu en arrière pour savoir pourquoi on a un boîtier fileté, pourquoi on vise des culettes dans le boîtier alors que les culettes de direction sont présentes dans le cas.

Et donc aux origines, je suis retombé sur un livre que m'a prêté un copain Jacob, qui est un cadreur. Il avait un super bouquin qui datait de 1899 sur les techniques de fabrication de vélo qui expliquait effectivement ce que je m'étais imaginé c'est que on prend un vieux cadre de vélo où quand on démonte les cuvettes du coup on se retrouve avec les billes à nu et on casse la gueule il faut les retrouver machin les nettoyer, les regresser quand on remonte donc à cette époque là on avait besoin d'enlever le jeu dans l'axe de pédalier et de mettre un peu de pré-contrainte dans les roulements du coup il y avait soit le choix de fileter de boîtier de pédalier soit de fileter l'axe de la manivelle pour pré-contrainte c'est bon du coup là le choix a été fait plutôt de filter le cadre pour du coup utiliser les cuvettes pour comprimer les roulements et du coup ces cuvettes avaient un rôle de protection qui empêchait la poussière de rentrer dans les roulements. Du coup c'était une solution technique pour un problème de l'époque. Donc maintenant quand on prend un roulement, on a des roulements, on voit plus les billes c'est des roulements scellés, il y a une cage intérieure, une cage extérieure, il y a un joint il n'y a pas de jeu dedans donc en fait ce besoin technique d'annuler le jeu n'a plus de sens aujourd'hui avec les techniques qu'on a actuellement.

Donc en fait le boîtier BSA c'est un standard qui a traversé les âges parce qu'on a fait du BSA et après on a amélioré les boîtiers. Du coup les cadres étaient en BSA filetés donc on a fait des nouveaux boîtiers super modernes mais filetés et comme on faisait des boîtiers filetés on a continué à faire des cadres en filetés. Mais du coup techniquement aujourd'hui on n'a plus besoin d'avoir un filetage dans le cadre.

Là où le pressuite a raté son coup, c'est que le pressuite est arrivé sur des cadres industriels, plutôt en alu ou en carbone, sur lesquels les tolérances sur le boîtier de pédalier n'étaient pas forcément correctes, qu'on montait des roulements pressés sans serrage et avec des pièces en plastique, forcément ça ne marche pas très bien, ça craque et le pressuite a eu un peu mauvaise réputation. Mais si on fabrique bien son cadre Et si on va chercher un bon boîtier de pédalier Donc maintenant on trouve en gros des press-fit Qui viennent se glisser dans le cadre Et la cuvette gauche vient se visser dans la cuvette droite Donc en fait le boîtier de pédalier est déjà Du coup il est quand même comprimé Du coup il ne peut pas bouger Du coup il ne peut pas grincer Voilà si on prend le temps de chercher Un certain type de boîtier press-fit En fait ça marche très bien Et là grand malheur à moi après le pressfit on s'est dit tiens si on filetait le pressfit et qu'on crée un nouveau standard le T47 merci peut-être que le T47 je déteste encore plus que le BSA parce que du coup on prolonge une certaine bêtise qui n'a aucun sens mécaniquement pour l'histoire du BSA réinterprété par MinerCycle si vous avez des doutes vous m'appelez et je vous ferai un retour d'expérience ensuite sur le vélo on va dire que j'ai un peu un jeu de thème moi non plus sur les transmissions parce que je trouve que les transmissions à vitesse intégrée c'est fantastique parce qu'en fait en termes de durabilité, d'entretien et d'usure c'est genre crevable si on prend des technos boites Pignone qui sont typiquement une boîte de vitesse de voiture, pour le coup cette techno là elle est increvable enfin Pignone c'est des anciens ingénieurs Porsche et une boîte de vitesse elle dure toute la vie d'une voiture on en fait plusieurs centaines de milliers de bornes en fait c'est increvable c'est protégé des poussières de la boue quand on utilise une courroie il n'y a pas besoin de la graisser la courroie elle ne se détend pas avec le temps ou à peine de 2 mm du coup on peut facilement utiliser une courroie pendant 7 à 10 ans sans la changer une transmission ne changera jamais donc c'est à la fois incroyable mais en même temps ça fait des vélos qui sont propriétaires d'une technologie et en même temps il y a toujours des inconvénients généralement les vitesses intégrées ça passe pas sous force donc c'est pas aussi fluide et aussi rapide qu'une transmission classique fonctionne très bien mais très sujette à l'usure et demande quand même beaucoup plus d'entretien Qu'est-ce que tu veux dire par si ça passe pas sous force ?

En fait, c'est que sur un dérailleur classique, généralement, tu fais attention à pas trop forcer quand tu passes tes vitesses. Mais en fait, si t'appuies sur tes pédales et que tu passes ton shifter, ta vitesse, elle change, quoi. Même si t'es en danseuse, ça va craquer un peu, mais ça va passer.

Sur les systèmes de vitesse intégrée, Roll-off, Pinyon, F1, j'ai pas pu essayer. Et excepté sur du Alphine 8, en gros, on va dire. Sous effort, tes vitesses, elles passent pas. C'est même bien plus que relâcher ton pédalage, quoi. Je sais que le Pinyon, si t'as un peu d'effort sur ta pédale, quelquefois ta vitesse ça passe pas, donc t'es vraiment presque obligé d'arrêter ton pédalage pour pouvoir changer ta vitesse donc l'avantage par contre c'est que si t'es à l'arrêt tu peux changer tes vitesses autant que tu veux y'a pas de problème, mais du coup si tu viens de faire ta descente en VTT et que ça remonte d'un seul coup et que t'as pas anticipé le changement de vitesse tu te retrouves un peu con aussi donc voilà y'a un peu du pour et du contre donc y'a des fois je fais ce genre de système c'est trop bien mais en même temps c'est pas facile à trouver, ça coûte plus cher c'est un peu plus lourd en termes de rendement je ne parle pas en termes de ratio mais en termes de rendement c'est quand même moins bon qu'une transmission classique et aussi l'utilisateur il est peut-être un peu moins autonome sur la réparation quand il utilise ce genre de technologie c'est ça qui me pose problème aussi c'est que même si l'utilisateur n'est pas autonome sur la réparation de son vélo et qu'il fait entretenir dans une boutique cycle les boutiques cycles elles ne sont pas toutes elle formée à l'entretien de ce genre de système.

Donc les gens ne sont pas forcément autonomes dessus et même les mécanos ne seront pas forcément formés à ce genre de technologie non plus.

Du coup, c'est pour ça que j'essaye au préalable, quand je fais un vélo, de prendre en compte c'est quoi le niveau d'entretien que le client peut faire sur son vélo, c'est quoi ses compétences, c'est quoi ses outils.

Est-ce que son vélo, il va me le renvoyer pour l'entretien ? Est-ce qu'il va l'envoyer dans une boutique cycle ? Si lui il n'est pas compétent ou s'il ne me renvoie pas le vélo, je ne vais pas aller monter par exemple des pièces propriétaires. Je vais prendre l'exemple de Praxis qui font des très bons produits mais qui ont des outils propriétaires. Donc en fait, tu achètes un boîtier de pédalier et il faut que tu achètes la clé avec pour le monter parce que ce n'est pas un standard classique. On ne voulait pas ou on ne pouvait pas utiliser le standard Shimano par exemple.

Et du coup ça c'est problématique parce qu'il va dans une boutique cycle et le mécano il ne peut rien faire. Il dit non j'ai pas l'outil ou alors je vais prendre une pince et je vais massacrer ton boîtier.

de faire un vélo pour un futur concours de machines ? Oui sûrement, là cette année c'était pas vraiment possible comme je venais de redéménager mon atelier mais j'aurais beaucoup aimé parce que les éditions VTT moi j'adore, le concours c'est intéressant parce que t'es pas obligé de faire un vélo client tu peux sortir des sentiers battus tu peux proposer des choses nouvelles, tu peux essayer d'innover et tu peux essayer des choses qui vont peut-être pas marcher mais du coup c'est pas grave, c'est pas un vélo client et t'es pas contraint par le cahier des charges que te fixe ton client non plus moi je trouve ça intéressant que le cadreur se fasse un vélo à lui parce que forcément il va sortir du lot et il va prendre quelque chose de nouveau et ça je trouve intéressant dans le concours il y a sûrement une édition vélo urbain qui se profile et là par contre ça peut être drôle il y a pas mal de choses à proposer sur les solutions de portage et sur l'urbain qui est encore pas forcément beaucoup exploré par les cadres j'ai envie de te poser une dernière question un peu alambiquée peut-être t'aurais du mal à répondre mais ça fait sens pour toi quelqu'un qui veut se faire faire un vélo sur mesure s'il est la taille moyenne pas forcément moi je me suis lancé là-dedans mais à la base j'aurais jamais eu les moyens de m'offrir un vélo sur mesure moi j'irais sûrement voir un cadreur mais sûrement je lui demanderais de me faire une recyclette comme on peut appeler ça Mathieu ou d'autres si t'as déjà un cadre que t'aimes et t'es bien dessus t'as vraiment envie de le garder, qu'il est en acier mais en fait on fait ce que tu veux dessus donc moi je reçois des gens en fait je voudrais mettre des freins 10, bah oui pas de problème on peut en rajouter si ton cadre le permet et qu'il est assez costaud je le fais ou je voudrais rajouter un porte bidon ou en fait je voudrais mettre des portes bagages et il y en a pas, on va te rajouter des fixations et nous on vend cet argument là sur un vélo en acier votre vélo il va durer dans le temps on peut toujours le réparer on peut toujours le modifier et en fait on peut aussi faire ça sur des cadres existants donc ça fait aussi sens d'aller voir votre cadreur local pour juste upgrader votre vélo il y a eu des très bons cadres en acier fabriqués on va dire dans les années 90 2000 peut-être et qui font encore des bonnes bases et bah trop cool, merci merci c'est vachement mieux que nous sans déconner et je suis désormais mignon.

Qu'est-ce que tu as mis en train de faire ?